La France au Moyen-Orient (5/5) : et si le Rafale allait défier l'Eurofighter à Bahreïn ?

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Paris réfléchit à lancer le Rafale dans la compétition contre le Typhoon à Bahreïn
Paris réfléchit à lancer le Rafale dans la compétition contre le Typhoon à Bahreïn (Crédits : © 2009 AFP)
Cinquième volet de notre série sur la diplomatie de la France au Moyen-Orient, Bahreïn, Koweït et Oman. Trois pays complexes pour les industriels de l'armement français. Toutefois Paris mène une réflexion pour savoir si le Rafale va défier l'Eurofighter Typhoon à Bahreïn.

Et si le Rafale allait défier le Typhoon du consortium Eurofighter (BAE Systems, EADS et Finmeccanica) à Bahreïn. C'est une réflexion menée actuellement par Paris. "Pourquoi ne pas mettre sur la table le Rafale à Bahreïn", s'interroge une source proche du dossier. D'autant que les Britanniques, qui portent les campagnes commerciales de Typhoon au Moyen-Orient, ne se sont pas gênés pour rivaliser avec Dassault Aviation aux Emirats Arabes Unis et au Qatar, des marchés où les avions tricolores sont en service.

"Le Typhoon vaut plus par le dynamisme des Britanniques, qui le présentent, que par la valeur intrinsèque de l'appareil, estime-t-on. Ce serait très bien que l'on enraye le dispositif médiatique britannique autour du Typhoon". Selon nos informations, Bahreïn voudrait 12 nouveaux avions de combat.

Bahreïn, une préférence pour le Typhoon ?

Au mois d'août dernier à l'issue d'une rencontre à Londres entre le roi du Bahreïn, Hamad ben Issa Al-Khalifa, et le Premier ministre, David Cameron, le groupe britannique de défense BAE Systems avait annoncé que le royaume avait "exprimé un intérêt pour le Typhoon et le gouvernement britannique mène des discussions très préliminaires".

Une affaire à suivre mais le roi avait estimé en novembre 2009, selon un câble diplomatique diffusé sur le site internet de WikiLeaks, que le Rafale était une "technologie du passé". Peut-être s'était-il trop vite avancé car un mois plus tard le Rafale avait fait jeu égal en 2009 avec le Raptor F-22 lors de l'exercice ATLC (Advanced Tactical Leadership Course) de décembre aux Emirats Arabes Unis.

Le Koweït pourra-t-il s'offrir le Rafale ?

Au Koweït, il y a toujours un appel d'offre en cours pour l'achat de 28 avions de combat. Mais ce pays pourra-t-il résister à la pression américaine et s'offrir la technologie française ? Pas sûr. "Les Américains sont très présents au Koweït, explique-t-on à "La Tribune". Possible qu'il nous barre la route". C'est en juin 2009 que l'on commence à parler du Rafale au Koweït à l'occasion d'un passage rapide dans ce pays de Nicolas Sarkozy. L'achat éventuel de ces appareils fait l'objet de "discussions très approfondies" et "assez avancées", avait souligné l'ancien président. "On s'est mis comme échéance la fin de l'année". A ce jour, le Koweït ne s'est toujours pas décidé entre le Rafale, le Typhoon et le F/A-18E/F de Boeing.

Puis, en octobre 2009, le ministre koweïtien de la Défense et vice-Premier ministre avait indiqué lors d'une visite à Paris que son pays serait "fier" d'avoir du Rafale dans ses armées. "Nous espérons voir une offre (française) bientôt à ce sujet", avait-il expliqué, précisant qu'elle "sera étudiée très sérieusement et de façon très claire par l'armée de l'air koweïtienne". Dans l'entourage du ministre de la Défense d'alors Hervé Morin, on évoquait alors 36 appareils.

Pragmatique, la France vise au Koweït des contrats plus modestes. Avec un objectif prioritaire de terminer au plus vite un contrat qualifié de "pénible" à Paris, la rénovation de huit patrouilleurs P37 par le groupe étatique DCI. Enfin, Nexter qui s'est positionné sur un programme d'achat d'une centaine de véhicules blindés, propose le VBCI et DCNS des corvettes Gowind dans deux ou trois ans.

