Bouclier contre les cybermenaces en France, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) va bénéficier dans le cadre du plan de Relance de 136 millions d'euros sur la période 2021-2022 pour accélérer la stratégie nationale française en matière de cybersécurité. Cette enveloppe financière va notamment servir à l'ANSSI à apporter "un accompagnement à un certain nombre de structures qui sont particulièrement exposées et qui ont besoin d'être accompagnées en amont pour anticiper tout risque d'attaque. Parmi ces structures, le secteur de la santé et bien évidemment les collectivités territoriales", explique l'Élysée. Car les attaques dans le domaine de la santé ont représenté 11% des attaques mondiales en 2020. Et les cyberattaques de Dax et de Villefranche-sur-Saône confirment encore plus l'importance de prendre l'enjeu de la cybersécurité très au sérieux.
"Cela fait des années que l'État et ses services ont pris cette menace extrêmement au sérieux", souligne d'ailleurs l'Élysée. Ainsi, entre 2017 et fin 2021, les effectifs de l'ANSSI vont augmenter de 40% passant de 400 à 560. Mais, en même temps, le nombre de cyberattaques traitées par l'ANSSI a pratiquement été multiplié par quatre, passant de 54 à 192 entre 2019 et 2020. Ce qui pose le problème des ressources humaines : "est-ce que la courbe de croissance du nombre de personnes formées est suffisante vis-à-vis de la courbe de croissance de la demande qui est au moins aussi forte", interroge Guillaume Poupard. A Dax, par exemple, l'ANSSI a réussi à envoyer une équipe de sept personnes à l'hôpital. "On arrive à traiter un sujet de ce type. Mais la difficulté est d'en traiter beaucoup à la fois, si ces incidents se multiplient", estime Rémy Bouju de l'ANSSI, présent à l'hôpital de Dax.