Covid-19 : cinq technologies novatrices pour un retour au bureau en toute sérénité

A l'heure du retour en présentiel des salariés, les problématiques liées à la limitation du risque sanitaire sont plus que jamais d'actualité. Si port du masque et utilisation de gel hydroalcoolique sont d'ores et déjà devenus la norme, d'autres innovations, nées pour la plupart de la crise Covid, pourraient bien se démocratiser dans les entreprises au cours des prochains mois.

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Les entreprises se préparent à accueillir à nouveau leurs effectifs le 9 juin.
Les entreprises se préparent à accueillir à nouveau leurs effectifs le 9 juin. (Crédits : DR)

Alors que le gouvernement s'apprête à lever les « contraintes du 100% télétravail », les entreprises se préparent à un retour -partiel- de leurs effectifs en présentiel. Si la ministre du Travail Elisabeth Borne a bien insisté sur le fait qu'il « ne s'agit pas d'abandonner totalement le télétravail », les entreprises sont toutefois amenées à réfléchir à des ajustements stratégiques, de sorte à éviter autant que possible les contaminations. La santé des salariés est en effet partie intégrante de la responsabilité de leurs employeurs, qui se doivent donc de tout mettre en œuvre pour limiter les risques de contracter le covid au travail.

Si l'on en croit les résultats d'une étude publiée par The Lancet en avril 2021, le SARS-CoV2 se transmet principalement par aérosol, c'est-à-dire par des particules porteuses du virus en suspension dans l'air. Les particules contaminées peuvent donc persister longtemps dans un espace clos, même si les sujets portent le masque et ne toussent pas. Par conséquent, si la désinfection régulière des surfaces et le port du masque s'avèrent utiles et indispensables, ils sont à eux seuls insuffisants pour prévenir adéquatement les contaminations.

Quels sont alors les moyens à disposition des entreprises pour assurer à leurs salariés un retour au travail en toute sécurité? Plusieurs innovations ont vu le jour dans le contexte de crise sanitaire et visent à freiner la transmission du virus par voie aérienne. Tour d'horizon des technologies les plus innovantes pour un retour au bureau réussi et sécurisé.

1. Les capteurs de CO2

Le 19 avril dernier, un groupe de recherche scientifique suisse suggérait dans un rapport d'équiper les écoles au moyen de capteurs de CO2, qui servent à estimer la qualité de l'air respiré. Une mesure que l'Allemagne a entrepris de généraliser dans ses écoles, et qui pourrait à coup sûr être tout aussi efficace dans les entreprises.

Ainsi, comme l'affirme l'équipe scientifique travaillant sur le projet, l'intérêt des capteurs de CO2 est double : il s'agit d'un outil à la fois « simple » et « bon marché », permettant d'« alerter les personnes se trouvant dans un local d'une mauvaise ventilation, et de les aider à prendre l'action appropriée ». Autrement dit, de les inciter à aérer ou purifier l'air dès lors que le capteur de CO2 change de couleur, c'est-à-dire passe du vert à l'orange voire au rouge, dans le cas d'un niveau de CO2 anormalement élevé dans l'air.

Compte-tenu du large panel de capteurs existants, plusieurs organisations ont l'embarras du choix: quel capteur choisir et sur quels critères s'appuyer? Si l'on en croit Pascal Morenton, directeur du FabLab de Centrale Supélec et membre du projet CO2 travaillant sur les capteurs, la meilleure solution réside dans le fait de privilégier les capteurs utilisant le rayonnement infrarouge, qu'il considère être les seuls garantissant une mesure "exacte, fiable et robuste".

2. L'aération, la ventilation et les purificateurs d'air

Lorsque les capteurs de CO2 d'une pièce relèvent une concentration de CO2 dans l'air dépassant les 800 parties par million (ppm), soit 0.08%, leur voyant lumineux vire au rouge. Ce changement de couleur signale alors la nécessité d'aérer, afin de renouveler l'air respiré. Aérer implique de régénérer l'air pendant 20 à 30 minutes afin de permettre à la pièce de retrouver un taux de CO2 plus faible et plus pur, et au capteur de revenir à sa couleur verte.

Plus encore que l'aération, la ventilation, qui consiste à renouveler l'air en permanence, par exemple en laissant continuellement les fenêtres ouvertes, s'avère particulièrement efficace pour lutter contre la propagation du SARS-CoV2 dans les bureaux.

« A l'intérieur, la ventilation est aussi importante que la protection par masque », assure le professeur Dominique Dupagne dans un rapport titré « Ce qu'il faudrait que tout le monde sache sur les aérosols », publié sur son blog.

