Quand l'Oncle Sam surveille la modernisation de l'armée chinoise

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Le destroyer chinois Haikou 171 lors de son arrivée dans le port de Hong Kong - Copyright AFP
Le destroyer chinois Haikou 171 lors de son arrivée dans le port de Hong Kong - Copyright AFP (Crédits : AFP)
Acquisition de technologies occidentales, cyberespionnage et développement de différents types de missiles pour interdire l'accès à ses zones côtières: la montée en puissance militaire de la Chine se poursuit à un rythme soutenu, affirme le Pentagone dans un rapport.

Le budget militaire chinois, le deuxième au monde après celui des Etats-Unis, s'élève officiellement à 106 milliards de dollars en 2012, en hausse de 11,2%, relève vendredi le ministère américain de la Défense dans son rapport annuel au Congrès sur la puissance militaire chinoise. Mais ce budget ne comprend pas de nombreuses dépenses, notamment les frais de modernisation des armes nucléaires ou les achats d'armes à l'étranger. Les dépenses militaires réelles s'élèvent entre 120 milliards et 180 milliards de dollars, estime le Pentagone.

La Chine acquiert nombre de technologies occidentales dites à "double usage"

"La Chine poursuit un programme de modernisation militaire global, de long terme" afin de lui permettre de l'emporter dans des conflits locaux ou des "opérations de haute intensité de courte durée", affirme le rapport. Le cas de Taïwan et le soutien américain à l'île rebelle restent au coeur de la stratégie chinoise. Pour ce faire, la Chine acquiert nombre de technologies occidentales dites à "double usage", civil et militaire. Pour le Pentagone, "tirer profit de l'acquisition, légale et illégale, de technologies à double usage ou liées à un usage militaire" est un "objectif de sécurité nationale affiché" par Pékin.

L'armée américaine craint ainsi que cela n'"apporte une contribution substantielle aux capacités militaires" chinoises. Le Pentagone s'inquiète ainsi des transferts technologiques dans l'industrie aéronautique civile. L'avionneur européen Airbus dispose par exemple d'une ligne de production en Chine. "Nous sommes attentifs aux investissements chinois destinés à améliorer leur industrie de défense et à leur capacité de produire des versions chinoises de toute une série d'équipements militaires", a confié aux journalistes David Helvey, haut responsable du Pentagone chargé des Affaires asiatiques.

Espionnage industriel

La Chine a également largement recours à l'espionnage industriel à des fins militaires, qui implique aussi bien les services de renseignement que les instituts de recherche et les sociétés privées. "Les acteurs chinois sont les responsables les plus actifs et les plus obstinés au monde dans le domaine de l'espionnage économique", dénonce le rapport, qui pointe également le cyberespionnage d'origine chinoise. Internet pourrait aussi servir Pékin pour des "opérations offensives", selon David Helvey.

Son premier porte-avions opérationnel cette année

L'armée chinoise développe par ailleurs ses capacités dites d'"anti-accès", destinées à repousser toute menace militaire loin de ses côtes grâce à une panoplie de missiles. Avec, en ligne de mire, la puissance navale et aérienne américaine. La Chine s'apprête ainsi à lancer en 2012 son premier porte-avions, poursuit la mise au point de son avion furtif J-20 et de son missile balistique antinavire dit "tueur de porte-avions", le DF-21D d'une portée supérieure à 1.500 km.

