Dassault Aviation a volé vers un "record absolu" d'activité en 2019

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En 2019 Dassault Aviation a enregistré 5,7 milliards d'euros de prises de commandes en 2019
En 2019 Dassault Aviation a enregistré 5,7 milliards d'euros de prises de commandes en 2019 (Crédits : Dassault Aviation K. Tokunaga)
Dassault Aviation a dévoilé un chiffre d'affaires de 7,3 milliards d'euros (+ 44% par rapport à 2018), "record absolu" pour l'avionneur, selon son PDG Eric Trappier.

Le record était attendu. C'est fait et annoncé depuis jeudi : le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier a dévoilé un chiffre d'affaires de 7,3 milliards d'euros (+ 44% par rapport à 2018), "record absolu" pour l'avionneur avec comme emblème un trèfle à quatre feuilles. Il a notamment été porté par "une livraison record de Rafale", soit 26 avions de combat remis à ces trois clients export (Qatar, Inde et Egypte). L'export dans le domaine de la défense pèse pour 4,2 milliards d'euros dans le chiffre d'affaires 2019 (58%). Dassault Aviation a également livré 40 Falcon ainsi que des Falcon d'occasion pour une valeur de 2,2 milliards d'euros (30%), le solde étant généré par une activité défense France (900 millions). En 2020, Dassault Aviation volera mois haut : Eric Trappier prévoit une baisse du chiffre d'affaires avec 13 Rafale export et 40 Falcon livrés.

Comme d'habitude, la maison Dassault est bien tenue. La marge opérationnelle ajustée s'est élevée à 10,4%. Un bon résultat obtenu en dépit de la très forte hausse des frais de R&D (Recherche et Développement) autofinancés (527 millions d'euros en 2019 contre 392 millions en 2018), en raison du développement actuel de deux programmes Falcon, dont le 6X. Le résultat net ajusté a atteint 814 millions d'euros en hausse de 20%. Tout va pour le mieux pour Dassault Aviation, qui versera un dividende de 212 millions d'euros (25,4 euros par action contre 21,2 euros en 2018), une participation et un intéressement de 187 millions d'euros, et paiera 215 millions d'euros d'impôts sur les sociétés, dont 210 millions d'euros (98%) en France.

Dassault stabilise son activité Falcon

Sur un marché de l'aviation d'affaires qui reste difficile ou "compétitif", selon les termes d'Eric Trappier, Dassault Aviation a semble-t-il stabilisé sa production de Falcon autour d'un seuil de 40 appareils : 40 Falcon livrés en 2019 puis en 2020 (41 en 2018). l'an dernier, il a réussi à obtenir 40 commandes en 2019 (42 en 2018). Un bilan qui permet au constructeur de maintenir un carnet de commandes fin 2019 au-dessus de 50 appareils (53 Falcon pour une valeur de 2,33 milliards d'euros) même si le book-to-bill (ratio prises de commandes sur chiffre d'affaires) est négatif (0,78). Dassault Aviation a donc confirmé en 2019 l'arrêt de l'effritement de son carnet de commandes. Cela demande toutefois une nouvelle confirmation en 2020 mais Dassault Aviation se donne plusieurs raisons d'espérer.

L'avionneur continue de préparer l'avenir de son activité Falcon en poursuivant le développement du Falcon 6X, qui doit entrer en service en 2022, et celui du mystérieux  Falcon en préparation, dont la présentation du projet est programmée cette année. Avec un  "teasing" d'enfer d'Eric Trappier, qui n'a pas souhaité en dire beaucoup plus jeudi si ce n'est qu'il sera le premier Falcon à utiliser la nouvelle plateforme 3DExperience. Le programme 6X, en revanche, avance conformément "au planning", a précisé le PDG de Dassault, beaucoup plus disert sur ce programme. L'assemblage des voilures est en cours sur le site de Martignas tandis que l'assemblage du fuselage du premier avion est quant lui terminé à Biarritz. Les essais du moteur PW812D sont nominaux : six moteurs en phase de test, 1.400 heures d'essais ; plus de 150 heures réalisées sur banc volant et vol du 1er moteur de série.

