Depuis sa prise de pouvoir en décembre 2014, Patrice Caine a su transformer avec succès Thales, une entreprise hyper stratégique pour la France, en un groupe moderne, capable de relever le défi de la révolution numérique. Un train technologique que Thales ne pouvait pas rater sous peine de devenir un joueur de deuxième zone. Au regard des nouvelles tendances mondiales (tensions internationales, montée des problématiques ESG et émergence d'une défiance vis-à-vis de la science), il considère que le groupe de technologies est à un nouveau tournant de son développement. Dans un entretien accordé à La Tribune, Patrice Caine explique quels sont les quatre axes du nouveau plan stratégique (2024/2030) de Thales, présenté en interne uniquement.
Ces quatre axes doivent permettre à Thales de rester à la fois performant sur le plan économique et vertueux : accélération de la croissance, nouveau modèle de production pour livrer beaucoup plus rapidement, renforcer le rôle de Thales comme entreprise apprenante (notamment face à la défiance des sciences) et imposer les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) pour ne pas perdre l'acceptabilité sociale des nouvelles technologies. Si les deux premiers axes stratégiques restent classiques, les deux suivants sont pour le moins nouveaux à ce niveau stratégique d'un groupe de ce niveau dans le domaine aérospatial.
« Comment réconcilier tous ces enjeux stratégiques ? C'est notre travail au quotidien à nous tous et à l'équipe de direction que de réconcilier deux impératifs : croissance et limites des ressources naturelles de notre planète. Je ne me résous pas à me dire que finalement, pour s'en sortir, il n'y a que la théorie de la décroissance. Je crois au progrès, grâce à l'éducation, notamment dans les maths et les sciences, pour comprendre les technologies, en tirer le meilleur et offrir des perspectives d'avenir à nos jeunes », explique Patrice Caine à La Tribune.