Un militaire de l'armée de terre sur deux touché par le crash de Louvois

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Le moral des armées, notamment ceux engagés dans les opérations extérieures, est fragilisé par les dysfonctionnements du logiciel de paie Louvois
Le moral des armées, notamment ceux engagés dans les opérations extérieures, est fragilisé par les dysfonctionnements du logiciel de paie Louvois (Crédits : reuters.com)
Les dysfonctionnements du logiciel de paie des armées Louvois ont touché 59.000 militaires de l'armée de terre. Soit un "Terrien" sur deux.

Les dysfonctionnements du logiciel de paie des armées, le fameux système Louvois, ont touché 59.000 militaires de l'armée de terre, "autrement dit un 'terrien' sur deux, et parfois plusieurs fois durant la même année", a affirmé aux députés le nouveau chef d'état-major de l'armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser. Et ce n'est pas fini, comme l'avait souligné le secrétaire général pour l'administration (SGA) Jean-Paul Bodin, lors de son audition à l'Assemblée nationale du 8 octobre.

"Louvois continue à donner des signes de faiblesses", confirme le général Bosser. Et de préciser aux députés qu'il "est très fréquent que, sans avoir changé de situation familiale, certains personnels ne perçoivent pas la même solde d'un mois sur l'autre. À chaque dysfonctionnement, on essaie de corriger les erreurs par des patchs, mais nous n'obtenons pas pour autant une amélioration sensible de la situation".

Louvois affecte gravement le moral de l'armée

Les dysfonctionnements de Louvois affectent le moral des militaire, notamment ceux qui sont éloignés de leur famille. "Les difficultés persistant en matière de soutien et d'infrastructure tirent vers le bas un moral fragilisé par les dysfonctionnements du système Louvois et cristallisent le ressentiment contre la réforme" des armées, constate le chef  d'état-major de l'armée de terre. "Je précise que si les moins-perçus ne sont jamais agréables, les trop-perçus créent des situations très difficiles à régler notamment avec toutes les complications fiscales que cela implique, explique-t-il. Bref, si les moins-perçus sont inacceptables, les trop-perçus nous mettent vis-à-vis de nos hommes dans une situation intenable."

Au-delà, la confiance est également ébranlée dans l'institution elle-même. "On imagine les dégâts causés sur le plan du moral et de la confiance dans l'administration. Les difficultés familiales engendrent des situations de stress prononcé, surtout quand le militaire, engagé dans une OPEX, est éloigné de sa base arrière. Je mesure chaque jour les effets destructeurs que produit ce système d'information encore instable".

Jean-Yves Le Drian en première ligne

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en a fait "une affaire personnelle et mobilise toute son administration pour résoudre ce problème", rappelle le général Jean-Pierre Bosser. Ainsi, Jean-Yves Le Drian, chaque fois qu'il rend visite à une unité, fait "un point spécifique sur les problèmes - soit des moins-perçus, soit des trop-perçus - posés par Louvois", a expliqué le ministre aux députés.

"Nous avons donné délégation aux chefs de corps pour régler, au cas par car, certaines situations de moins-perçus. Ce dispositif continue à fonctionner. Quant aux trop-perçus, parfois très élevés, ils ont souvent été pris pour des primes par le militaire concerné ou par son conjoint, et donc dépensés en conséquence. Il est en effet extraordinairement difficile de lire les bulletins de solde ! Nous allons d'ailleurs les simplifier. En cas de trop-perçu, nous demandons donc un remboursement étalé dans le temps, adapté à chaque cas. Nous réglons également les problèmes qui peuvent se poser avec les centres des impôts, les banques et les caisses d'allocations familiales. Compte tenu du nombre d'acteurs mobilisés, c'est très complexe. Nous nous efforcerons de remédier à toutes les difficultés d'ici à l'abandon définitif - que tout le monde souhaite - de ce système absurde et, pour tout dire, lamentable", a affirmé Jean-Yves Le Drian.

700 personnes mobilisées

Le centre expert des ressources humaines et de la solde (CERHS) de la direction des ressources humaines de l'armée de terre est passé "de 300 à 700 personnes, grâce à l'arrivée de 128 militaires, de 257 vacataires et de 10 réservistes, précise le général Bosser. Il traite en priorité les victimes des moins-perçus. Je tiens d'ailleurs à saluer le travail remarquable des agents et des militaires, auxquels j'ai rendu visite lundi dernier".

Au-delà des mesures d'urgence, le ministre "met toute son énergie pour que soit mis en place un nouveau système informatique de paiement des soldes. L'horizon 2015 constitue un objectif ambitieux", estime le chef d'état-major de l'armée de terre. Pour autant, il initie un débat jusqu'ici occulté : "Moi qui fais partie d'une génération où les chefs aidaient autrefois certains de leurs subordonnés à tenir leurs comptes bancaires, je constate que nous en sommes presque revenus, bien malgré nous, à cette pratique - ce qui me conforte dans l'idée que la solde est, au même titre que les ressources humaines, une affaire de commandement."

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Commentaires
a écrit le 15/12/2014 à 11:51 :
depuis 2012 ils savent réclamer les trop perçu mais eux ils ne régularisent pas les non perçu quel honte.
a écrit le 01/11/2014 à 13:48 :
et en plus ces zélites étoilés ne voient même pas le danger des drones sur les centrales nucléaires .Ca c'est des bidasses !
...et on serre la poigne du zélu et hop la retraite képi
a écrit le 31/10/2014 à 21:01 :
C'est le résultat des réformes "au pas de charge", et c'est pareil avec les GSBDD, les CMG, les statuts et le reste: un bordel monstre. Pas le courage de faire le ménage parmi les fautifs, pire, ils sont recasés dans le futur systéme de solde parfois en tant que civils hors de prix, çà promet une belle réussite. La simplification de la solde, il faudrait commencer par élaguer tous ces incapables de l'étage du haut qui se prennent pour des demi-dieux et qui ne font que des conneries, on y verrait plus clair.
a écrit le 30/10/2014 à 17:26 :
Il n'y a que dans le public que l'on peut se permettre se genre de plaisanterie, dans le privé:
1) il y aurait eu du ménage
2) ou l'entreprise aurait disparu...
la preuve que lorsqu'il n'y a pas de sanction à la réussite ou à l'échec on peut faire n'importe quoi
a écrit le 30/10/2014 à 14:52 :
Les caisses sont vides, faut bien trouver une excuse quand on ne peut plus payer les militaires...
Tandis que nos élus n'ont jamais de problèmes de logiciels, même en cumulant.
Messieurs les militaires à quand un coup d'état...on en a bien besoin !
a écrit le 30/10/2014 à 14:02 :
leur logiciel de paye n'a jamais le moindre problème...et je ne parle pas de celui qui calcule leurs impots ou leur retraite.....moralité, la soupe est bonne pour certain, on comprend pour quoi il s'accrochent à leur siège comme une moule à son rocher...et ce droite, comme gauche...
a écrit le 30/10/2014 à 13:36 :
Comme c est bizarre y a pas beug sur le logiciel des indemnité s de nos très chers élus...
a écrit le 30/10/2014 à 13:34 :
C'est pas encore réglé cette histoire? Il me semble qu'il y a 1 an c'était la même chose. J'imagine une boite ne payant 1 an de retard et des disfonctionnement dans ses payements et accusant son système informatique... Ces messieurs serait les premiers a lui tomber dessus.
a écrit le 30/10/2014 à 12:56 :
Il faut leur donner quelques cours de SI à cette entreprise et a la DGA.

Les système RH sont les plus risqués à changer et les tests doivent être béton de chez béton.

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