Dassault Aviation mise également sur les Falcon militarisés. Il a livré au garde-côtes japonais les quatre premiers Falcon de surveillance maritime (sur les six commandés). En France, le constructeur a livré le deuxième Falcon 50 SurMar (sur quatre appareils), doté d'une trappe de largage de chaines SAR (Search And Rescue). Deux autres seront livrés cette année. En outre, le ministère des Armées a notifié fin 2019 une commande de deux Falcon 8X dans le cadre du programme Archange en vue de mettre en œuvre la Charge Universelle de Guerre Électronique réalisé par Thales (un troisième appareil en option). Enfin, Dassault Aviation prépare activement le marché de surveillance et intervention maritime baptisé Albatros (ex-Avsimar), qui est basé sur un avion d'affaires civil, le Falcon 2000 LXS. Il doit être notifié en 2020 et prévoit la livraison des trois premiers appareils d'ici à 2025.

Enfin, Dassault Aviation a beaucoup investi en 2019 dans le support des Falcon. Il possède désormais un réseau mondial de plus de 60 sites de maintenance pour les Falcon. En 2019, il a racheté en mars ExecuJet MRO Services (11 sites en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie et en Australie, puis, en juillet, Ruag (deux sites en Suisse) et, enfin, en septembre TAG Maintenance Services (quatre sites en France, au Portugal, au Royaume-Uni et en Suisse. Des investissements qui ont permis d'être reconnu comme l'avionneur numéro un en terme de soutien sur le marché de l'aviation d'affaires, a commenté Eric Trappier,

A la recherche de nouveaux contrats pour le Rafale

Grâce au Rafale, Dassault Aviation, qui a livré 47 avions de combat à l'export depuis les premières commandes, vole en très haute altitude. S'il possède encore 75 Rafale dans son carnet de commandes à fin 2019 (47 à l'export et 28 pour la France), l'avionneur doit poursuivre sa quête de nouvelles commandes pour le Rafale (Inde, Suisse, Finlande, Egypte, Indonésie, Malaisie, Bangladesh...). Ses meilleures chances sont en Suisse et en Inde mais il n'est pas du tout exclu que le Rafale puisse séduire d'autres pays. Cet avion a fait largement ses preuves notamment en France et en Egypte en opérations.

En France, l'armée de l'air va à nouveau réceptionner entre 2022 et 2024 les 28 Rafale restants à livrer sur les 180 commandés, selon la loi de programmation militaire. Une nouvelle tranche de 30 Rafale (tranche 5) sera en principe commandée en 2023 et livrée entre 2027 et 2030. Fin 2025, l'armée de l'air et la Marine disposeront d'un parc de 171 Rafale, dont 42 Rafale Marine. En outre, Dassault Aviation a lancé en 2019 les premiers travaux du standard F4 et a obtenu l'affermissement en fin d'année dernière de la première tranche optionnelle du marché. Ce standard permettra d'accélérer le cycle de décision et d'engagement, d'améliorer ses capacités offensives comme défensives face aux nouvelles menaces. Il permettra également d'accroître l'interopérabilité tous milieux, par une connectivité accrue, aussi bien dans un contexte national qu'interallié, d'améliorer la préparation opérationnelle et le soutien en service.

