Avions de combat : la Suisse va-t-elle lancer un nouvel appel d'offres ?

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En mai 2014, les Suisses avaient écarté lors d'un référendum avec 53,8% des voix l'achat de 22 avions de combat suédois Gripen (Saab).
En mai 2014, les Suisses avaient écarté lors d'un référendum avec 53,8% des voix l'achat de 22 avions de combat suédois Gripen (Saab). (Crédits : Reuters)
La Suisse doit prendre la décision vendredi de lancer ou pas un nouvel appel d'offres en vue de renouveler sa flotte de combat (F-5 Tiger et F/A-18).

Tic-tac, tic-tac, tic-tac... La Suisse doit prendre la décision vendredi de lancer ou pas un nouvel appel d'offres en vue de renouveler sa flotte de combat. Berne devrait l'annoncer publiquement dans la foulée. Après avoir annulé l'achat de Gripen NG de Saab en mai 2014, la Suisse a besoin de nouveaux avions de combat ainsi que d'un nouveau système de défense sol-air pour la surveillance et la protection de son espace aérien, dont le contrat précédent a été résilié (Thales).

Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) va à nouveau présenter vendredi son projet au Conseil fédéral, l'organe exécutif de la confédération suisse (sept membres), qui va alors donner soit son feu vert, soit à nouveau demander de l'amender comme il l'a fait après une première réunion mercredi 6 septembre ou, enfin, le retoquer (très peu probable). La Suisse songerait à une compétition à laquelle participerait cinq appareils : Gripen (Saab), Rafale (Dassault Aviation), Typhoon (BAE Systems, Airbus et Leonardo), Super Hornet F-18 (Boeing) et F-35 (Lockheed Martin).

Vers une nouvelle votation

Si le DDPS obtient l'accord du Conseil fédéral, il organisera lui-même au plus vite une votation (référendum populaire) pour obtenir l'assentiment des Suisses pour ce projet. Pas question de se retrouver dans la situation de mai 2014 quand les Suisses avaient écarté avec 53,8% des voix l'achat de 22 avions de combat suédois Gripen... alors que tout le travail préparatoire à l'exécution du contrat avait été réalisé. Lors des votations, les citoyens suisses sont appelés à se prononcer sur un sujet relatif à la politique fédérale, cantonale ou communale. Le résultat d'une votation est contraignant, les autorités étant dans l'obligation d'appliquer le résultat du vote quelles que soient les recommandations qu'elles auraient pu communiquer.

Pourquoi les Suisses voteraient-ils pour un tel projet? Parce que cette fois-ci, l'acquisition d'un nouvel avion de combat coïncide avec le remplacement de l'ensemble de la flotte des F-5 Tiger et de celle des F/A-18 au cours de la décennie 2020, et non plus comme en 2014 des seuls F-5 Tiger. Le choix controversé du Gripen avait également été pointé du doigt. Il y a désormais un impératif à ce que l'armée de l'air suisse dispose au-delà de 2020 d'un nouvel avion de combat pour assurer la police du ciel, notamment pendant les sommets internationaux qui se déroulent sur son territoire.

"L'échec du Gripen relevait plus des fautes que nous avons faites à l'époque. Ce n'était pas un vote contre les avions de combat, mais plutôt contre le Gripen lui-même, les décisions prises autour de lui, les incertitudes d'alors", avait estimé en mai dernier dans une interview accordée à 20 Minutes (édition suisse) Hans Altherr, qui est également l'un des deux présidents des groupes d'expert et d'accompagnement qui ont rédigé un rapport sur le renouvellement de la flotte des avions de combat. L'ancien conseiller aux États avait estimé que le peuple suisse était prêt à donner son accord pour l'achat d'un nouvel avion de combat.

