Missile antimissile : François Hollande porte les espoirs de MBDA et Thales en Turquie

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En Turquie, MBDA et Thales proposent le système SAMP/T armé de missiles Aster 30 (MBDA) et équipé du radar Arabel (Thales)
En Turquie, MBDA et Thales proposent le système SAMP/T armé de missiles Aster 30 (MBDA) et équipé du radar Arabel (Thales) (Crédits : DGA)
Le Chef de l'Etat en visite officielle en Turquie à partir de lundi va défendre l'offre franco-italienne de MBDA et Thales pour la vente d'un système de défense aérienne de longue portée. .

En voyage officiel de deux jours à partir de lundi en Turquie, François Hollande va tenter de relancer la proposition franco-italienne (MBDA France, MBDA Italie et Thales) dans le cadre du programme T-Loramids, un système de défense aérienne de longue portée (missile anti-missile) pour le moment promis aux Chinois. Le président français, qui sera notamment accompagné du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, rencontrera deux fois son homologue Abdullah Gül lundi à Ankara et mardi à Istanbul et aura également un tête-à-tête lundi avec le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan.

Pourtant l'affaire apparaît mal engagée. A la surprise générale, le groupe chinois CPMIEC (China Precision Machinery Import-Export Corp.) avait remporté en septembre dernier l'appel d'offres international lancé par la Turquie en vue d'acquérir un système de missiles anti-aériens. Le sous-secrétariat de l'Industrie de la Défense (SSM) avait indiqué qu'il avait "décidé d'entamer les pourparlers avec la compagnie CPMIEC pour la production conjointe des systèmes et de leurs missiles en Turquie sur le prix négocié", selon un communiqué.

Des Chinois mieux-disants

Pourquoi les Turcs ont-ils sélectionné les Chinois ? Parce qu'ils étaient - et de loin - les mieux-disants avec une offre à 3 milliards de dollars et qu'ils avaient une coopération industrielle très compétitive également. De leurs côtés, le GIE Eurosam (MBDA et Thales) et les américains Lockheed Martin/Raytheon avaient fait des propositions d'environ 4 milliards de dollars. Mais si Ankara disqualifiait finalement CPMIEC, cela pourrait profiter à Eurosam,arrivé derrière le groupe chinois mais devant les américains. MBDA et Thales proposent le système SAMP/T armé de missiles Aster 30 (MBDA) et équipé du radar Arabel (Thales). Ils ont également depuis le choix d'Ankara retravaillé leur dossier industriel avec des transferts de technologies tandis que Paris et Rome ont redoublé d'efforts pour faire évoluer la décision d'Ankara.

Qu'est-ce qui pourrait faire dérailler le processus entre les Turcs et les Chinois ? Les Etats-Unis, furieux de la décision turque. Washington a beaucoup pesé sur Ankara en menaçant les entreprises turques d'un point de vue financier. Sans compter les pressions diplomatiques sur les Turcs. Car les Américains ne veulent pas d'un système chinois aussi stratégique au coeur de l'alliance atlantique. La Turquie a besoin de brancher sa future architecture de défense antimissile avec les systèmes de l'OTAN, dont certaines données très sensibles pour l'identification d'un ami ou d'un ennemi ("Identify Friend and Foe system"). Des données ultra-secrètes et ne peuvent pas être installées sur un système chinois. 

Un cheval de Troie chinois ?

Cette offre chinoise n'est pas non plus innocente. Pékin cherche à affaiblir l'OTAN et son offre serait un véritable cheval de Troie qui pénétrerait les systèmes de l'Alliance. Beaucoup d'observateurs assurent que l'OTAN serait directement menacée dans ses fondements via l'article 5 qui veut que les pays de l'OTAN soient solidaires en cas d'attaque d'un des membres. Mais si une zone est protégée par un système chinois, aucun avion OTAN ne pourra la survoler car il sera hors de question de donner les codes amis/ennemis (IFF) aux Chinois. 

Enfin, CPMIEC est sous le coup de sanctions américaines pour ne pas avoir respecté le "Nonproliferation Act" avec l'Iran, la Syrie et la Corée du Nord."Nous avons transmis au gouvernement turc nos sérieuses préoccupations au sujet des pourparlers qu'il mène avec une société sanctionnée par les Etats-Unis pour un système de défense antimissile qui ne sera pas compatible avec les systèmes de l'OTAN", avait déclaré en octobre une porte-parole du département de la Défense.

