Louvois : 359 millions d'euros de trop-versés aux militaires

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Pour l'armée de terre, les trop-versés dus à Louvois représentent 78 millions d'euros sur 2011-2013 et 200 millions d'euros sur 2013-2014. Pour la marine, ce sont respectivement 25 millions d'euros pour 2013 et 14 millions d'euros pour 2014, pour le service de santé des armées, 27 millions d'euros pour 2013 et 15 millions d'euros pour 2014.
Pour l'armée de terre, les trop-versés dus à Louvois représentent 78 millions d'euros sur 2011-2013 et 200 millions d'euros sur 2013-2014. Pour la marine, ce sont respectivement 25 millions d'euros pour 2013 et 14 millions d'euros pour 2014, pour le service de santé des armées, 27 millions d'euros pour 2013 et 15 millions d'euros pour 2014. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
359 millions d'euros, ce sont les trop-versés par le ministère de la Défense aux militaires en raison des dysfonctionnements du système de paie Louvois. Pour la seule armée de terre, ils s'élèvent à 278 millions d'euros.

Le système de paie Louvois est une catastrophe financière pour le ministère de la Défense. Et les chiffres sont consternants : 359 millions d'euros de trop-versés aux militaires entre 2011 et 2014. "Pour l'armée de terre, ces sommes représentent 78 millions d'euros sur 2011-2013 et 200 millions d'euros sur 2013-2014, a détaillé fin octobre devant les sénateurs le secrétaire général pour l'administration, Jean-Paul Bodin. Pour la marine, ce sont respectivement 25 millions d'euros pour 2013 et 14 millions d'euros pour 2014, pour le service de santé des armées, 27 millions d'euros pour 2013 et 15 millions d'euros pour 2014".

Une campagne de récupération des « trop-versés » pour la période février 2013-septembre 2014 en cours et se poursuivra en 2015. Celle qui concerne la période octobre 2011-janvier 2013 est quasiment achevée. "Nous faisons tout ce qui est possible pour récupérer les sommes indûment versées, a assuré Jean-Paul Bodin, mais il s'avère que certains payeurs publics ont des difficultés notamment lorsque les personnes qui ont quitté les armées sont au chômage". Pour ce qui concerne le logiciel, "nous continuons à corriger les difficultés. Nous avons consacré 5 millions d'euros à des versions correctives en 2014 pour traiter des dysfonctionnements".

Un calendrier trop ambitieux?

Pour le prochain système de paie des armées, la procédure de passation de marché retenue - un dialogue compétitif - a débuté par la publication de l'avis d'appel public à candidatures le 1er février 2014. Le dossier de consultation des entreprises a été envoyé le 18 avril aux trois groupements sélectionnés :  l'américain Accenture associé au canadien CGI, le français Atos associé à Steria et enfin Sopra et sa filiale HR Access, selon nos informations. Le premier tour de dialogue a eu lieu du 13 juin au 24 juillet. Le suivant aura lieu au quatrième trimestre 2014 et les offres finales sont attendues début 2015, pour une notification au premier semestre 2015. La première bascule pourrait intervenir au premier semestre 2017 après une longue période de solde en double.

Pour autant, Jean-Paul Bodin n'exclut pas un retard. "J'ai encore quelques interrogations car l'exercice est très compliqué à réaliser, mais je garde l'espoir de pouvoir tenir les calendriers", a-t-il affirmé aux sénateurs. Le calendrier du projet est jalonné par deux points de visibilité demandés par le ministre : la présentation de prototypes en décembre 2014 (fournis par les candidats au cours du dialogue compétitif) et le premier déploiement (début de qualification du système) en décembre 2015. "Compte tenu de la complexité du projet, ces deux dates sont très ambitieuses et justifient des équipes importantes, tant du côté de l'administration que chez les industriels", a estimé le secrétaire général pour l'administration.

L'armée de terre, le moral dans les rangers

Pour le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser, "s'agissant des dysfonctionnements de Louvois, je voudrais rappeler que l'armée de terre en est d'abord victime. Nous avons du mal à nous extraire des difficultés, qui vont d'ailleurs perdurer dans l'attente du nouveau système et qui posent de vrais problèmes administratifs à nos personnels". Des systèmes ont été mis au point pour prévenir les dysfonctionnements par identification des moins et des trop-perçus. "Toute solde qui sort en deçà de 1.000 euros ou au-delà de 10.000 euros est recalculée manuellement", a précisé devant les sénateurs le général Bosser.