En 2019, Dassault Aviation, en tant que maître d'oeuvre, a obtenu la notification du contrat Ravel (RAfale VErticaLisé), un contrat important "de près de 2 milliards d'euros" pour soutenir les Rafale français sur une durée de 10 ans. Un contrat qui s'élève au total en comptant toutes les tranches à 3,4 milliards d'euros. C'est d'ailleurs le plus gros contrat signé en 2019 par l'avionneur sur un total de 5,7 milliards d'euros de prises de commandes en 2019 (5 milliards en 2018). Dassault Aviation sera le seul maître d'œuvre du maintien en condition opérationnelle (MCO) pour les équipements de l'avion (sauf moteurs et sièges) ainsi que les prestations techniques et logistiques renforcées. Au total, le carnet de commandes Défense France s'élevait à fin 2019 à 4,7 milliards d'euros (28 Rafale, contrat MCO Ravel pour le Rafale et le standard F4). En 2020, les principales flottes concernées par des contrats MCO verticalisé seront celles des Mirage 2000 et des Alphajet), Dassault Aviation a encore de quoi voir venir mais...

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a écrit le 01/03/2020 à 9:51 :
Ils est claire que les choses vont mieux depuis qu'ils y a quelque ouverture pour la Raffale én exportation...
Maintenant , nous devons chercher de nouveau client , le moyenne orient et l'Asie ... Les tention en mer de Chine devrais nous permettre de trouver de nouveau client . Mais îls nous faut des clients solvable ...
La françe est le seul pays avec les USA à produire un appareil pouvant être employé sur des porte avion ... ( opportunité pour les pays souhaitant s'équipe de porte avon )
Reste que nous devons pas oublier de maintenir nos capacite d'innovation ... Nous devons travailler sur la furtiviter et les moteur vectoriel ( tuyère orientable ) .
a écrit le 28/02/2020 à 16:35 :
L'art de présenter les chiffres de ce grand succès (sic) à l'export .
La réalité au 31 décembre 2019 :321 rafales avaient été commandés dont 225 par la France et 96 à l'export , soit 70 % en nombre par la France , en chiffre d'affaires on ne saura jamais , chacun comprend pourquoi, en effet cet avion est financé par le contribuable français , avec en plus des contrats du type Ravel ...
Réponse de le 28/02/2020 à 17:39 :
Et en quoi le fait qu'un avion de combat soit financé par l'Etat qui l'utilise vous dérange ou vous semble étrange? C'est un peu le principe non? Oui, un Etat paie pour entretenir son armée, c'est bien toujours comme ça que ça se passe...
Si à la place la France achète des F35, se sera toujours financé par le contribuable français, mais sans les retombées industrielles et avec beaucoup moins de souveraineté.
Donc votre seul alternative, c'est de ne plus avoir d'armée...
Réponse de le 28/02/2020 à 18:32 :
Voilà où en est arrivé Dassault , crier cocorico pour les exports de rafale et ..reconnaître que c'est marginal.
Il y a de nombreuses façons de financer un appareil que l'on peut réellement vendre , la coopération par exemple , où l'excellence comme du temps du Général De Gaulle où les mêmes avions étaient vendus dans le monde entier. Maintenant mes impôts servent à financer les immeubles et les journalistes (pas très indépendants ) du Figaro.Cocorico!
Réponse de le 29/02/2020 à 13:37 :
Je crois que vous ne savez pas lire le français, ce que Medocain dit c'est que la france paie aussi pour les avions export !!

C'est ce qu'à dit F Parly d'ailleurs en regrettant que malgré ce succès (d'estime en fait) il n'y avait aucune baisse de cout pour l'état.
Cela veut dire que ce succès n'en est pas un.
Après avoir douter pendant des années, le coq à crier victoire de soulagement mais bien trop tot, c'est mieux que rien, on a vendu quelques douzaines par ci par là comme les oeufs chez le fermier du coin mais on est loin des quantités industrielles que vendent les US avec près de 4000!! F35.

Nous ça n'est pas de l'industrie en ce sens mais plutot de la haute couture sans les marges.
a écrit le 27/02/2020 à 17:35 :
"poursuivre sa quête de nouvelles commandes pour le Rafale (Inde, Suisse, Finlande, Egypte, Indonésie, Malaisie, Bangladesh...)"
Est ce vraiment sérieux de mentionner le Bangladesh?

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