Le Parti socialiste suisse s'est prononcé en faveur de l'achat de nouveaux avions de combat. La conseillère nationale Priska Seiler Graf (PS/ZH), spécialiste des questions de sécurité au PS, "préconise une armée de l'air capable de réagir aux menaces terroristes ou aux détournements d'avions et forte de 20 à 30 jets suivant le type d'appareil choisi", a-t-elle expliqué dans deux journaux suisses, Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung.

Jusqu'à 70 avions de combat

En mai dernier, le groupe d'experts et le groupe d'accompagnement avaient présenté quatre options d'acquisition d'avions. Ils avaient privilégié une, l'option 3. L'option la plus chère et la plus ambitieuse - la numéro une - consisterait en l'achat de 55 à 70 avions et d'armes antiaériennes pour un montant estimé entre 15 et 18 milliards de francs (13,76 et 16,52 milliards d'euros), selon le rapport. Option numéro deux : remplacer la flotte actuelle par près de 40 nouveaux avions de combat et renouvellement de la défense sol-air pour un montant évalué à 9 milliards de francs environ (8,25 milliards d'euros). Enfin, la quatrième option, la plus économique, porte sur l'acquisition de 20 appareils avec le renouvellement d'un système de défense antiaérien pour cinq milliards de francs environ (4,58 milliards d'euros). Cette option prévoit également de conserver les 30 F/A-18 en service plus longtemps que prévu.

S'agissant de l'option numéro trois, le groupe d'expert préconise le remplacement de la flotte actuelle par près de 30 nouveaux avions de combat avec une hausse significative des performances pour la défense sol-air pour des besoins financiers de 8 à 8,5 milliards de francs environ (de 7,3 milliards à 7,8 milliards d'euros). Cette option a obtenu la majorité des voix de la part du groupe d'accompagnement (9 sur 14) tandis que l'option 1 a obtenu trois voix. La possibilité d'échelonner une acquisition de cette envergure sur une longue durée a aussi été évoquée.L'option 2 a obtenu deux voix, et, enfin, la dernière une voix.

"La première option a été jugée trop chère et difficilement finançable, avait expliqué Hans Altherr. L'option 4 ne remplissait pas les exigences de l'armée selon nous. Restaient les variantes 2 et 3, qui sont assez proches. Nous avons décidé d'opter pour la 3e, car elle était un peu moins chère".

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Commentaires
a écrit le 15/09/2017 à 14:34 :
Soyons sérieux. La Suisse n'a nullement besoin d'un avion aussi sophistiqué que le Rafale, F35 ou Eurofighter pour acomplir les missions assignées à sa force aérienne, qui plus est jamais projetée au delà de ses frontière. Pour faire de la police du ciel, un avion simple et rustique est largement suffisant.
Réponse de le 16/09/2017 à 14:12 :
Vous avez parfaitement raison
Réponse de le 21/09/2017 à 10:07 :
Le Rafale, avion vieillissant (eh oui!) n'est pas du tout un avion sophistiqué comparé avec un F 35.
a écrit le 14/09/2017 à 15:00 :
A ce prix la, j'espère qu'ils ont enfin des propulseurs ioniques, j'espère que ça ne fonctionne plus à l'essence, se sera ballot pour de telles sommes.
a écrit le 14/09/2017 à 14:17 :
Les votations Suisse, le système qui fait peur à nos pseudos démocrates.
Réponse de le 14/09/2017 à 15:12 :
Bien vus de votre part !
a écrit le 14/09/2017 à 9:44 :
Le F6 lighting bi moteur britannique surpuissant serait parfait pour le job avion de chasse contre avion de ligne, il est pas cher en plus, équipé de missiles aux gouts du jour c'est largement suffisant, il est très élégant dans sa façon de voler en plus !
a écrit le 14/09/2017 à 9:04 :
Très bon résumé de la situation! On voit que l'auteur de cet article s'est bien informé.
a écrit le 14/09/2017 à 7:54 :
on croise les doigts pour Dassault et son rafale ,la concurrence sera rude
Réponse de le 14/09/2017 à 10:04 :
Bismuth croise les doigts avec vous.

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