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Commentaires
a écrit le 29/01/2014 à 17:41 :
Cheval de troie ?
plutôt cheval de Shangai ou autre.
a écrit le 27/01/2014 à 21:22 :
Qu’est ce qui empêcherait un missile anti-missile d'être suicidaire?
a écrit le 27/01/2014 à 17:58 :
Dommage que Sarkozy ait tout saboté quand il était président.
a écrit le 27/01/2014 à 15:15 :
Nicolas Sarkozy avait raison de se méfier de la Turquie. Le choix stratégique de ses dirigeants en est la preuve. L'Oncle Sam doit s'en mordre les doigts...
a écrit le 27/01/2014 à 15:14 :
Le gouvernement turque a toujours su ménager la chèvre et le chou, selon ses intérêts, ET par une politique très adroite ( exemple : seconde guerre mondiale).
a écrit le 27/01/2014 à 15:03 :
J'ai l'impression que c'est la Turquie qui est en position de force pour négocier.....
Réponse de le 27/01/2014 à 15:09 :
Vous avez tord hollande est un grand homme politique c'est lui qui le dit alors on est soulagé.
Réponse de le 28/01/2014 à 1:33 :
tort
Réponse de le 29/01/2014 à 1:00 :
bla bla,ce qui compte c'est l'argent , je ne comprend pas les turcs d'accepté FH en turquie , a moins qu'il present ses excuses ;)
a écrit le 27/01/2014 à 9:01 :
Les Turcs font-ils encore partie de l'OTAN ? depuis leur refus d'accepter une unité militaire américaine sur leur territoire en 2002/2003, ils ne font que s'éloigner, ainsi que de leur allié Israël, ils ont commencé à acheter du matériel russe( des hélicoptères de guerre), copinent avec la Russie pour peser sur le Caucase( conflit du haut-Karabach), n'ont pas réagi à l'invasion de la Géorgie, ils postulent à l'OCS, organisation de coopération de Shanghaï, qui est une alliance Russo-Chinoise, au départ de partage d'influence en Asie centrale et de contrôle de groupes séparatistes, mais qui gagne des partenaires et prend un apparence de plus en forte, en allant aussi sur le terrain économique, partage des ressources, construction d'infrastructures, banques d'investissements, on parle même d'une alternative au dollar, une monnaie axée sur un panier de monnaie et de l'or que possèdent la Chine et la Russie en grandes quantités.
Il y a clairement un nouveau bloc en constitution dans le monde, en opposition à l'OTAN, un bloc asiatique et continentale en opposition à un bloc occidental et océanique, c'était sans doute inéluctable. Si l'occident ne réagit pas pour conserver la zone méditerranée est en liaison avec l'océan Indien, Turquie Liban Israël Egypte, cette zone deviendra dangereuse, anti-occidentale et cherchera à évincer toute influence donc Israël, donc le retour à la guerre.
Réponse de le 27/01/2014 à 9:30 :
@Xavier-Marc
"cette zone deviendra dangereuse", mais cette zone a toujours été dangereuse, parce qu'elle est zone de friction entre l'Europe et l'Asie. Une zone où les conflits ethniques, religieux sont millénaires et toujours armés. Ce que pour l'instant à l'Ouest réussissons à éviter depuis 60 ans.
Réponse de le 27/01/2014 à 10:58 :
"Les Turcs font-ils encore partie de l'OTAN ? depuis leur refus d'accepter une unité militaire américaine sur leur territoire en 2002/2003" Faut relativiser, la France, a plusieurs occasions, a refusée le survol de son territoire à des alliés de l OTAN et son engagement au sein de l organisation n a jamais été remis en cause
Réponse de le 27/01/2014 à 18:03 :
Si la Turquie s'éloigne de l'Occident, c'est parce que l'Europe leur fait la gueule sous divers prétextes comme son territoire majoritairement en Asie alors que le Danemark est entré sans aucune objection malgré le Groenland. On va répondre par des distingo subtils, mais la Turquie, évidemment, le lit d'une autre manière. Et nous serons punis par là où nous avons péché (racisme, refus de l'islam, poltronerie).
a écrit le 27/01/2014 à 7:46 :
quand il s'agit de l'argent, tous les coups-bas et les prétexes bidons sont permis!!! bref les maguouilles quoi!!!
Réponse de le 03/03/2014 à 9:44 :
On lit souvent "On ne veut pas de la Turquie dans l'UE", mais quand il s'agit de l'argent des turcs, on veut bien.
L'UE a besoin de la Turquie, l'inverse n'est pas aussi évident.

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