Espace : le nouveau lanceur américain Falcon 9 bouscule le marché des lancements des satellites

 |   |  674  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Le deuxième opérateur de satellites mondial, le luxembourgeois SES, confie à la société de lancement américaine la lancement de trois satellites.

SpaceX s'impose dans le monde des opérateurs de satellite. Le groupe luxembourgeois SES monte à bord des lanceurs de la société américaine Space Exploration Technologies (SpaceX), Falcon 9 ou  Falcon Heavy. Complètement rassuré par la performance du lanceur Falcon 9, qui avait lancé avec succès en mai la capsule non habitée Dragon pour ravitailler la station internationale ISS, SES n'a pas fait les choses à moitié. L'opérateur européen a signé avec SpaceX, créé par le milliardaire Elon Musk, un contrat de lancement pour trois satellites supplémentaires, dont la première mission est "prévue pour 2015", selon le communiqué de SES.

"Ce contrat de lancement - conclu par la filiale de SES, SES-SL - s'inspire du partenariat fructueux établi entre SpaceX et SES initié en mars 2011 avec la signature du contrat de lancement du satellite SES-8 qui est prévu pour 2013, est-il également rappelé par SES. Les quatre missions à bord de la fusée Falcon soutiendront l'extension de la flotte mondiale de satellites de SES".

Confiance dans SpaceX

Interrogé par "latribune.fr" pour savoir si cela représentait un pari pour le deuxième opérateur de satellites au monde derrière l'américain Intelsat, son PDG, Romain Bausch, a expliqué que ce n'était pas le cas. "Nos équipes techniques sont confiantes dans la capacité de SpaceX de délivrer" les satellites de SES en orbite, a-t-il précisé. "Et j'ai confiance dans mes équipes techniques. Nous avons fait une évaluation purement technique".  Et de rappeler qu'il avait été le premier opérateur mondial occidental à avoir fait confiance en 1996 au lanceur russe Proton. Les prix cassés de SpaceX ont également été un facteur décisif pour SES. Sans révéler le montant de la ristourne par rapport aux prix pratiqués sur le marché, il a simplement indiqué qu'elle était supérieure à 20 %.  

Dans un communiqué, Romain Bausch a enfin rappelé indiqué que SES avait été "le premier des principaux opérateurs commerciaux à signer un contrat de lancement avec SpaceX", du satellite SES-8, "attendu en 2013". "Il confirme également que SES accorde la priorité à la diversification des fournisseurs de services de lancement et à la garantie d'un accès opportun à l'espace. Nous nous réjouissons d'instaurer une relation durable avec SpaceX". " Nous rajoutons avec plaisir trois lancements supplémentaires à notre accord avec SES," a déclaré la présidente de SpaceX, Gwynne Shotwell. "C'est un endossement fort de nos capacités de lancement dans la continuité du partenariat qui lie nos deux sociétés".

Arianespace, fournisseur prépondérant ?

Et pour Arianespace, y a-t-il des conséquences ? Selon un proche du dossier, SES aurait communiqué à la société européenne de lancement, sa décision de passer d'une situation où ils avaient deux fournisseurs traités de la même façon, Arianespace et ILS, à une situation où ils auront un fournisseur prépondérant, Arianespace et un second fournisseur, SpaceX. C'est la conséquence des six échecs Proton en six ans, rappelle-t-on à "latribune.fr". Depuis sa création, SES a déjà confié à Arianespace le lancement de 36 satellites.

