Aéronautique : les commandes pleuvent mais les équipementiers souffrent

En dépit d'une très bonne année commerciale 2015, les PME et les équipementiers souffrent. La baisse de cadences de certains appareils (A330) et le retard de futurs programmes ne sont pas encore compensés par l'arrivée des nouveaux, comme l'A350.

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Nous sommes dans une année de transition entre un moment où nous allons avoir des montées en cadence progressives qui vont arriver et notre exigence d'industrialisation et d'investissements forts, a précisé le président des équipementiers du GIFAS, Emmanuel Viellard.
"Nous sommes dans une année de transition entre un moment où nous allons avoir des montées en cadence progressives qui vont arriver et notre exigence d'industrialisation et d'investissements forts", a précisé le président des équipementiers du GIFAS, Emmanuel Viellard. (Crédits : © Michael Spooneybarger / Reute)

Les carnets de commandes d'avions sont au plus haut chez Airbus et Boeing. Ils représentent plus de dix ans de production chez Airbus, quasiment autant chez Boeing, les deux plus gros avionneurs mondiaux. Ceux des motoristes comme Safran sont au diapason. Une performance commerciale portée par un taux de changes euro-dollar plus favorable aux industriels européens et par un prix du baril de pétrole très faible (33,14 dollars à New York). Et pourtant, derrière cette visibilité qu'envient bon nombre d'autres secteurs industriels, les équipementiers et les PME aéronautiques françaises s'attendent à passer une "année difficile".

"Nous suivons un cycle un peu différent de celui des avionneurs et des plate-formistes. Nous avons un léger creux alors que nous sommes en phase d'industrialisation, nous sommes donc dans un contexte d'activité un peu moins florissant", a expliqué le vice-président de l'équipementier du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) Emmanuel Viellard.

Une sorte d'effets ciseaux entre une baisse de charges de travail observée sur certains programmes (A330, retard dans le renouvellement de la gamme des avions d'affaires Falcon de Dassault Aviation, marché des hélicoptères déprimé) qui se traduit par une stabilité du chiffre d'affaires des équipementiers et des PME au moment où des efforts (investissements) sont mis en place pour préparer la montée en cadence de l'A320 (+42,5% d'ici à mi-2019 ), du moteur Leap de CFM qui équipera la version NEO, de l'A350 et du Rafale après ses succès à l'export. "Nous sommes dans une année de transition entre un moment où nous allons avoir des montées en cadence progressives qui vont arriver et notre exigence d'industrialisation et d'investissements forts", a précisé Emmanuel Viellard.

Un paradoxe, selon Marwan Lahoud

"C'est tout le paradoxe, a expliqué le président du Gifas, Marwan Lahoud. Il faut passer par cette période où l'on fait des efforts pour préparer la montée en cadences alors qu'il n'y pas d'activité correspondante venant soutenir les investissements humains et financiers nécessaires à la montée en cadence. C'est une affaire de quelques mois". Il a relevé la question de la taille relativement modestes des PME françaises. "La taille n'est pas un obstacle pour réussir la montée en cadence mais quand on est plus gros, on est plus à l'aise".

Les équipementiers et les PME sont confrontés à une baisse de charge liée à la baisse de 30% des cadences de l'A330 qui n'est pas compensée par l'A350. "La montée des cadences de production de l'A350, le nouveau long-courrier d'Airbus, ne comble pas encore la baisse de celles de l'A330", le plus ancien avion de même catégorie de l'avionneur européen, a confirmé de son côté à des journalistes le président du comité des PME au sein du Gifas, Bertrand Lucereau, qui se dit "inquiet" pour 2016.

2016, un cap difficile à passer

Pour passer le cap difficile de 2016, équipementiers et PME travaillent sur un programme d'amélioration de la compétitivité de la filière baptisé "Performances industrielles", qui a été lancé en 2014. Financé par l'État, les Régions, le Gifas et les donneurs d'ordre et fournisseurs, ce plan concerne plus de 400 PME, dont 165 ont déjà été évaluées. 97% des PME engagées dans ce programme ont vu leur performance opérationnelle s'améliorer très significativement (réduction de la non-performance de l'ordre de 50%, délais de livraison réduits de 75%), selon le Gifas. Une seconde phase de ce plan, en cours de définition, est prévue "à partir de 2017", a annoncé Bertrand Lucereau. "Tout le monde appelle de ses vœux cette phase 2", a constaté Marwan Lahoud.

De son côté Emmanuel Viellard a appelé le gouvernement, et plus précisément le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, à prolonger son dispositif sur le sur-amortissement qui prend fin le 31 mars. Cette mesure exceptionnelle d'un an encourage l'investissement productif privé des entreprises en leur permettant de pratiquer un sur-amortissement de 40%. Et l'Etat pait "17% du montant de l'investissement", a expliqué le PDG de Lisi Aerospace. Pour le patron des équipementiers du Gifas, cette mesure permettrait de surmonter les efforts en investissements que doivent consentir les industriels pour augmenter les cadences de production. "Nous avons encore à faire des investissements importants", a-t-il précisé.

Enfin, Emmanuel Viellard et Bertrand Lucereau ont également demandé à Emmanuel Macron de simplifier les effets de seuils sociaux pour les PME et les ETI. Ce qui augmente "significativement" les coûts quand une PME passe par exemple de 49 à 50 employés (puis les seuils 250 et 500). "C'est un frein à la croissance", a estimé Emmanuel Viellard. Ainsi, le dépassement de ces seuils d'effectifs au sein d'une entreprise ou d'un établissement engendre pour l'employeur un certain nombre d'obligations. "Il n'y a pas toujours un intérêt patrimonial à grossir", a en outre confirmé Marwan Lahoud. En revanche, Bertrand Lucereau s'est félicité de la "sanctuarisation" du crédit impôt recherche (CIR) décidée par François Hollande. Il a estimé que c'est "un atout pour l'emploi".