Il a rappelé que "59.000 personnes, soit environ 50 % des personnels de l'armée de terre, ont été touchées au moins une fois cette année par un dysfonctionnement de Louvois". Et de faire remarquer que ces dysfonctionnements de Louvois ont entrainé des "dommages en termes de moral et de confiance dans l'administration du ministère de la défense. Les effets des dysfonctionnements du calculateur entraînent des difficultés familiales et génèrent dans certains cas des situations de stress prononcé". (...) "Cette réalité est encore moins bien admise lorsque le militaire est engagé en opérations extérieures, éloigné de sa base arrière. Je mesure tous les jours les effets destructeurs de cette situation".

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Commentaires
a écrit le 02/07/2015 à 15:17 :
Attention, sur les trop-versés, chacun paie la CSG non déductible sur revenus non imposables, la retenue fonds de prévoyance militaire ou encore la contribution de solidarité (visible de le bulletin de Solde, + de 10% des montants).
MEME APRES REMBOURSEMENT DU TROP-PERCU, CES SOMMES NE VOUS SERONT JAMAIS RENDUS!!!!
On m’a précisé que cela était trop compliqué pour l’administration.
a écrit le 19/11/2014 à 11:26 :
Malversation financière, vol, escroquerie, détournement de fonds publics, c'est un véritable scandale d'Etat rien de plus. La chaine des responsabilités est immense, des sanctions pénales doivent être requises
a écrit le 19/11/2014 à 8:29 :
ah ça pour reconnaitre les trop perçus y communique !!! par contre dans le sens inverse fallait pas la ramener sous peine de sanction ...
a écrit le 19/11/2014 à 5:52 :
Il y a au moins deux gagnants dans l'affaire, l' éditeur du logiciel et le cabinet choisi pour son adaptation et sa mise en oeuvre !
Quand à ceux qui ont eu la responsabilité des choix, des spécifications, du suivi, des tests, ... côté maitrise d'ouvrage, leur incompétence a coûté des centaines de millions d'euros au Ministère de la Défense et donc aux français.
a écrit le 18/11/2014 à 23:48 :
Les montants dépensés pour un logiciel "programmé avec les pieds" font penser à une malversation, et rien de plus... Il ne faut pas se leurrer: réaliser un logiciel de paie, ce n'est pas atterrir sur la lune !!! Un bon outil de développement, une équipe compétente, et hop ! 5 millions pour corriger les bugs? Il ne faut même pas ça pour écrire le logiciel opérationnel à n'importe quel éditeur digne de ce nom ! Incompétence totale ou détournement de fonds public?
Réponse de le 19/11/2014 à 0:21 :
Il existe des sociétés qui recrutent des informaticiens sans diplômes. Hors ce n'est pas parce qu'on est un bon hacker autodidacte qu'on connais les normes de développement professionnelles. J'ai connu le cas d'un informaticien expérimenté et compétent viré et remplacé par un autodidacte qui a supprimé toutes les sécurité du système informatique pour que ça marche mieux. Quand des patrons en sont arrivés là, on peut s'attendre à tout.
a écrit le 18/11/2014 à 16:33 :
On parle beaucoup des trop verser de l'armée histoire de dire regarder on va trouver de l argent !
Mais vous n'auriez pas oublier de parler des cas inverse ! Des soldats qui eux n ont pas été payer ?
Une campagne pour récupérer mais aucune campagne pour rembourser ? Même si il y a eu un effort de consenti mais qui n'a pas été suffisant !
a écrit le 18/11/2014 à 16:08 :
Non Patrickb, ce n'est pas exactement cela; L'armée mexicaine, c'est quand il y a plus de chef que de soldats à commander. En revanche ce qui est juste, c'est qu'il y a une belle bande de rigolos aux commandes de certains processus qui sont coûteux pour notre économie. Ces incompétents joueraient ainsi avec l'argent d'un patron privé, cela fait longtemps qu'ils seraient à pôle emploi...
a écrit le 18/11/2014 à 14:50 :
Ceux qui ont consulté le site du ministère de la défense ont bien compris que nous avions affaires avec une bande de rigolos (je leur ai d'ailleurs envoyé un mail). on est dans un système de fonctionnariat dans lequel plus t'es nul et plus tes chances d'avancement sont grandes. Je crois qu'on appelle cela "l'armée mexicaine" :-)
a écrit le 18/11/2014 à 14:40 :
Nouvelle illustration de l'extrême complexité du calcul de la paie en France.

C'est une usine à gaz.