Ceci étant dit, Arianespace a une nouvelle pression supplémentaire pour baisser ses prix réputés chers. Car Romain Bausch a averti les Européens sur la prochaine génération de lanceurs, il faudra que Ariane 6 s'aligne sur la compétitivité de Falcon 9 sur les satellites de 3,5 tonnes et de Proton pour les satellites de 6-6,5 tonnes tout en ayant la fiabilité d'Ariane 5. En outre, il souhaite disposer d'un lanceur modulaire. "Il faut un lanceur qui module la puissance en fonction de la charge utile", a-t-il expliqué à "latribune.fr". En clair, pas comme Ariane 5. Enfin, Romain Bausch a rappelé à l'Agence spatiale européenne que "pour être compétitif, il faut un processus industriel intégré". Ce qui n'est aujourd'hui pas le cas avec "le patchwork actuel". "Il faut une usine intégrée, de la matière grise au lanceur assemblé". Un pari difficile à atteindre que seuls les Etats peuvent résoudre. Mais c'est loin d'être gagné !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/12/2013 à 13:08 :
Difficile de comparer les coûts. Ariane 5 est un Programme Européen, avec des contraintes partage industriel, que n'a certainement pas SPACE X.
a écrit le 29/09/2012 à 5:19 :
Ariane 6 va coûter 2 milliards, les crédits ne sont pas votés ...
On ne copie pas un modÚle industriel du jour au lendemain ...
Ce marché nous a déjà échappé, falcon heavy va croquer l autre moitié, et les prix encore baisser ... Sans parler du modÚle réutilisable
Déjà en test qui divise le coût par 100... Il fallait prendre elon musk au sérieux bien avant,
Réponse de le 30/09/2012 à 0:45 :
Exact mais le développement d'Ariane 6, si jamais elle voit le jour, coûtera bien plus que 2 milliards. Dans le cas contraire elle sera la fusée la moins chère jamais développée par l'ESA !
De toute façon j'ai lu dans une autre article qu'ils prévoyaient sa mise en service en... 2025 ! Bien trop tard comme tu le dis !
a écrit le 13/09/2012 à 16:38 :
c est ça la solidarité européenne ! pas étonnant que l'UE soit sur le point d'éclater et l'euro d exploser !
a écrit le 12/09/2012 à 19:53 :
arianespace à énormément de marge, elle controle la majorité du marché des satellite, falcon est très loin d'être mature, ariane l'est. les couts de falcon se rapproche de plus en plus de ceux d'ariane. on est très loin des prix annoncés par Space X et de Musk. On en reparle dans 5 ans. ce n'est pas 2/3 lancements réussi dans la douleur, qui permet de juger. Il ne faut pas oublier que c'est la NASA qui fait absolument tout, qui paye tout, Space X ne recolte que les lauriers en tant que sous traitant.
Astrium a lancé SPOT avec un PSLV indien. pour bien moins cher qu'un falcon.
Réponse de le 13/09/2012 à 11:11 :
J'espère que les dirigeants d'Arianespace sont mieux renseignés que vous. La NASA achète un produit fini à SpaceX, qui n'est pas un "sous traitant" mais un constructeur intégré.
Les premiers lancements ont d'ailleurs été financé intégralement par ses actionnaires fondateurs, la NASA n'est intervenu qu'à partir de 2006. SpaceX conçoit et produit l'ensemble de la fusée et du module Dragon en interne ; la conception des fusées Falcon 1 et 9 et du module Dragon en partant de zéro auront nécessité autour de 1milliard de dollards . Ceci est à comparer au coût de l'Ariane 5 ME, simple "évolution" du lanceur, estimé à 1,5 milliard d?euros. Tout ceci se traduit par des coûts significativement et durablement plus bas que ceux d'Ariane comme indiqué dans ce tableau: http://en.wikipedia.org/wiki/Comparison_of_orbital_launch_systems
Le prix d'un lancement de Falcon 9 est d'ailleurs public sur le site de SpaceX: $54M.