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Commentaires 22
à écrit le 14/01/2016 à 22:54
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Moi, je pense que c'est intéressant qu'il y ait eu une croissance de commandes mais un ralentissement chez les PME et les équipementiers. D'après l'article, il me semble que ça s'est arrivé à cause des différences "structurelles" entre les gros avion...

à écrit le 08/01/2016 à 19:51
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Il faut dire que les formations pour adulte ne sont pas donner, 18000 euros pour faire un tourneurs, ou un câbleur aéronautique.... Donc il me semble logique qu'ils y est des probleme de recrutement.... Ensuite ne pas oublier que dans notre pays la r...

le 08/01/2016 à 20:22
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Et combien pour un Bescherelle? On retrouve notre Rogger et ses horreurs ...

le 08/01/2016 à 20:22
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Et combien pour un Bescherelle? On retrouve notre Rogger et ses horreurs ...

le 08/01/2016 à 20:22
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Et combien pour un Bescherelle? On retrouve notre Rogger et ses horreurs ...

le 08/01/2016 à 20:56
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Le manque de main d'œuvre vient en partie du fait que depuis 30 ans on ne forme plus aux métiers de la production. On en reviendra bientôt au lycée technique d'entreprise comme c'était le cas avant que l'éducation nationale impose de reprendre l'ense...

à écrit le 08/01/2016 à 19:44
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Les deux demandes relatives aux effets de seuil et à la sanctuarisation du C.I. ont certainement été un frein dans les choix prévisionnels des entreprises. Une correction gouvernementale en ce sens serait la bienvenue. Elle engagerait le processus de...

à écrit le 08/01/2016 à 17:23
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Sauf erreur ou omission de ma part de plus en plus de sous-traitants aéronautiques s'installe au Maroc ou en Tunisie. http://www.jeuneafrique.com/285012/economie/aeronautique-groupe-francais-latecoere-simplante-maroc/ http://www.air-cosmos.com...

à écrit le 08/01/2016 à 13:52
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Je ne vais pas globalement pleurer sur une filière en pleine croissance. Il y a en effet un ralentissement conjoncturel et c'est justement la bonne période pour investir dans les montées en cadence, recruter, former, passer de l'état d'artisan à celu...

le 08/01/2016 à 14:59
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Bonjour, habitant toulouse, où la filiere aero est très présente,je peux vous dire que les PME ne vous ont attendu pour s'organiser, se regrouper, .... d'ailleurs l'article en parle. Pour votre info, bcp de spécialistes de l'automobile rejoignent ce...

le 08/01/2016 à 16:58
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Je suis moi même dans le domaine aéronautique et non pas à Toulouse mais dans la région bordelaise autre lieu de la construction aéronef. J'ai assisté il y a quelques mois à une conférence donnée par un responsable d'Airbus sur le lean manufacturing ...

le 09/01/2016 à 21:48
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"La place n'est plus aux ingénieurs, mais au commerciaux et financier. Il faut répondre aux demandes du client, il ne s'adaptera pas aux volontés d'un bureau d'étude. " Si vous connaissiez Airbus de l'intérieur vous ne profèreriez pas de telles ab...

le 09/01/2016 à 23:06
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S'il est vrai que je ne "connais" pas Airbus de l'intérieur aussi bien que ceux qui y travail, l'article parle des fournisseurs et là je pense connaître assez bien le sujet pour maintenir qu'il est urgent de moderniser un très grand nombre des acteur...

à écrit le 08/01/2016 à 12:20
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Pleut-il des commandes ou des balles de thé? Suite aux Etats-Généraux de 2010, l’industrie a-t-elle été relancée ? On ne ferait pas de conteneurs, est-ce parce que c’est un commerce de haute valeur ajoutée ? Par exemple, on publie que la valeur ajout...

à écrit le 08/01/2016 à 9:56
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Une économie mondiale sous perfusion d'argent public, entre la théorie des néolibéraux et la réalité c'est le grand canyon.

le 08/01/2016 à 10:52
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Finalement, au lieu de donner des milliards et des milliards avec le quantitative easing, au aurait mieux fait d'arroser directement les ménages. Ils auraient consommé cet argent et remboursés leurs dettes. Au lieu de ça, les banques qui reçoivent ...

le 09/01/2016 à 10:29
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Entièrement d'accord avec vous Jeff mais en néolibéralisme on ne donne pas d'argent aux gens pour qu'il fasse rien, seuls les déjà très riches sont engraissés à ne rien faire, c'est stupide mais c'est le Dogme.

à écrit le 08/01/2016 à 7:50
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Qu'on arrête de me parler des seuils. Les seuils différencient 2 classes de dirigeants : Ceux qui savent les gérer (les managers) et ceux qui en on peur (les entrepreneurs). La France est un pays d'entrepreneurs, qui veulent (souhait profond) rester...

le 08/01/2016 à 8:25
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On voit bien que vous n'avez aucune connaissance du terrain, que vous n'avez jamais eu à recruter, licencier, ni de contrôles urssaf et inspection du travail.

le 08/01/2016 à 8:53
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En gros les "managers" sont les gens qui sont payés à prendre des risques avec l'argent des autres. S'ils se plantent, ils rejoindront Pôle Emploi pendant que les banques saisiront les biens de l'entrepreneur. Où vous avez raison c'est que les seui...

le 08/01/2016 à 9:03
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Bonjour, Et vous ? de quelle "classe" etes-vous ? Merci de créer d'abord une entreprise avant de parler de choses que vous ignorez totalement. Les 3 freins pour la croissance d'une entreprise (et croyez-moi je suis bien placé pour le savoir) sont : ...

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