"Mais ça crée des emplois" (comme de creuser du charbon à la pelle plutôt qu'avec un bulldozer).
Réponse de le 18/11/2014 à 16:55 :
@Vincent; l'informatique c'est bien quand on sait s'en servir. Si tu rentres n'importe quoi dans les paramètres, tu auras n'importe quoi à la sortie. Je répète donc que le problème, c'est l'incompétence de tous ces rigolos :-)
Réponse de le 18/11/2014 à 23:49 :
Indépendamment des lois idiotes en France, il y a surtout un logiciel baclé, mal écrit, Quelle incompétence, des décisionnaires et des réalisateurs !! Un logiciel de paie, même complexe, ce n'est as la mer à boire! Sauf si on programme avec ses pieds, avec des outils de développement d'un autre âge...
Réponse de le 24/11/2014 à 13:06 :
En fait si, c'est assez compliqué et c'est surtout un vrai métier !
a écrit le 18/11/2014 à 13:30 :
Moi ce qui m'inquiète c'est le prestataire. Comment peut-on arriver à un tel niveau d'incompétence ? Les marchés se passent, normalement, au forfait ; alors qui est responsable du dépassement ? des résultats ? Qui a fait l'analyse qui a fait les tests ? Arrêtons avec ces marchés d'Etat qui ne servent qu'à engraisser les "fournisseurs" sélectionnés !
Réponse de le 18/11/2014 à 14:59 :
le problème n'est pas le prestataire, mais les maîtrises d'ouvrage, au nombre de 5 (terre, mer, aviation, gendarmerie, santé). Dans les projets en échec, la MOA est très souvent responsable, pour au moins la moitié.
Pour une fois, rien à voir les appels d'offres.
PS : je ne suis lié en aucune façon au fournisseur de Louvois.
a écrit le 18/11/2014 à 13:13 :
La masse salariale de la mission « Défense » s'élèvera à 10,98 milliards d'euros en 2014, donc 359 millions représente une erreur de 3,26 %. C'est toujours trop, mais bon cela relativise un peu.
a écrit le 18/11/2014 à 13:06 :
Il parait qu'il y avait 1200 sortes de primes. Peut-être déjà simplifier, rationaliser avant de vouloir sauter le pas (dans le vide), sinon ça vire au casse-tête (complexification 'inutile').
L'ancien système a demandé beaucoup de temps et le nouveau qui sera quasi-parfait (espérons) sera réalisé en très peu de temps. Ça effraie.
Ce qui a été développé avant est tellement "à jeter" que rien ne peut resservir ? On imagine que ce sont des erreurs d'analyse qui sont coupables. Mais peut-être que le code et les études sont propriétaires exclusives de l'ancien intervenant. Donc perdu (comme les Livret Médical Personnalisé, la base de données appartient au prestataire, résiliation -> tout est perdu, faut recommencer à zéro).
a écrit le 18/11/2014 à 12:35 :
Merci pour cet article, il est vrai qu'on entend peu parler des dépenses liées à l'armée.
a écrit le 18/11/2014 à 12:32 :
Un petit détail peu raconté par les médias : les montants versés ne sont pas calculés par le logiciel Louvois, mais par des logiciels qui sont restés dans chaque armée. Louvois ne fait que transmettre ... Après, il y a des problèmes d'applicabilité des primes en fonctions des règles en vigueur, ce que Louvois a essayé de gérer. Les objectifs des algorithmes ne sont pas de la responsabilité des informaticiens, mais des décideurs des corps d'armée.
a écrit le 18/11/2014 à 12:08 :
"l'américain Accenture associé au canadien CGI, le français Atos associé à Steria et enfin Sopra et sa filiale HR Access"
Steria et Sopra (v)ont fusionné, alors en fait ça ne fait pas grand monde au final
Réponse de le 18/11/2014 à 19:15 :
Il faut rappeler que Louvois c'était Steria l'integrateur...

a écrit le 18/11/2014 à 11:59 :
Militaires…. la guerre…. la guerre…. à quoi bon tant investir dans les armements ? en agissant de la sorte, l'État français ne fait que créer un climat propice de jeu vidéo belliqueux. Sans doute c'est pour cela que l'attrait du djihad monte en puissance chez les jeunes Français, hélas...
a écrit le 18/11/2014 à 11:18 :
Dans n'importe quelle entreprise avant de lancer un nouveau programme on fait des essais à blanc avec les bases de données qu'il utilisera et on pointe les résultats avec ceux du programme courant qu'il va remplacer.
D'autre part à son lancement on garde l'ancien programme fonctionnel de façon à faire marche arrière immédiatement en cas de disfonctionnements.
Un grand BRAVO à tous nos énarques ... mais à la sortie de l'école avant de les mettre en service il devrait être recommandé de les faire voir par un proctologue.
Réponse de le 18/11/2014 à 14:42 :
Oui, c'est aberrant.

