Le premier contrat de R&T du SCAF (avion de combat du futur) passe au grill du Bundestag

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Le parlement allemand a bizarrement (constitution allemande oblige) le Go entre ses mains pour faire décoller ce programme européen (Allemagne, France et Espagne) vital pour la souveraineté européenne
Le parlement allemand a bizarrement (constitution allemande oblige) le "Go" entre ses mains pour faire décoller ce programme européen (Allemagne, France et Espagne) vital pour la souveraineté européenne (Crédits : Dassault Aviation / Eridia Studio / V. Almansa)
Le premier contrat de Recherche et Technologie du programme SCAF (Système de combat aérien du futur) doit être approuvé mercredi en principe par le Bundestag. Un contrat qui s’élève à 155 millions d'euros au total et financé à parité par la France et l'Allemagne.

Le programme Système de combat d'avion du futur (SCAF) est sur la piste d'envol. Et c'est le Bundestag, le parlement allemand, qui a bizarrement (constitution allemande oblige) le "Go" entre ses mains pour faire décoller ce programme européen (Allemagne, France et Espagne) vital pour la souveraineté européenne. Traversé par les jeux de la politique intérieure allemande et ouvert aux influences industrielles ainsi qu'à une volonté propre de peser sur ces grands programmes franco-allemands, le Bundestag devra donc approuver ou pas mercredi le premier contrat de R&T (Recherche et technologie) du SCAF. Enfin, il ne faut pas non plus négliger le fait que le ministère de la Défense puisse jouer en sous-main avec le Parlement allemand en vue de négocier de nouvelles contreparties avec la France.

Une chose est sure, le SCAF est prévu à l'ordre du jour du Bundestag de mercredi. C'est ce qui a été décidé mais le suspense est garanti jusqu'au tout dernier moment, le dossier pourrait être retiré par le gouvernement de l'ordre du jour si les recommandations du Parlement sur ce contrat donnaient lieu à de nouvelles surenchères. Il y a peu de temps encore, le gouvernement d'Angela Merkel était plutôt confiant sur ce calendrier. "Mais la prudence reste donc de mise", explique-t-on à Paris. Si tout a été négocié aux petits oignons par les étatiques (ministères des Armées et de la Défense) et les industriels, il est encore possible que des jeux politiques internes allemands parasitent le vote du contrat au Bundestag.

"Mesdames et messieurs les parlementaires du Bundestag, votre vote dans quelques jours sur le démonstrateur du SCAF, aura une importance décisive, et enverra un signal politique fort, sur la volonté de nos deux pays de construire l'Europe de la défense", avait lancé à Strasbourg le 5 février la ministre des Armées, Florence Parly en conclusion de son discours devant l'Assemblée parlementaire franco-allemande.

Un contrat signé en décembre en attente du Bundestag

Le travail entre les étatiques français et allemands a été bien fait (tout est parfaitement équilibré dans le programme entre la France et l'Allemagne) et plutôt rapidement. D'autant que le contrat a été déjà signé en décembre par les industriels, qui se sont mis d'accord sur le devis. Un contrat qui sera mis en vigueur bien évidemment sous réserve d'acceptation du Bundestag. Quel est ce dossier qui va passer mercredi au grill des parlementaires allemands ? C'est un contrat de R&T de 155 millions d'euros (soit 148 millions pour la tranche ferme et 7 millions pour la tranche optionnelle), financé à parité par la France et l'Allemagne (77,5 millions d'euros chacun) et d'une durée de 18 mois.

Ce contrat porte sur l'ensemble des cinq piliers du programme (avion, moteur, combat collaboratif connecté, drones et coordination du programme). Il doit faire travailler les industriels ensemble sur les technologies ainsi que sur leur maturation avec l'ambition de développer des démonstrateurs à l'horizon de 2026. Deux dossiers du SCAF (capteurs et furtivité) ont été remis à plus tard. Un premier contrat dit d'études de concept de 65 millions d'euros financé à parité avait signé en janvier 2019 avec une tranche ferme et une tranche optionnelle qui a été affermie fin octobre.

Vers un contrat de démonstrateurs

Ce premier contrat de R&T doit logiquement amener les industriels vers un deuxième contrat plus ambitieux, qui reste encore à définir par la France et l'Allemagne. Il doit être signé entre mi-21 et mi-22 et permettra avec des financements plus importants d'aller encore plus loin dans les travaux communs en vue de réaliser des démonstrateurs, dont notamment l'avion, le moteur, les drones et le combat collaboratif connecté. "Il y aura une stratégie complète de démonstration", souligne-t-on à La Tribune.

