Comment Total veut atteindre une production de 3 millions de barils par jour

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Total veut produire 3 millions de barils par jour à l'horizon de 2017
Total veut produire 3 millions de barils par jour à l'horizon de 2017 (Crédits : reuters.com)
Le pétrolier maintient ses investissements dans l'exploration pour atteindre son objectif de 3 millions de barils par jour.

Total ne veut pas rater l'occasion de devenir un grand du pétrole en produisant 3 millions de barils par jour (mbj) à l'horizon de 2017, selon les termes de son directeur financier, Patrick de la Chevardière, lors de la présentation des résultats 2013 du groupe pétrolier. L'année 2015 donnera la tendance pour Total, qui vise les 2,6 mbj. L'année dernière la production a toutefois stagné à 2,29 mbj. "On a perdu de bons barils du fait de l'insécurité au Nigeria et des problèmes géopolitiques en Libye", a-t-il expliqué.

La production de Total a également souffert de l'arrêt à l'automne du gisement pétrolier géant de Kachagan en mer Caspienne (Kazakhstan) à la suite d'une fuite sur un gazoduc. "Il est trop tôt pour prévoir une date de redémarrage", a prévenu le PDG de Total, Christophe de Margerie. Le pétrolier tricolore est l'un des cinq grands partenaires (16,81 %) de ce projet, considéré comme l'une des plus importantes découvertes d'hydrocarbures de ces 40 dernières années. La difficulté réside, selon lui, dans les prévisions de montée en puissance de la production, qui doit en théorie atteindre progressivement 370.000 barils par jour en 2015, puis un plateau de pleine production de 1,5 mbj.

Kachagan coûte cher, très cher à Total

"J'espère que les problèmes que nous vivons aujourd'hui ne vont plus perdurer, c'est quand même du très court terme", a poursuivi Christophe de Margerie, en soulignant que "réparer le pipe (gazoduc, NDLR), ça va être fait". Ensuite, selon lui, "le problème, ce sera plutôt combien il faudra payer pour monter dans les phases suivantes. C'est ça notre véritable challenge pour les années à venir".

Total a déjà déboursé environ 8 milliards de dollars dans ce projet. "Combien on a dépensé dans le projet ? Trop", a commenté le PDG de Total. Mais "la taille des réserves et les développements qui ont déjà été faits nous permettent de récupérer l'ensemble de nos coûts, c'est pour ça qu'il n'y a pas d'impairment (dépréciations, NDLR) sur la durée de vie de la concession, qui est initialement de 35 ou 40 ans".

Un ambitieux programme de forage

Car à l'image de Kachagan, le pétrolier tricolore s'est lancé dans un ambitieux programme de forage pour compenser le déclin de la production de gisements dits "matures", qui déclinent de 3 % à 4 % par an, mais surtout pour atteindre la production de 3 mbj. Total mise désormais sur une augmentation progressive du nombre de barils produits à l'horizon 2017 et au-delà, grâce au lancement de projets en Afrique, au Canada, en Russie et au Brésil (notamment le gisement Libra), qui permettront de gagner les fameux 700.000 barils par jour supplémentaires pour atteindre les 3 mbj.

C'est le cas du gisement CLOV en Angola dont Total détient 40 % d'une production estimée à 160.000 barils/jour. CLOV doit démarrer au deuxième trimestre 2014. Total peut également compter en 2014 sur les lancements au troisième trimestre de Laggan-Tormore en Grande-Bretagne (90.000 barils/jour, dont 80 % pour Total) et au quatrième trimestre d'Ofon 2 au Nigeria (90.000 barils/jour, dont 40 % pour Total).

A plus long terme, le pétrolier mise entre autre sur le gisement d'Ichthys en Australie, qui démarrera en 2016 et qui à pleine puissance produira 335.000 barils/jour (30 % pour Total) mais également de Moho Nord au Congo (140.000 barils/jour, dont 53,5 % pour Total) à partir de 2016 et d'Egina au Nigeria (200.000 barils/jour, dont 44 % pour Total) à partir de 2017.

Déception en 2013

"L'année 2013 n'a pas été exceptionnelle en terme de découvertes", a regretté Christophe de Margerie, tout en précisant que cela "n'avait pas été non plus la Bérézina". Le budget d'exploration devrait rester stable à 2,8 milliards de dollars cette année, contre 2,5 milliards en 2012, avec des forages "à forts enjeux" en Irak (Kurdistan), au Brésil (Xerelete, Pelotas et Libra), en Angola (Kwanza), en Côté d'Ivoire (San Pedro) et en Afrique du Sud (Block 11B/12B). Mais, le patron de Total a estimé qu'il fallait désormais contrôler les investissements et les coûts, qui seront ramenés à 26 milliards de dollars en 2014, (contre un pic de 28,3 milliards en 2013.

Ce programme est notamment financé par un plan de cessions de 15 à 20 milliards de dollars d'actifs sur 2012-2014, un objectif que le groupe pense atteindre voire dépasser après avoir atteint la barre de 14 milliards fin janvier.

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a écrit le 13/02/2014 à 13:57 :
.... Une fusion en préparation avec une autre compagnie européenne ??? Posez la question au boss
Réponse de le 13/02/2014 à 16:42 :
A laquelle pensez-vous ?
a écrit le 13/02/2014 à 13:05 :
Comme d'hab, en spoilant l'Afrique.
Réponse de le 13/02/2014 à 14:15 :
Pour que vous puissiez vous déplacer, vous chauffer, vous éclairer, et utiliser les milliers d'objets en plastique de votre quotidien...
a écrit le 13/02/2014 à 12:29 :
Au début de l'industrie pétrolière, il y a avait environ 300 milliards de pétrole facile à exploiter aux Etats-Unis, au Mexique et en Mer du Nord. Soit plus que les réserves actuelles de l'Arabie Saoudite.

Aujourd'hui, après des années de surexploitations, pour alimenter des économies occidentales énergivores, ces réserves sont épuisées.

Et donc, il faut maintenant exploiter des réserves où le pétrole est beaucoup beaucoup plus cher à produire.

Voilà pourquoi le pétrole va rester à 100 dollars le baril cette année, comme en 2011, 2012 et 2013.
a écrit le 13/02/2014 à 9:25 :
"L'année 2013 n'a pas été exceptionnelle en terme de découvertes"...Parce qu'il n'y a peut-être plus grand-chose à découvrir.
Les champs "matures" déclinent de 3à4% par an, ça veut dire que le Peakoil est atteint pour la majorité des champs de pétrole conventionnels.
Les prévisions de prix pour 2014 penchent en faveur d'un baril en dessous des 100 $. Difficile à croire dans un contexte de baisse production.
Dans le cadre d'une activité mondiale soutenue ce n'est pas crédible non plus, on peut raisonnablement penser que la reprise économique mondiale est en panne durablement.

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