Armement : Berlin favorise-t-il une fusion entre Rheinmetall et Krauss-Maffei ?

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Le ministre de l'Economie allemand Sigmar Gabriel serait favorable à un rapprochement entre les deux champions allemands spécialisés dans l'armement terrestre, Krauss-Maffei Wegmann et Rheinmetall
Le ministre de l'Economie allemand Sigmar Gabriel serait favorable à un rapprochement entre les deux champions allemands spécialisés dans l'armement terrestre, Krauss-Maffei Wegmann et Rheinmetall (Crédits : Reuters)
Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, préférerait une fusion entre Krauss-Maffei Wegmann et Rheinmetall, plutôt qu'ave le groupe français Nexter.

Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, préférerait voir le groupe de défense Krauss-Maffei Wegmann (KMW) se rapprocher de son compatriote Rheinmetall plutôt qu'une fusion avec le français Nexter, rapporte mercredi le journal "Die Zeit". KMW et Nexter ont engagé en juillet des négociations exclusives en vue d'une fusion mais les spéculations n'ont jamais cessé sur une implication de Rheinmettal, qui n'a pas intérêt à voir émerger un concurrent trop puissant.

Pourtant mi-août, le ministre allemand avait estimé que l'industrie allemande de défense avait besoin de consolidation, notamment sous la forme de partenariats européens. "Cela n'a pas de sens pour l'Europe d'avoir différentes entreprises qui fabriquent les mêmes systèmes d'armement", a déclaré le chef des sociaux-démocrates allemands après avoir rencontré les dirigeants des comités d'entreprise d'une vingtaine de sociétés d'armement.

Les fusions européennes font "sens"

Les fusions dans le secteur européen de la défense "font sens" mais sont du ressort des entreprises, a minimisé mercredi le ministère allemand de l'Economie en réaction à des informations selon lesquelles le ministre Sigmar Gabriel préférerait voir KMW se rapprocher de son compatriote Rheinmetall plutôt que de Nexter. "Les fusions sont des décisions du ressort des entreprises sur lesquelles le ministère de l'Economie ne fait pas de commentaire", a déclaré une porte-parole. "Par principe, toutefois, les coopérations dans le secteur de l'armement font sens, également au niveau européen, pour répondre aux défis du marché", a-t-elle ajouté, réitérant ainsi une position déjà exprimée par le ministère.

L'information de "Die Zeit" fait grimper Rheinmettall de 4 % à 43,70 euros à la Bourse de Francfort vers 9h20 GMT, après une poussée à 44,17. KMW et le ministère de l'Economie n'ont pas souhaité s'exprimer.

Rheinmetall freiné à l'export par Sigmar Gabriel

Début août, Rheinmetall a revu en baisse ses prévisions de résultats pour cette année, prenant acte entre autres du blocage par Berlin d'un gros contrat avec la Russie. Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, avait retiré à Rheinmetall l'autorisation de vendre à la Russie un centre d'entraînement et de formation militaire, évalué par la presse allemande à 100 millions d'euros. Le ministre de l'Economie veut mettre en effet un coup de frein aux ventes d'armes à l'étranger.

"Une réalisation du contrat n'est plus possible", avait expliqué Rheinmetall, ce qui aura "des conséquences financières dès cette année". Le groupe "travaille intensément à limiter au maximum le dommage financier, en mettant à profit toutes les possibilités juridiques à sa disposition", précise le communiqué. Le groupe pourrait notamment réclamer à Berlin une indemnisation pour le préjudice subi.

De son côté, la Russie a menacé de porter plainte contre Rheinmetall pour "violation de contrat" après le blocage par le gouvernement allemand d'un projet d'équipement militaire, avait annoncé début août le ministère russe de la Défense. "En cas de violation du contrat par les Allemands, (la Russie) portera l'affaire devant les tribunaux", avait expliqué le vice-ministre de la Défense Iouri Borissov à l'agence officielle Itar-Tass.

Rheinmetall ajuste ses prévisions

Le chiffre d'affaires de Rheinmetall est désormais attendu entre 4,6 et 4,7 milliards d'euros, une fourchette abaissée de 200 millions d'euros, et la fourchette de prévision du bénéfice d'exploitation descend à 200 à 220 millions d'euros (contre 230 à 250 millions), selon un communiqué. Le chiffre d'affaires des seules activités défense s'établira aux alentours de 2,3 milliards d'euros, a prévenu Rheinmetall, au lieu des 2,5 à 2,6 milliards d'euros escomptés jusqu'ici, et la prévision de bénéfices de cette division est également réduite.

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Commentaires
a écrit le 04/09/2014 à 1:14 :
Est-ce que transposer le modèle principalement binational d'Airbus( ex-EADS) à l'armement terrestre ou naval peut marcher ? je ne sais pas, je ne sais même pas si airbus peut être un modèle ou si ça marche chez eux, les activités semblent bien séparées par nation, langue et culture de travail oblige.
La france a t-elle essayé de regarder avec les Italiens, les espagnols, le bénélux s'il y avait matière à coopération ?
a écrit le 03/09/2014 à 17:31 :
Oui ils vont faire capoter l'affaire, ce ne sera pas la première.
Pourquoi ne pas choisir la Suède, forte économie, avec un budget militaire en hausse, et des débouchés sur les pays nordiques et baltes?
Réponse de le 04/09/2014 à 8:25 :
Il n'y a plus d'industrie suédoise de défense terrestre sous contrôle suédois.
Ses deux fleurons (le tourellier/armurier/artilleur Bofors et le véhiculier Hägglunds) sont passés dans les années 90 sous la coupe de United Defense (US) et Alvis (GB) pour être ensuite absorbés par le groupe anglo-américain BAESystems au travers de sa branche "Land & Armament". Le siège est à Arlington, VA, aux Etats-Unis, où se situe désormais le cœur de ses activités.

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