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Armement : l'Allemagne et la France près de se rabibocher

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 16 octobre 2019 à 15:10 - Mis à jour le 16 octobre 2019 à 15:48

La commission du budget du Parlement allemand (Bundestag) qui défend à la fois les intérêts du motoristes MTU dans le cadre du programme NGF (Next Generation Fighter) et ceux de Rheinmetall sur le programme du char du futur (MGCS), bloquait les programmes SCAF et MGCS.

La commission du budget du Parlement allemand (Bundestag) qui défend à la fois les intérêts du motoristes MTU dans le cadre du programme NGF (Next Generation Fighter) et ceux de Rheinmetall sur le programme du char du futur (MGCS), bloquait les...

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Sur les trois dossiers sensibles (programmes SCAF et MGCS et les exportations d'armements), la France et l'Allemagne devraient trouver un nouvel accord. Un vrai ?
La tendance est plutôt bonne. Mais souvent le diable se cache dans les détails des déclarations entre la France et l'Allemagne, surtout s'il s'agit de coopération dans le domaine de la défense. Comme l'a écrit La Tribune sur les exportations d'armes et sur le futur char franco-allemand (Main Ground Combat System, MGCS), les dossiers sensibles dans le domaine de la défense entre Français et Allemands pourraient se dénouer ce mercredi 16 octobre. Y compris sur celui du SCAF bloqué par

la commission du budget du Parlement allemand qui défend à la fois les intérêts du 

motoristes MTU dans le cadre du programme NGF (Next Generation Fighter) et ceux de Rheinmetall sur le programme MGCS.
Selon nos informations, le dîner 

dimanche à l'Elysée entre Emmanuel Macron et Angela Merkel a permis de 

dégeler les positions de principe sur le dossier des motoristes même s'il y a encore beaucoup de résistances en Allemagne. Un accord franco-allemand au niveau des gouvernements semble être trouvé mais que va en faire le Parlement allemand ? C'est la principale interrogation.

Le SCAF va-t-il poursuivre son décollage ?

Sur le SCAF, 

la direction générale de l'armement (DGA) a logiquement désigné en juin Safran comme chef de file, et MTU comme partenaire principal sur la partie moteur. C'est ce sur ce point précis que le Bundestag a tout bloqué. Influencé par une poignée de parlementaires, qui protège l'industrie allemande - Henning Otte (CDU) et Fritz Felgentreu (SPD) avec Eckhardt Rehberg (UC) et Johannes Kahrs (SPD) - le parlement allemand est monté au créneau pour rejeter cette organisation mise en place par la France et acceptée par le gouvernement fédéral. Ce qui n'est pas pour déplaire au président du conseil de surveillance de MTU, Klaus Eberhardt, ancien patron de Rheinmettal, qui joue un jeu trouble.

Les parlementaires allemands, qui estiment que les intérêts allemands ont été lésés par le gouvernement fédéral, souhaitent une parité dans le leadership entre MTU et Safran. D'où la réelle difficulté de négocier des coopérations avec l'Allemagne. Pourtant, selon l'accord signé en début d'année entre les deux groupes, 

le moteur sera développé à parité par Safran et MTU Aero Engines

. La répartition des rôles s'est faite sur le principe du "meilleur athlète" : l'objectif est que chacun travaille dans son domaine d'expertise.

Faut-il également rappeler que sur les cinq piliers du programme SCAF - avion de combat, système de systèmes, propulsion, remote carrier (drones, missiles...) et simulation -, Airbus Allemagne rafle trois lots tandis que Dassault Aviation s'occupera avec Airbus en tant que partenaire principal, du NGF. Le constructeur européen sera chef de file sur le système de système et la simulation avec Thales comme "partenaire principal"

 et, enfin, sur les remote carrier avec MBDA. L'Allemagne n'est pas lésée du tout. Bien au contraire.

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Paris et Berlin en passe de débloquer le programme MGCS

Le Bundestag bloquait également le programme MGCS. Il est en passe d'être levé avec l'accord trouvé entre les trois industriels concernés (Krauss-Maffei Wegmann, Nexter et Rheinmetall). L'accord en passe d'être conclu est un subtil compromis entre les exigences de tous les acteurs concernés. Si la France devrait garder 50% de la charge de travail sur le MGCS - Paris est semble-t-il resté ferme sur cette condition -, les trois industriels vont se partager à parts égales les responsabilités du char du futur. En revanche, la France a cédé sur le coleadership du programme.

Ainsi, le contrat sur l'étude d'architecture va être découpé en neuf lots, qui seront attribués à parts égales entre les trois industriels, selon des sources concordantes. A ces derniers de parvenir à organiser la charge de travail à hauteur de 50-50 entre la France et l'Allemagne et de proposer rapidement aux ministères des Armées français et de Défense allemand. L'étude d'architecture système du programme MGCS pourrait être lancé dès mercredi à l'occasion du conseil des ministres franco-allemands... Cette signature interviendrait un an après que la France et l'Allemagne aient signé en 2018 une lettre d'intention, ainsi que le document de besoin opérationnel conjoint, pour avoir une base initiale de coopération.

Vers un accord sur les exportations d'armes

A l'occasion de ce conseil des ministres, Paris et Berlin devraient également s'entendre sur deux volets en matière d'exportations d'armes, l'un concernant les programmes français, qui font appel à la sous-traitance de l'industrie d'armement allemande, l'autre sur l'exportation des futurs programmes réalisés en coopération, notamment le SCAF (Système de combat aérien du futur) et le MGCS (char du futur).

À lire également

  • SCAF : les motoristes (Safran et MTU) dans une impasse improbable
  • Paris et Berlin en passe de débloquer le programme MGCS (char du futur)
  • Rheinmetall bloque le projet de char du futur (MGCS)
  • Exportations d'armes : l'Allemagne et la France proches d'une signature ?

Sur le premier volet, deux paramètres ont été clés pour trouver un accord : le champ d'application et le niveau de sous-traitance allemande dans les programmes français. Berlin ne devrait pas s'opposer aux exportations des industriels français à condition que le niveau des équipements ou des composants allemands n'excède pas 20% de la totalité du matériel militaire proposé (règle dite de minimis).

Michel Cabirol

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