Défense : les neuf grands contrats qui font rêver Eurocopter

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Le NH90 d'Eurocopter, l'un des atouts de la filiale d'EADS à l'export
Le NH90 d'Eurocopter, l'un des atouts de la filiale d'EADS à l'export
La filiale hélicoptériste d'EADS est sur la piste de mégacontrats dans la défense. Elle mène des campagnes commerciales au Qatar, en Pologne, aux Etats-Unis, en Inde, en Malaisie et, enfin, en Norvège.

Et si Eurocopter touchait le jackpot en 2013, voire en 2014. Car la filiale hélicoptériste d'EADS est sur la piste d'éléphants blancs - très grands contrats - dans le domaine de la défense. La filiale hélicoptériste d'EADS en a d'ailleurs plusieurs dans sa ligne de mire que ce soit au Qatar, en Pologne, aux Etats-Unis, en Inde, en Malaisie et, enfin, en Norvège. Des campagnes qui concernent notamment l'hélicoptère de combat Tigre mais surtout sa gamme d'hélicoptères de transport NH90 (versions terrestre -TTH - et navale) et EC725. Il y a peu de temps, Eurocopter a déjà remporté une très belle commande auprès du ministère de la Défense français, qui a signé fin mai un contrat portant sur l'acquisition de 34 hélicoptères de transport NH90. Une commande qui approche 1 milliard d'euros

NH90 et Tigre au Qatar

Quatre milliards d'euros à ramasser pour Eurocopter sous le soleil du Qatar, qui s'intéresse au NH90 dans ses deux versions TTH et NFH ainsi qu'au Tigre. Lors de sa visite à Doha le week-end dernier, François Hollande a "fait de nouvelles propositions en matière de défense aérienne, terrestre et navale" et a assuré avoir "toute confiance que nous avancerons dans chacun de ces domaines" avec l'émirat, à qui la France fournit 75 % de son matériel .Si Eurocopter joue sur les deux tableaux (NH90 et Tigre), les autorités françaises préfèrent quant à elles mettre en avant le NH90 plutôt que le Tigre. Histoire de ne pas faire trop d'ombre au Rafale de Dassault Aviation, qui a lui aussi ses chances au Qatar (24 à 36 appareils). Mais pas que... Car les Qataris préféreraient pour le renouvelement de leur flotte d'hélicoptères de combat (une douzaine d'appareils) l'Apache de Boeing au Tigre. "L'Apache est plus gros, donc plus dissuasif pour les Qataris", explique-t-on à La Tribune.

En revanche, l'évaluation de l'hélicoptère TTH de l'armée de Terre, en pleine tempête de sable, a impressionné à Doha, qui ont encore une douzaine de vieux Sea King d'AgustaWestland. En octobre dernier, un comité d'évaluation qatari est également venu en France et en Italie pour visiter les sites de fabrication du NH90 chez Eurocopter à Marignane et d'AgustaWestland en Italie. Les pilotes qataris ont volé sur du TTH. Pour l'heure, la France travaille sur deux propositions, l'une étant de panacher la version terrestre (12 modèles TTH) et navale (10 NFH), l'autre étant de proposer que du NFH (22 exemplaires). Face au NH90, les Américains proposent le Seahawk de Sikorsky. A noter que les Qataris n'ont pas eu la même profondeur d'évaluation sur le Tigre, note-t-on dans le groupe EADS.

L'EC725 séduit Varsovie

A défaut du NH90 mis hors course par les Italiens d'AgustaWestland, Eurocopter a réussi à rebatrre les cartes en Pologne avec l'EC725... qui a complètement séduit les militaires polonais. En Pologne, l'hélicoptériste est en compétition face à l'italien AgustaWestland et l'américain Sikorsky, pour remporter un appel d'offre de 70 appareils, un contrat estimé à 3 milliards d'euros environ. Si Eurocopter remporte cette campagne, le constructeur européen et le motoriste Turbomeca installeront respectivement deux chaînes d'assemblage pour l'EC725 chez l'industriel polonais WZL 1 basé à Lodz. "C'est le contrat de la décennie en Europe", explique-t-on chez Eurocopter. Un appel d'offre pourrait être lancé à la fin du second semestre 2013 et Varsovie pourrait choisir son fournisseur vers la mi-2014.

Eurocopter, qui a le soutien des autorités françaises, cherche également l'appui de Berlin. Ce qui n'est pas gagné. Car l'Allemagne vise plutôt un contrat de sous-marins en Pologne pour ThyssenKrupp... face à DCNS. Pour autant la filiale d'EADS garde bon espoir et déploit toute une stratégie de séduction pour convaincre les Polonais. Ainsi, en avril dernier, le ministre de la Défense polonais Tomasz Siemoniak, lors d'une visite en France, a volé dans un EC225 de la Marine nationale en compagnie de son homologue français, Jean-Yves Le Drian, pour rallier la base sous-marine L'Ile Longue.