La France tente de maintenir quelques positions à Oman

A Oman, forteresse britannique, les Français ont connu quelques succès, notamment le missilier MBDA, qui a placé ses missiles surface-air VL Mica. Malheureusement, le sultanat va acquérir le système de défense aérienne américain de Raytheon SLAMRAAM pour un montant de 2,1 milliard de dollars (1,6 milliard d'euros). Oman était pourtant sur le point de choisir le missilier européen mais a dû changer son fusil d'épaule sous la pression de l'administration américaine. "Le contrat avec Oman, que nous avons perdu, s'élevait à un milliard d'euros, soit deux années de notre chiffre d'affaire en France", avait regretté mi-septembre à l'Assemblée nationale, le PDG de MBDA, Antoine Bouvier.

DCNS est également sur les rangs pour prendre des positions commerciales à Oman mais ce marché est extrêmement compétitif. "Beaucoup de concurrence", rappelle-t-on à Paris. Pour autant, le groupe naval a répondu en mars un appel d'offre portant sur l'acquisition d'un navire océanographique et attend fin 2014 pour proposer dans le cadre d'un RFI (Request for information) ses corvettes Gowind. Enfin, Thales est en train de créer à Oman une société de droit omanais.

Lire ou relire l'ensemble de la série La France au Moyen-Orient :

La France au Moyen-Orient (1/5) : quand la diplomatie va, tout va... mieux

La France au Moyen-Orient (2/5) : Paris chasse en Arabie Saoudite le mégacontrat Sawari 3

La France au Moyen-Orient (3/5) : le Qatar premier client du Rafale ?

La France au Moyen-Orient (4/5) : Jean-Yves Le Drian, l'homme clé du retour de la France aux Emirats Arabes Unis

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Commentaires
a écrit le 02/12/2013 à 15:32 :
Tout a fait d accord avec Jason Bourne Le plus drole c est quand meme qu il ammene comme engin de demonstration un F22 sachant qu il y a aucune chance qu un F22 vole sous d autres couleur qu américaine ....
a écrit le 28/11/2013 à 17:40 :
En tout cas, merci pour cette série d'articles qui récapitule la situation dans les pays du golfe. Certains ont pu critiquer le côté "catalogue de contrats hypothétiques", mais c'est pourtant intéressant : je pense que tout le monde est lucide sur le fait que les industriels français ne remporteront pas TOUS ces contrats, mais il n'y a aucune raison que plusieurs contrats significatifs ne soient pas engrangés, et ce sera déjà très bien.
La déclaration du roi de Bahreïn vaut son pesant d'or : il qualifie le Rafale de "technologie du passé" et déclare ensuite son intérêt pour le Typhoon. Sans même être partisan de l'un ou l'autre aéronef, difficile de nier que la technologie du Typhoon ne peut pas être radicalement plus avancée que celle du Rafale, développé à peu près en même temps : les américains ont de l'avance dans certains domaines, mais les différences intra-européennes sont faibles.
Tout cela me fait dire que le propos rapporté par Wikileaks est plutôt de l'ordre d'un discours très diplomatique.
Réponse de le 28/11/2013 à 19:58 :
Exact, la différence de perfos entre le Typhoon et le Rafale tient plus du choix de conception à l'origine que connaissances ou moyens techniques.
Réponse de le 29/11/2013 à 15:44 :
oui sauf que le typhooon et une belle daube , le rafale lui c est le top omirole
a écrit le 28/11/2013 à 14:51 :
L ' idée est bonne d' allez marcher sur les plates bandes Anglaise..Les pays du golf sont très bien informé sur la qualité des matériels...le reste n' est que politique ou afin de faire baisser les enchères .
a écrit le 28/11/2013 à 11:01 :
La ligne de mort s'approche : Obama promet le F35 pour 90 M$(60M€) en 2018
Réponse de le 28/11/2013 à 12:48 :
Je ne le pense pas et cela pour au moins 2 raisons. La première est que le congrès interdit de vendre du matériel US moins cher à un pays étranger qu'à sa propre armée (Exception pour israel et l'egypte vus qu'il s'agit de dons) et d'autre part les américains n'ont pas besoin de brader le F35 pour forcer la main à leur alliés (ou plutôt vassaux) pour prendre cet appareil. Ils ont d'autres arguments plus convaincants et qui ne leur coute pas un $ de plus ! L'exemple de leurs alliés asiatiques est très révélateur. Si il viendrait en tête aux coréens ou au japonais d'acheter autre chose qu'un avion de chasse américain alors l'oncle Sam viendrait leur rappeler de façon cinglante qu'ils devront se débrouiller "seul" face aux nord coréens ou face aux chinois. Quand aux pays du golfe c'est un peu la même histoire, ces derniers doivent payer leur "protection" en achetant régulièrement du matériel américain. Il suffit de voir la dernière visite de John Kerry qui a réussi a vendre 26 F16 block 60 aux émiraties alors qu'ils n' avaient clairement pas le besoin ,vus que ceux qu'ils ont déjà, sont les plus modernes aux mondes ! Donc pas d'inquiétude pour le F35, il aura beau couter 2 fois plus cher qu'un Rafale ou un Typhoon et ne pas avoir les performances espérés, ils réussiront toujours à le vendre.
Réponse de le 28/11/2013 à 13:26 :
oui la bonne blague ou le bon dumping Etat Uniens quoi...