75 à 100 missiles d'une portée allant jusqu'à 3.000 km

Le pays "acquiert et déploie de plus en plus de missiles balistiques à portée intermédiaire afin d'augmenter la portée à laquelle elle peut mener des frappes de précision contre des cibles terrestres ou navales, dont des porte-avions, opérant loin des côtes chinoises", indique le rapport. Pékin dispose ainsi de 75 à 100 missiles d'une portée allant jusqu'à 3.000 km et entre 1.000 et 1.200 missiles d'une portée allant jusqu'à 1.000 km. Pour éviter que la situation ne dégénère un jour en raison d'un "malentendu", le Pentagone prône un dialogue le plus étroit possible avec les responsables militaires chinois. Début mai, le ministre chinois de la Défense Liang Guanglie a été reçu au Pentagone, une première depuis neuf ans.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2012 à 20:42 :
C'est bien d'avoir une musculature imposante, et couteuse, mais face à un adversaire qui possède des SNLE, on réfléchit pas mal de temps avant de lancer une opération; les japonais l'on appris à leur dépend, les USA frappent dur. Qui aujourd'hui prendrait le risque de faire atomiser ses principales villes en moins d'une heure?
Réponse de le 29/05/2012 à 12:43 :
Tout l'intérêt de SNLE avec armes nucléaires. Même un petit pays comme la France en dissuade plus d'un de cette façon. Héhé :)
a écrit le 22/05/2012 à 15:51 :
Quand les américains prônent le dialogue avec un ennemi potentiel. L'ennemi potentiel a toutes les raisons d'être inquiet.
a écrit le 21/05/2012 à 18:48 :
je conseille l'article sous Wikipedia en anglais sur le Df-21 ; c'est très intéressant. Les chinois cherchent à transformer la guerre navale. L'article ci-avant parle de "dialogue" ou de "malentendu" possible. Le problème touche à l'utilisation de missiles balistiques à des fins conventionnelles : avec une bordée de 20/100 missiles détectées par radar on peut croire à une guerre nucléaire...
a écrit le 21/05/2012 à 18:13 :
On se souvient que la "guerre des etoiles" avait ete fatale pour l'URSS qui devait engloutir des sommes enormes pour rattraper les retards technologiques de l'ouest (jamais rattrape ..).
Est ce que les US ne joueraent pas le role de l'URSS fassent aux chinois ? ... quand on sait qui dispose le plus de tresorerie ...
Réponse de le 29/05/2012 à 12:51 :
Le seul défaut de l'URSS a été sa faible trésorerie.
a écrit le 19/05/2012 à 10:12 :
je serais les américains je ne laisserais pas mes porte avions croiser en mer de Chine le temps de réactionn dont ils disposeraient en cas d attaque seraient de l ordre de 3-4mn et un navire de 350 métres ca se manoeuvre pas comme un hors bord...Les missiles chinois sont un peu comme ceux des russes pas les plus précis du monde mais quand ca touche ca touche severe et la perspective de perdre en quelques minutes 3500 hommes d équipage et 85 appareils n est pas réjouissante
Réponse de le 20/05/2012 à 16:27 :
S'il s'agit de missiles balistiques, leur vitesse de rentrée va dépasser Mach 20 rendant leur interception par un système embarqué assez aléatoire. Par contre, pour toucher un PA il faut une grande précision.
Réponse de le 21/05/2012 à 18:35 :
comme le dit Sub, les chinois réfléchissent à une technologie de rupture, qui mette fin à la suprématie inégalée des porte-avions (US) depuis 70 ans. Ils mettent donc la barre très haut. D'ailleurs un missile balistique de 1500 Km très précis, c'est très, très coûteux à produire et localiser avec certitude un porte-avions à distance n'est pas évidence en cas de guerre. Les patriots sont devenus efficaces. S'il faut envoyer 100 missiles balistiques pour toucher une fois, ce n'est pas forcément économique pour celui qui coule le porte-avions, mais c'est dissuasif. En cas de guerre USA/Chine ce serait probablement le grand ménage dans l'espace, aucune certitude donc quant aux capacités d'observation à distance des belligérants!
Réponse de le 29/05/2012 à 12:48 :
Certains seraient même prêt à faire péter une bombe atomique dans l'espace pour brouiller les satellites....
Réponse de le 29/05/2012 à 18:40 :
Bonjour, pour attaquer un PA , il faut un sous-marin (même de poche) qui attend sans bruit (moteur coupé) au file de l'eau , une torpille ou deux a grande vitesse (model russe) et l'histoire en claire ...
l'attaque pas missile balistique me semble peu réaliste...
Réponse de le 06/06/2012 à 18:44 :
approcher discrètement un PA n'est pas évident en pleine mer, surtout moteur coupé... L'attaque par missile balistique est crédible au port, moins en mer. Sans doute faut il rentrer eu port un jour ou l'autre!
a écrit le 18/05/2012 à 19:31 :
Tant qu'ils s'observent et discutent...

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