En Inde, Eurocopter doit s'armer... de patience

Quoi de neuf en Inde ? Eurocopter, qui a répondu à un nouvel appel d'offre en 2008, attend... depuis 2010 l'ouverture des enveloppes commerciales par New Delhi pour savoir si il est à nouveau sélectionné par l'armée indienne. Elle souhaite renouveler sa flotte d'hélicoptères Cheetah et Chetak dans le cadre du  programme Light Utility Helicopters (LUH). Une décision était pourtant attendue fin mars. Le contrat, qui porte sur 197 hélicoptères de reconnaissance pour les armées de l'air et de terre destinés notamment aux troupes stationnées en altitude près de la frontière avec la Chine, est estimé à 400 millions d'euros. Il peut s'élever jusqu'à 1,5 milliard d'euros avec l'achat au total de 600 appareils. Eurocopter propose le Fennec (AS350 C3), le seul hélicoptère à s'être posé sur le mont Everest, face au KA-226 du russe Kamov.

En parallèle il existe plusieurs campagnes commerciales représentant environ 10 milliards d'euros, dont deux ont déjà été gagnées en décembre par Boeing (15 Chinook Ch-47F et 22 AH-64D Block-III Apache) pour un montant de deux milliards d'euros environ. Eurocopter vise deux autres programmes de renouvellement de la flotte indienne. Outre les 197 Fennec, la version militaire de l'Ecureuil, le constructeur européen vise un appel d'offre lancé en août 2012 portant sur la fourniture d'hélicoptères pour la Marine (56 appareils) dans le cadre du programme NUH (hélicoptères utilitaires navals) dont le montant est évalué à plus de 500 millions d'euros et un autre lancé en novembre 2012 portant sur l'équipement des Coast Guard (14 appareils, soit un contrat estimé à plus de 400 millions). Eurocopter propose respectivement l'AS565 MB Panther, la version militarisée du Dauphin, et le NH90. Soupçonné de corruption, AgustaWestland (groupe Finmeccanica), le seul rival d'Eurocopter sur ces campagnes, est pour l'heure autorisé à poursuivre les deux compétitions.

Douche écossaise aux Etats-Unis

Après avoir interrompu brutalement le programme d'hélicoptères légers LUH-Lakota (LUH) fourni par Eurocopter, les Etats-Unis pourrait lancer dans le courant du second semestre 2013 un appel d'offre en vue de renouveler la flotte d'hélicoptères de reconnaissance OH-58 Kiowa du constructeur américain Bell dans le cadre du programme AAS (Aerial armed scout). Ce programme, qui a déjà glissé dans le temps, est actuellement gelé (séquestration) en raison des nouvelles contraintes budgétaires américaines. Le contrat pourrait porter sur 500 machines, soit un contrat évalué entre 6 et 8 milliards de dollars.

"On sera dans la compétition", a affirmé, avant le salon aéronautique du Bourget, le nouveau PDG d'Eurocopter, Guillaume Faury. Le constructeur présentera l'EC645, qui a été présenté pour la première fois lors du salon Eurosatory de 2010. De son côté, Bell fait le siège de l'administration américaine en argumentant qu'il vaut mieux rénover les OH-58 pour économiser des crédits. En revanche, Eurocopter ne participera pas à la compétition Joint Multi-Role (JMR) en vue de remplacer les célèbres Black Hawk.

Le Tigre en Malaisie ?

Depuis 2005, Eurocopter a toujours l'espoir de vendre son produit vedette, le Tigre (entre 12 et 20 exemplaires), qui a été présenté au salon aéronautique de Langkawi cette année-là. Bien que le Premier ministre malaisien Najib Razak, un ancien ministre de la défense, qui vient de gagner les élections législatives, apprécie particulièrement cet appareil, il n'en a pas fait encore sa priorité. Le Tigre pourrait faire partie des prochaines à l'occasion du 11e plan pluriannuel, qui débutera à partir de 2015. En tout cas, les élections législatives, qui ont neutralisé tout achat d'armements pendant de longues semaines, étant passées, les entreprises d'armement vont à nouveau pouvoir se presser à Kuala Lumpur.

La Norvège veut des hélicoptères de recherche et de secours (SAR)

Enfin, le ministère de la Justice norvégien veut s'équiper d'hélicoptères de recherche et de secours (SAR, search and rescue) lourdement équipés dans le cadre du programme NAWSARH. Soit 16 appareils (plus six en option) pour un montant évalué à moins de 2 milliards d'euros. L'Islande pourrait rejoindre ce projet en commandant un appareil ferme (plus deux en option). Eurocopter présente le EC725, AgustaWestland l'EH101 tandis que le consortium NHI (Eurocopter, AgustaWestland et Fokker) propose le NH90. Enfin Sikorsky est en compétition avec le S92. La Norvège pourrait présélectionner cet été deux appareils.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2013 à 18:25 :
Toujours ce dilemme entre bien blindé (donc lourd) et peu ou pas blindé (donc léger)
a écrit le 27/06/2013 à 16:25 :
Plus gros = plus lent, plus facile à flinguer.
a écrit le 27/06/2013 à 11:07 :
"Plus gros donc plus dissuasif"?Depuis quand évalue t'on les capacités d'un hélicoptère d'attaque à sa taille?Du grand n'importe quoi, ou un prétexte pour expliquer un choix de machine US pour des raisons politiques, ..as usual..
Réponse de le 27/06/2013 à 16:14 :
plus gros = plus grande capacité d'emport de missiles, roquettes etc.
Réponse de le 01/08/2013 à 15:07 :
Un helico n est pas un avion de chasse il reste tres vulnerable son blindage ne concerne que la protection de l equipage ses commandes de vol sont tres accessible a n importe quel projectile du rotor AR au palonnier il n est pas assez proteger pour porter de l armement trop couteux

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