jamais le prix réel du F35 nu ne sera à ce prix ou bien c'est de la vente à perte.
Réponse de le 29/11/2013 à 16:46 :
400 m le programme f 35 le puit sans fond ^^
a écrit le 28/11/2013 à 8:59 :
Aller tenter de refourguer le Rafale au Bahrein ? Autant dire que c'est mission impossible étant donné que la France a très peu de lien historique, culturel et économique avec ce pays contrairement au britannique. De plus, l'élite de ce pays a été formé dans les universités Anglo-saxonnes auquel la France est souvent dépeint comme un pays bucolique produisant du formage et du vin et surtout pas de haute technologie. Quand au Koweit , ce sera au bon vouloir des américains donc les chances sont minimes et encore il faudrait que les négociations se fassent en catimini et que les Koweitiens soient demandeur du Rafale...
Bref oublions ces marchés "captifs" et concentrons nous sur le Qatar et surtout sur les E.A.U.
a écrit le 28/11/2013 à 8:43 :
Ce qui est intéressant quand on lit M. Cabirol, c'est qu'on apprend que (1) Tous les prospects meurent d'impatience de nous acheter nos équipements, (2) Équipements par ailleurs bien meilleurs - de tous les points de vue -que ceux de la concurrence, (3) Il y a des délais i-nex-pli-ca-bles dans les prises de décision de ces prospects et qu'enfin (4) le forcing commercial, politique et diplomatique des méchants américains nous souffle des commandes. Faudrait peut-être se réveiller et regarder les choses en face, parce quand M. Cabirol, nous écrit - sans rire - que "l'ancien Président" avait dit "On s'est mis comme échéance la fin de l'année"...courant 2009 c'est faire la preuve qu'on ne comprend strictement RIEN à la vente de ces équipements sur cette zone...
Réponse de le 28/11/2013 à 9:14 :
Faudrait apprendre à lire PML, il n'y a rien d'imminent dans ce qui est écrit dans cet article. Ce ne sont visiblement des prospects mais c'est tellement plus facile de caricaturer un article.
Réponse de le 28/11/2013 à 23:27 :
(2) Équipements par ailleurs bien meilleurs - de tous les points de vue -que ceux de la concurrence

Pourtant il est bien dit que lors des derniers RedFlag, le Rafale à fait jeu égal avec le F-22 Raptor (5 nuls, un gagné pour le F-22). Dans le même temps, le Rafale a mis une déculotté aux Typhoons Allemands (6 gagnés par le Rafale, sur 6 ...).

Alors oui le matériel Français est loin d'être le meilleur selon les branches, mais à ce jour le Rafale surpasse la concurrence, mis à part le F-22 Raptor, et c'est une réalité. C'est un avion arrivé à maturité, plein de qualités, disposant de toutes les avancées possible, et qui plus est multi-rôles.
Réponse de le 08/12/2013 à 23:35 :
Grace au nouveau radar on en reparle quand le typhon est à niveau. C'est en cours. Car Avant c'était bien le rafale qui se prenait des taules dans ce genre d'exercice. A équipement électronique égal le typhon est supérieur au rafale en combat aérien. Les données technique le démontrent.

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