Enfin, outre l'aération et la ventilation, une autre possibilité consiste à recourir à des purificateurs d'air, aujourd'hui déjà utilisés comme remèdes à la pollution. Comme démontré dans une étude menée par l'INSERM en mars 2021, les purificateurs d'air équipés de filtres HEPA de classe minimale H13 parviennent in fine à éliminer « jusqu'à 99% de virus infectieux », et constituent donc des armes efficaces pour freiner les contaminations.

3. Les lampes ultraviolettes

Les technologies basées sur la lumière, et en particulier les radiations ultraviolettes, ont également fait leurs preuves pour éliminer le SARS-CoV2. Le premier rapport mettant en lumière les effets virucides des radiations UV remonte d'ailleurs à l'année 1928, date à laquelle Rivers et Gates ont utilisé pour la première fois les ultraviolets pour inactiver des particules virales en suspension dans l'air.

Plus récemment, en mars 2020, l'IUVA (International Ultraviolet Association) a sorti un rapport qui, s'appuyant sur des études du virus SARS-CoV1 précédemment réalisées, atteste de l'efficacité des rayons UV pour éradiquer les micro-organismes à l'origine du SARS-CoV2.

Un exemple emblématique d'innovation née pendant la crise est ainsi le procédé de désinfection fonctionnant à la trilogie led ultraviolette SterilUV, commercialisé depuis novembre et destiné aux entreprises. Mis au point par Concept Light, qui était à l'origine un fabricant de luminaires sur-mesure, SterilUV est une lampe compact utilisant un rayonnement UV de type C, capable d'inactiver les cellules bactériennes virales et ainsi de stériliser des surfaces entières. Cette innovation, qui a été testée au CNRS en virologie, est dotée d'une capacité de détruire le SARS-CoV2 en un temps record.

« En quatre secondes, on tue le Covid », se félicite ainsi Victor Vincentz, le fondateur de Concept Light.

4. Les masques virucides

En février dernier, l'entreprise BioSerenity, basée à Troyes, avait également usé de créativité, en mettant au point, avec l'aide de l'Inserm et de l'université de Lille, deux masques virucides, l'un chirurgical et l'autre FFP2. Le principe: ces masques, utilisant le procédé CIDALTEX, peuvent non seulement bloquer les virus et les bactéries, mais aussi les désactiver.

Cela est rendu possible par l'utilisation de quatre couches constituant le masque: une protection interne, une filtration avancée, une couche filtrante et décontaminante, qui contient des molécules "cages" fixées sur les fibres ayant des propriétés virucides, et pour finir une protection anti-gouttelettes.

Cette technologie se révèle être particulièrement efficace pour lutter contre le SARS-CoV2, dans la mesure où elle permet de réduire la charge virale de 99,9% en moins de 5 minutes.

Seul bémol: les masques virucides de la start-up française sont vendus à un coût sensiblement plus élevé que la moyenne: il faut ainsi compter 0.44€ pour un masque chirurgical virucide, soit 30% de plus que pour un masque chirurgical traditionnel.

5. Une solution bactéricide et virucide conçue par Novacel

Enfin, le plasturgiste normand Novacel a également innové en mettant au point en mars dernier, une solution conçue à base d'ions d'argent et appliquée en gouttelettes. Concrètement, ce sont en fait les ions d'argent qui bloquent le virus en désagrégeant la membrane, l'empêchant ainsi de se reproduire.

Testée avec succès sur des surfaces « hautement contaminées par l'équivalent de 40 millions d'éternuements », ce mélange permet de garantir une efficacité virucide de 68% en cinq minutes et de 99% en deux heures sur les revêtements non poreux. Sur les textiles, souvent présents sur les sièges de bureau, elle atteint 94% en quinze minutes et 99% en deux heures.

En outre, ce produit se distingue de la plupart des technologies virucides dans la mesure où il fait effet pendant plusieurs semaines.

« Contrairement aux autres produits pour lesquels la protection disparaît dès le premier contact, celui-ci demeure opérant au fil des semaines contre le coronavirus et ses variants, y compris après nettoyage », assure ainsi Farah Filittis, docteure en chimie à l'origine de la découverte.

Déjà utilisé par la métropole rouennaise pour désinfecter son réseau de transport en commun, ce produit, commercialisé depuis début avril sur le marché national, pourrait bien convenir aux entreprises. Pour le PDG de Novacel Richard Marchant, cela ne fait aucun doute: « il s'agit d'une innovation mondiale avec une efficacité jamais vue ».

Lire aussi 3 mnCovid : Novacel lance une solution virucide à durée de vie longue

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Commentaire 1
à écrit le 08/06/2021 à 16:22
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"Si port du masque et utilisation de gel hydroalcoolique sont d'ores et déjà devenus la norme" : Euh ... Il n'y a que moi, que cette phrase choque ? Les masque et les gel ne sont que des mesures temporaires censées pallier au problème de manque de pl...

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