Le montant de ce futur contrat devrait s'élever à plus de 1 milliard d'euros au moins. Tout dépendra si la phase de démonstration est saucissonnée en plusieurs tranches comme le voudrait le Bundestag afin de contrôler au plus serré le programme SCAF et donc peser sur le discussions entre la France et l'Allemagne. Au total, l'Allemagne et la France devront mettre plusieurs milliards d'euros. Et là, le programme deviendra irréversible, ce qui affaiblira le pouvoir de nuisance du Bundestag. Mais d'ici là, la course de haies va se poursuivre pour les Français face aux Allemands, qui n'auront de cesse de vouloir se renforcer et acquérir des compétences qu'ils n'ont pas pour devenir la première industrie aérospatiale européenne.

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a écrit le 12/02/2020 à 11:42 :
On va encore sortir le minitel pendant qu'ils preparent le Macintosh...
a écrit le 11/02/2020 à 21:18 :
Ne ferait on pas mieux de développer des missiles hypersoniques? J'ai lu quelque part que les porte avions devenaient obsolètes face à ces missiles.
Quelques dizaines de missiles non interceptables et tous les porte avions au fond de l'eau avec équipage et F35 tout neufs. Génial.
a écrit le 11/02/2020 à 20:39 :
Encore un projet de rattrapage.
On essaie de copier les US 30 ans après... comme le A380 copie du 747...

Rien de nouveau dans les techno du SCAF, après avoir moqué la furtivité du F35 programme lancé au début des années 1990 il y a 30 ans !
Le combat collaboratif connecté... c'est la liaison Madl du F35, les drones "loyal wingman" existent deja aux US.

On fait de la recherche pour trouver ce qui a deja été trouvé...
Demandez leur plutot ça nous coutera moins cher, par ce qu'il est pas certain qu'on trouve en plus...
a écrit le 11/02/2020 à 16:37 :
Contrat de Recherche et technologie concernant avion, moteur, combat collaboratif connecté et drones.

Ca va consister essentiellement à rechercher ce qui a deja été trouvé par l'empire US :
avion => furtivité thermique avec les sortie de réacteurs ala F22, B2, F35
furtivité em avec des matériaux similaires aux avions cités plus haut, dont des composites avec des triatements de surface spéciaux
Moteur : toujours plus haut dans la température de chambre de combustion, composites céramiques comme dans les F22, F35 etc....
J'imagine que l'on a deja des billes grace aux européens opérateurs du F35...
Combat collaboratif connecté : Liasion MADL US ala sauce européenne...
L'aspect drone et "loyal wingman" existe deja entre le F35 et les avions de générations antérieurs F16, F15,

