Défense : de la poudre et des explosifs chez Nexter

Avec la bénédiction de l'Etat, SNPE et GIAT Industries, la holding du groupe public spécialisé dans les armements terrestres de Nexter, vont se rapprocher. Cette opération va renforcer Nexter, qui va consolider la filière munitionnaire française.
Le fabricant du char Leclerc va mettre la main sur les activités poudres et explosifs de SNPE Copyright Reuters
Le fabricant du char Leclerc va mettre la main sur les activités poudres et explosifs de SNPE Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Le rapprochement entre SNPE et le groupe GIAT Industrie (Nexter) était dans l'air plusieurs mois. Il vient de franchir une étape décisive avec la publication ce lundi d'un communiqué commun des deux entreprises de défense. Les "data rooms" ont été ouvertes, selon des sources concordantes. "Cette opération devrait permettre de regrouper, au sein d'une même entité et dans le respect de leurs stratégies, de leurs clients et de leurs marchés respectifs, les activités complémentaires des deux groupes dans le domaine munitionnaire (...)", ont expliqué les deux groupes. Cette opération devrait aboutir "en 2013 sous la forme d'un rapprochement des deux groupes autour de GIAT Industries". Elle va notamment permettre à Nexter de mettre la main sur les activités poudres et explosifs d'Eurenco (900 salariés en 2011). Soit au total près de 208 millions d'euros de chiffre d'affaires qui viendront gonfler les comptes du groupe d'armement terrestre qui reste le pivot de la consolidation de la filière munitionnaire.

Racheter Eurenco permettra ainsi à Nexter de sécuriser son approvisionnement en poudres et explosifs en internalisant la fourniture des composants essentiels pour ses munitions. D'autant que le groupe d'armement terrestre craignait pour la survie d'Eurenco. "Il est normal que nous soyons intéressés à la pérennité de nos approvisionnements", avait précisé le patron de Nexter. La disparition d'Eurenco entraînerait en outre la certification "longue et coûteuse" d'une autre source d'approvisionnement. C'est dans ce cadre que Philippe Burtin a réitéré au deuxième trimestre 2012 son offre de reprise d'Eurenco ainsi que de sa maison mère SNPE dans le but de rationaliser les structures de défaisance existantes dans le terrestre.

Nouvelle usine à Sorgues

En février, le PDG de Nexter, Philippe Burtin, était resté prudent : "Je comprends qu'une étape a été franchie avec le projet d'une usine nouvelle à Sorgues ce qui va permettre de procéder à cette consolidation". De quoi parlait-il ? Fin 2012, comme l'avait révélé La Tribune, une assemblée générale d'Eurenco avait approuvé une augmentation de capital de 93 millions d'euros, qui va notamment servir à construire une nouvelle usine ultramoderne à Sorgues (Vaucluse), dont le nom de code est Phénix. La participation de SNPE à cette opération s'effectuera en numéraire à hauteur de 70 millions d'euros et par apport en nature d'actifs immobiliers situés à Sorgues (13,1 millions d'euros) et à Bergerac (10,33 millions d'euros). Ce projet était la condition sine qua non du rachat d'Eurenco par Nexter, candidat à la reprise d'Eurenco depuis 2007.

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