Pourtant, un logiciel, ça ne rouille pas. Où est passé celui qui fonctionnait avant Louvois?
Il y a quelques articles dans le Canard enchaîné ces dernières années.
Réponse de le 18/11/2014 à 16:49 :
C est très bien, cela n existe qu en France.
a écrit le 18/11/2014 à 10:47 :
Ce qui est amusant, c'est que Monsieur Bodin est quand même un de ceux qui ont supervisé le logiciel Louvois.....

Quant à Louvois il fait plus de moins versés (c'est à dire de soldes non payées ou incomplétement ou avec retard) que de trop-versés.
a écrit le 18/11/2014 à 10:47 :
Sopra et Steria, respectivement éditeur et intégrateur de Louvois 1, 2 et 3 dont les magnifiques résultats sont encore célébrés restent dans la course. Il semble que le Ministère n'apprend pas. Mais nous, on continue à payer.
Réponse de le 18/11/2014 à 11:35 :
Bonjour,
Très content qu'il y ait au moins une personne sur ce forum qui fasse la remarque. Au vu de la catastrophe résultante de ce logiciel il est bon de noter que par volonté d'apaisement (et de copinage durable) l’État a déclaré des responsabilité partagées sur l’ensemble de la chaine de développement.gestion de ce logiciel. Incluant donc ses propres services de ce fait pas de procès et pas de condamnation. Il serait de bon ton qu'en France nous mettions en place des enquêtes sénatoriales sur ce type de sujet comme aux USA.
Par contre une petite erreur dans vos propos, il me semble que Louvois 2 a été conçu intégralement par le ministère des finances et de l'économie via des ressources internes et des prestations, cela dit je peux parfaitement me tromper je ne maitrise pas forcément intégralement le sujet.
a écrit le 18/11/2014 à 10:40 :
359 millions d'euros: NUANCE: C'est le chiffre calculé par Louvois, qui est, de l'avis même du ministre, une usine à erreurs de calcul. Pourquoi dans le cas des trop versés ce chiffre serait-il vrai? Dans mon entourage immédiat, sur 50 notifications de trop versés, 48 étaient des erreurs.
Réponse de le 18/11/2014 à 11:58 :
Tout a fait d'accord, après une réclamation de trop perçu qui m'a été notifiée pour une somme de 1550€, je ne trouvai pas où était cette somme, j'ai donc redemandé un calcul qui est ressorti avec 268€ de trop perçu. Ce qui fait une grande différence..
Voilà pourquoi il est vraiment important de garder tous ses bulletins de solde
a écrit le 18/11/2014 à 10:36 :
Ceux qu'on eut un trop perçu on dû rembourser. Ceux qui n'ont pas eut de paye et on été viré de leur logement par contre???
a écrit le 18/11/2014 à 8:31 :
Et combien de militaires qui attendent depuis des mois leur solde entière ?
a écrit le 18/11/2014 à 8:29 :
Avec de telles sommes, on pourrait se dire qu'une partie de l'argent s'en est allée dans des caisses noires, voir les services sec.. ni vu ni connu, la faute à un programme qui dure.. qui dure.. mystérieusement.
a écrit le 18/11/2014 à 8:16 :
Vieille citation des milieux informatiques : quand un processus ne peut être facilement informatisé c'est qu'il est occulte.

Réponse de le 18/11/2014 à 14:44 :
Ou que c'est juste une usine à gaz.

"N’attribuons pas à la malice ce qui peut être attribué à l’incompétence"
a écrit le 18/11/2014 à 8:08 :
Les fonctionnaires travaillent toujours aussi bien. Dans le privé, une telle incompétence aurait provoqué des mises à la porte radicales. Là il s'agit d'argent public alors pas grave, les contribuables paieront. Combien de dizaines de milliards par an l'état et les régions, les départements gaspillent-ils? On suppose entre 10 et 20 % des budgets sont gaspillés.
Réponse de le 18/11/2014 à 10:42 :
Oui, enfin il s'agit d'un logiciel mis en place par une société privée... Et vos "fameux" fonctionnaires sont obligés de refaire le travail de paie derrière à la main. L'incompétence est bien dans le privé dans ce cas, n'en déplaise à vos affirmations pavloviennes.
Réponse de le 18/11/2014 à 10:52 :
Il s'agit aussi de militaires donc pas de syndicat et peu de personnes en ont entendu parler...
a écrit le 18/11/2014 à 7:31 :
Et combien de milliards de trop versés à nos élus ?
Réponse de le 18/11/2014 à 8:03 :
Ils sont si peu payes! Pour un travail harassant, nécessitant près de trois heures de présence à l'assemblée, 12000 € sont vraiment une misère!

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