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Espace : le nouveau lanceur américain Falcon 9 bouscule le marché des lancements des satellites

Michel Cabirol

Publié le 12 septembre 2012 à 15:35 - Mis à jour le 12 septembre 2012 à 15:37

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Le deuxième opérateur de satellites mondial, le luxembourgeois SES, confie à la société de lancement américaine la lancement de trois satellites.

SpaceX s'impose dans le monde des opérateurs de satellite. Le groupe luxembourgeois SES monte à bord des lanceurs de la société américaine Space Exploration Technologies (SpaceX), Falcon 9 ou  Falcon Heavy. Complètement rassuré par la performance du lanceur Falcon 9, qui avait lancé avec succès en mai la capsule non habitée Dragon pour ravitailler la station internationale ISS, SES n'a pas fait les choses à moitié. L'opérateur européen a signé avec SpaceX, créé par le milliardaire Elon Musk, un contrat de lancement pour trois satellites supplémentaires, dont la première mission est "prévue pour 2015", selon le communiqué de SES.

"Ce contrat de lancement - conclu par la filiale de SES, SES-SL - s'inspire du partenariat fructueux établi entre SpaceX et SES initié en mars 2011 avec la signature du contrat de lancement du satellite SES-8 qui est prévu pour 2013, est-il également rappelé par SES. Les quatre missions à bord de la fusée Falcon soutiendront l'extension de la flotte mondiale de satellites de SES".

Confiance dans SpaceX

Interrogé par "latribune.fr" pour savoir si cela représentait un pari pour le deuxième opérateur de satellites au monde derrière l'américain Intelsat, son PDG, Romain Bausch, a expliqué que ce n'était pas le cas. "Nos équipes techniques sont confiantes dans la capacité de SpaceX de délivrer" les satellites de SES en orbite, a-t-il précisé. "Et j'ai confiance dans mes équipes techniques. Nous avons fait une évaluation purement technique".  Et de rappeler qu'il avait été le premier opérateur mondial occidental à avoir fait confiance en 1996 au lanceur russe Proton. Les prix cassés de SpaceX ont également été un facteur décisif pour SES. Sans révéler le montant de la ristourne par rapport aux prix pratiqués sur le marché, il a simplement indiqué qu'elle était supérieure à 20 %.

Dans un communiqué, Romain Bausch a enfin rappelé indiqué que SES avait été "le premier des principaux opérateurs commerciaux à signer un contrat de lancement avec SpaceX", du satellite SES-8, "attendu en 2013". "Il confirme également que SES accorde la priorité à la diversification des fournisseurs de services de lancement et à la garantie d'un accès opportun à l'espace. Nous nous réjouissons d'instaurer une relation durable avec SpaceX". " Nous rajoutons avec plaisir trois lancements supplémentaires à notre accord avec SES," a déclaré la présidente de SpaceX, Gwynne Shotwell. "C'est un endossement fort de nos capacités de lancement dans la continuité du partenariat qui lie nos deux sociétés".

Arianespace, fournisseur prépondérant ?

Et pour Arianespace, y a-t-il des conséquences ? Selon un proche du dossier, SES aurait communiqué à la société européenne de lancement, sa décision de passer d'une situation où ils avaient deux fournisseurs traités de la même façon, Arianespace et ILS, à une situation où ils auront un fournisseur prépondérant, Arianespace et un second fournisseur, SpaceX. C'est la conséquence des six échecs Proton en six ans, rappelle-t-on à "latribune.fr". Depuis sa création, SES a déjà confié à Arianespace le lancement de 36 satellites.

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Ceci étant dit, Arianespace a une nouvelle pression supplémentaire pour baisser ses prix réputés chers. Car Romain Bausch a averti les Européens sur la prochaine génération de lanceurs, il faudra que Ariane 6 s'aligne sur la compétitivité de Falcon 9 sur les satellites de 3,5 tonnes et de Proton pour les satellites de 6-6,5 tonnes tout en ayant la fiabilité d'Ariane 5. En outre, il souhaite disposer d'un lanceur modulaire. "Il faut un lanceur qui module la puissance en fonction de la charge utile", a-t-il expliqué à "latribune.fr". En clair, pas comme Ariane 5. Enfin, Romain Bausch a rappelé à l'Agence spatiale européenne que "pour être compétitif, il faut un processus industriel intégré". Ce qui n'est aujourd'hui pas le cas avec "le patchwork actuel". "Il faut une usine intégrée, de la matière grise au lanceur assemblé". Un pari difficile à atteindre que seuls les Etats peuvent résoudre. Mais c'est loin d'être gagné !

Michel Cabirol

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