Depuis 2017, les engagements financiers d'Emmanuel Macron en faveur de la défense ont été tenus. Et ce en dépit des craintes légitimes, car il est vrai que jusqu'ici les précédents présidents n'avaient pas hésité à sacrifier les moyens des armées sur l'autel des économies. Sans aller jusqu'à dire que la France s'est réarmée à la hauteur des enjeux stratégiques, Emmanuel Macron a donné aux armées des moyens pour enfin entamer une réparation des capacités militaires, qui sont encore limitées en raison de lacunes capacitaires - au mieux temporaires - et de son modèle échantillonnaire.
Cette réparation n'est pas terminée. Elle est d'ailleurs loin d'être terminée avant de penser à une remontée en puissance, qui va exiger plus d'efforts financiers. Pourtant, Emmanuel Macron estime que la situation internationale l'exige. Il l'a répété à Toulon où il a présenté la nouvelle Revue nationale stratégique, un document qui manque de relief en raison de l'absence d'objectifs précis (formats et contrats opérationnels des armées), voire chiffrés. "Cet effort est vital et il doit se poursuivre car nous le savons aussi, pour beaucoup de nos capacités, c'était une réparation nécessaire, mais il nous faut maintenant bâtir l'avenir", a-t-il affirmé sur le porte-hélicoptères amphibie Dixmude.
Il faut donc à la fois réparer et monter en puissance. La France en a-t-elle vraiment les moyens, ou plus exactement la volonté ? C'est la loi de programmation militaire (LPM) qui mettra réellement en musique l'ambition présidentielle. Ou pas comme on peut l'entendre ici ou ailleurs. Les armées anticipent déjà des plans d'économies (réduction de cibles notamment) pour coller aux différentes trajectoires budgétaires de la LPM entre 2024 et 2030. Tout dépendra évidemment des budgets alloués aux armées, même si le ministre des Armées s'obstine à dire qu'avant d'évoquer une trajectoire budgétaire il faut d'abord partir des besoins opérationnels. Il a la fois raison et tort.