Enfin il est utile de rappeler que SpaceX fait partie du club très fermé des lanceurs déjà capables d'envoyer un module vers l'ISS et de le ramener sur terre, et qu'elle devrait pouvoir embarquer des astronautes d'ici 3 ans, ce que n'a jamais fait l'ESA en 40 ans d'existence.
Réponse de le 16/09/2012 à 5:33 :
Hahaha, très drôle Mr xXx !
Premièrement il est bien logique que le coût du lancement dune Falcon 9 et d'une capsule Dragon qui va ravitailler l'ISS et ensuite revenir sur Terre est supérieur à celui d'un lancement de satellite. Prendre ce chiffre comme modèle pour le comparer au prix du lancement de satellites par d'autres compagnies est au mieux une fumisterie. Comme l'a dit Elon, le prix d'un lancement de satellite par une Falcon 9 est public sur le site de SpaceX : 54 millions de dollars, celui d'une Ariane 5 est... inconnu !
Deuxièmement vos chiffres sont archi-faux et je comprends que vous refusiez de donner vos sources pour le prix démentiel de 457 millions de dollars puisqu'il est complètement fantaisiste ! Le contrat entre le NASA et SpaceX pour le ravitaillement de l'ISS est fixe et définitif : 1,6 milliard de dollars POUR 12 VOLS, soit un prix unitaire de 133,3 millions de dollars par vol. Essayez de faire mieux ! Essayez donc de connaître le prix du lancement d'une Ariane 5 et d'un ATV, que l'on rigole un peu ! Vous ne pourrez jamais le connaître car il est probablement au minimum trois fois plus élevé que celui d'une Falcon9/Dragon, et l'ATV brûle dans l'atmosphère à son retour et ne peut rien rapporter sur Terre, contrairement à Dragon !
Avec ce nouveau contrat de SES le carnet de commande commercial de SpaceX vient de dépasser le milliard de dollar, ajoutez à cela 1,6 milliard pour les 12 ravitaillements de l'ISS entre 2012 et 2016 (il-y-en aura certainement d'autres ensuite) et d'ici 3 à 4 ans l'envoi d'astronautes vers l'ISS, ce qu'Ariane ne fera bien entendu jamais ! Et d'ici un à deux ans SpaceX possèdera le lanceur le plus puissant du monde: la Falcon Heavy capable de lancer jusqu'à 53 tonnes en orbite basse et donc plusieurs satellites en orbite géostationnaire d'un coup ! Enfoncée la petite Ariane ! Et vous qui prétendez mensongèrement que "la NASA paie la facture" alors qu'elle achète simplement un service à un prix bien inférieur à ce que lui coûtait la navette, sachez que l'ESA fourni annuellement une aide de 120 millions d'euros (157 millions de dollars) à Arianespace (donc l'argent du contribuable), sachant qu'il-y-a en moyenne 6 lancements d'Ariane 5 par an cela fait une aide étatique de 20 millions d'euros, soit 26 millions de dollars, par lancement. Notez que je les comprends, si les clients devaient payer 26 millions de dollars supplémentaires par lancement Arianespace ferait faillite dans quelques semaines !
Et ne parlons pas des prochains tests du grasshopper destinés à tester la future réutilisation des lanceurs Falcon9/Falcon Heavy, s'ils y parviennent un jour les prix des lancements baisseront dans de telles proportions qu'aucun concurrent ne pourra y faire face ! Mais je pense qu'ils n'auront même pas besoin de réussir cet exploit pour terrasser la concurrence.
Bref, je vous conseille de relire l'article: c'est à Arianespace que les opérateurs de satellites lancent un avertissement, pas à SpaceX ! Vous avez dit "rendez-vous dans 5 ans", moi je vous réponds rendez-vous dans 2 à 3 ans pour voir où nous en serons !
Réponse de le 21/09/2012 à 18:39 :
Vous oubliez tout simplement les milliards de $ de subvention déguisée , par la NASA qui a payé d'avance ces 12 vols à un lanceur qui n'a jamais volé... Et pour votre info , un lancement ARIANE 5 ne dépasse pas 150 ME dans les versions les plus lourdes , je crois ... Vérifiez !
Réponse de le 24/09/2012 à 0:42 :
Re-foutaises !
Non seulement la NASA n'a jamais donné "des milliards" à SpaceX mais elle n'a même pas encore versé un seul cent des 1,6 milliard de dollars pour les 12 vols, et jamais elle n'a donné ni ne donnera cet argent à l'avance. Je suppose qu'elle devrait le donner vol par vol. Et je vous rappelle au passage que 1,6 milliard de dollars c'était pratiquement le coût du lancement... d'une seule navette lors de ses derniers vols !
C'est toujours la même chose dès qu'il s'agit de SpaceX, avec les détracteurs on a affaire soit à des ignares soit à des menteurs !
Au fait pouvez-vous nous dire combien de VRAIS milliards dépensés pour développer Ariane 5 "alors qu'elle n'avait jamais volé" et en combien d'années? Je suppose que non car la comparaison vous ferait trop honte.
Et avant d'avancer des information et puis de dire "je crois, vérifiez" je pense que la moindre des choses serait de vérifier vous-même ce que vous écrivez, ne trouvez-vous pas?
Mais même en considérant correct le chiffre avancé de 150 millions d'euros, soit presque 200 millions de dollars (auxquels il faut ajouter les 20 millions d'euros de subventions européennes par vol), cela signifie que le simple lancement de satellites par Ariane 5 coûte au minimum 30% de plus que le lancement d'un vaisseau spatial de ravitaillement vers l'ISS (et retour!) par SpaceX. Comme je l'ai dit à Mr xXx, comparons ce qui est comparable et dites-nous un peu quel est le prix du lancement d'une Ariane 5 et d'un ATV qui lui brûle dans l'atmosphère à son retour? Là nous pourrons comparer avec SpaceX et je sens que nous allons bien rigoler !
Profitez bien des 2 à 3 prochaines années car bientôt sonnera le glas de la domination d'Arianespace qui n'aurait même d'ailleurs jamais été possible sans les subventions étatiques européennes pris dans les poches des contribuables.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :