Thales met le cap sur les pays émergents

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Le nouveau patron de Thales, Jean-Bernard Lévy, souhaite que ses ventes décollent dans les pays émergents. Le groupe d'électronique réalise 20-22 % de son chiffre d'affaires. Trop peu, selon le PDG de Thales.

Thales met le cap sur les pays émergents pour aller chercher la croissance là où elle est. C'est "un nouvel élan", a expliqué vendredi lors de la présentation des résultats 2012 du groupe, le nouveau PDG de l'électronicien, Jean-Bernard Lévy, estimant que le groupe entrait "dans une nouvelle époque". Que l'on ne s'y trompe pas toutefois, la méthode change, mais les objectifs de rentabilité restent les mêmes. Voire peut être supérieurs à ceux fixés à Luc Vigneron, son prédécesseur. Jean-Bernard Lévy s'est donc montré tout aussi déterminé à mener son groupe à l'assaut des contrats dans les pays émergents que de casser le plafond de verre de 7 %, un niveau de la marge opérationnelle jamais franchi par Thales depuis une dizaine d'années. 

Jean-Bernard Lévy souhaite que Thales retrouve un esprit d'entreprise - et non un esprit aventureux - pour préparer la croissance de demain. Il a donc fait des pays émergents sa priorité absolue pour la croissance du groupe, qui peut "faire beaucoup mieux", selon lui. "Nous devons capter la croissance à notre profit" dans ces pays, a-t-il expliqué. "Les résultats s'améliorent (...) mais il faut que nous fassions beaucoup mieux", a-t-il souligné. Il se veut "beaucoup plus ambitieux, pour donner un nouvel élan à Thales". L'ancien patron de Vivendi a noté que, "même dans les pays émergents, réservoir de croissance, le chiffre d'affaires n'augmente pratiquement pas". Il avait avoué à La Tribune que les prises de commandes dans ces pays étaient "décevantes" par rapport au discours du groupe, qui vante la multidomesticité de son action commerciale. La part de chiffre d'affaires des pays émergents s'élève à "20-22 %". Il a regretté que ce chiffre d'affaires n'ait "pas beaucoup évolué ces cinq dernières années". Car, pour lui, "tous ces pays sont soumis à des impératifs de croissance qui sont liés à la mise en oeuvre d'infrastructures et certains d'entre eux sont également soumis à de fortes tensions locales en matière de défense".

S'implanter dans les pays émergents

Changer de braquet dans les pays émergents est pour lui "une priorité absolue". "Mon objectif est que ce chiffre d'affaires décolle" dans ces pays. Il veut y parvenir non seulement en développant les exportations vers ces pays mais en y développant les implantations locales, les partenariats et les transferts de technologie. "Il ne faut pas y aller à reculons", a-t-il insisté. Le nouveau PDG a confié à Pascale Sourisse, nommée directrice général chargé du développement international, l'ensemble de ces pays : Amérique Latine, Asie, Moyen-Orient et Afrique. Elle devra partir à l'assaut de grands contrats. Car Jean-Bernard Lévy a également insisté sur l'importance pour le groupe de remporter des grands contrats, supérieurs à 200 millions d'euros et même à 400 millions. Thales n'a décroché que deux contrats de plus de 200 millions en 2012, et six en 2011."Soyons clairs : Thales ne peut pas avoir comme principale mission de survivre dans une période difficile dans les marchés de la défense et de réduire ses coûts", a estimé jeudi soir Jean-Bernard Lévy lors de sa première conférence téléphonique avec les analystes.

Jean-Bernard Lévy a également précisé jeudi qu'il allait lancer dans les mois à venir une "introspection" sur les priorités stratégiques de Thales en termes de zones géographiques et de produits pour les cinq à dix ans à venir, écartant dans l'immédiat tout changement de périmètre ou acquisition transformante. "Les réponses viendront de l'intérieur de Thales et pas de l'effet magique d'une fusion-acquisition", avait-il souligné. Vendredi, il a redit que "la croissance externe ne fait pas partie des priorités". Pas question donc pour le moment "d'opération transformante modifiant le profil de Thales et son périmètre". A cet égard, il a précisé qu'il n'y avait "aucune conversation en cours avec Nexter sur une modification de périmètre". Le groupe d'armement terrestre lorgne les activités de la filiale de Thales spécialisé dans l'armement terrestre, TDA Armement.

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