Bref ca va ressembler à une immense indigénisation des technologies US, gageons qu'il n'y aura rien de nouveau mais bon se mettre au niveau c'est deja pas simple hein, l'URSS en a périclité...
Réponse de le 12/02/2020 à 9:08 :
c'est quoi le plus important...être le premier ou...être le meilleur ?...selon vous , du fait ,que les Américains ont"accouchés" du f 35,voir du f 22 nous impose de courber l'échine...vous n'avez pas l'air d'être un féru d'histoire...les exemples sont nombreux qui démontent votre thèse...un peu trop "América first" à mon goût !
Réponse de le 12/02/2020 à 11:22 :
etre le 1er avec autant d"avance c'est etre le meilleur, vous n'avez pas l"air de comprendre grand chose au processus heuristique d'accumulation des savoirs et savoir faire. Ils arriveront plus vite au bout de ces technologies et sortiront the next best thing quand nous produiront des copies pour la guerre d'avant...
personne n'a acheté le rafale, des ventes en petits lots a des pays de dernier plan. Et il a fallut detruire l'alibi pour si peu, ce qui nous reviens en boomrang, enfin ce sont pas les meme qui payent et qui encaisse...
Réponse de le 12/02/2020 à 11:32 :
Vous n'avez décidément rigoureusement rien compris. Non, il ne s'agit pas "d'indigéniser de la techno US", au contraire même. Importer de la techno militaire US doit impérativement être évité (même si sur le plan politique c'est évidemment difficile) car 1) cela met notre politique de défense à la solde des USA (limitations d'emploi, mise sous embargo de pièces détachées etc) 2) les besoins opérationnels européens ne sont pas les mêmes que les besoins US 3) il faut absolument développer du matériel ITAR-free pour pouvoir le vendre librement à l'exportation.
Le niveau scientifique et technologique européen est tout-à-fait en mesure de développer des systèmes d'armes comparables à ceux des armées US - parfois même supérieur sur certaines niches particulières: voir par exemple le missile air-air longue portée à statoréacteur Meteor qui n'a pas d'équivalent dans l'arsenal US, ou le CAESAR qui a tellement impressionné l'USMC qu'elle a eu l'outrecuidance de vouloir en commander à Nexter... évidemment refusé par le congrès US -. La grosse différence, ce sont évidemment les moyens financiers: ceux des USA sont vastement supérieurs aux budgets US, ce qui leur donne évidemment beaucoup plus de possibilités.
Votre réaction prouve que vous ne travaillez pas dans ces domaines de pointe...et pourtant vous avez la prétention de savoir en évaluer le niveau !
Réponse de le 12/02/2020 à 11:35 :
Ca sert à rien d'etre les meilleurs sur une technologie n-1 en plus..., si tant est que on le fut un jour... La technologie n+1 donnant un avantage décisif... l'offset, l'ooda loop technologique.
Réponse de le 13/02/2020 à 13:58 :
Vous ne comprenez rien !!!
Le NGF n'a pas pour ambition de faire un F22 mais un avion de 6ème gen.
Le MADL on l'aura déjà dès 2022 sur rafale.
On aurait rien du F35, ni la France, ni l'Allemagne, ni l'Espagne n'a acheté de F35.
Si l'URSS est tombé c'est pour des autres tout à fait autres.
a écrit le 11/02/2020 à 16:11 :
Cette "coopération" est un grotesque piège pour Dassault. Les allemands rechignent à financer un "avion trop français"? Qu'on les laisse financer le F35 qui ne sera jamais "trop américain" à leur goût.
Que la france se mette en quête d'un partenariat authentique et de bonne intelligence: le japon cherche activement un partenaire pour préparer la relève de leurs F-2 à l'horizon 2035 lien: https://frama.link/Janes
De vraies compétences: un démonstrateur furtif à déjà volé en 2015 dont la furtivité à été testée en patenariat avec la France
Rappel important: Airbus DS a été lamentablement éjecté du développement du bizjet supersonique Aerion AS2 au profit de Lockheed en 2016 vraisemblablement pour son absence de compétence en supersonique !
a écrit le 11/02/2020 à 14:15 :
Ce projet est un piège pour nos industriels , Dassault en tête . Si le NGF (chasseur du futur) voit le jour , il s'agira d'u chasseur lourd , donc hors de prix , invendable en dehors du cadre franco-allemand (plus peut-être un complément espagnol) . Et qui nous assure d'ailleurs que les allemands iront jusqu'au bout , le protectorat américain via l'Otan étant non négociable pour eux ? Dassault se retrouvera avec un beau gros bébé qui sera son dernier avion , et le point final de son activité de ce fait . Il serait encore temps de réfléchir , au niveau français , à se contenter d'un avion du format de l'actuel Rafale , amélioré , susceptible de remplir la mission de base de l'armée de l'air , et ce pourquoi elle existe , la défense du territoire . Un concept abordable par son prix , et de ce fait exportable . Il ne sert à rien de "challenger"les américains , ceux-ci s'imposeront toujours par leur poids diplomatique ,en Europe même . L'Europe de la défense que Macron nous vend est un mythe , qui risque de coûter à la France ce qui lui reste encore d'excellence industrielle , son aéronautique . Je le répète , l'avenir de Dassault n'est pas avec l'Allemagne , qui voudra toujours prendre le leadership , mais avec d'autres pays réellement demandeurs comme l'Inde .
Réponse de le 11/02/2020 à 20:15 :
Je ne peux être que d'accord avec vous: saura t'on embarquer un avion de 35 t (au bas mot) sur nos porte-avions, la stratégie de défense allemande de défense du territoire, hors opérations extérieure demandera un avion plutôt type intercepteur, ce qui nuira aux capacités des opérations extérieures française. On est repartis sur les base de l'échec des années 1980 qui a conduit à un divorce, tant les missions visées étaient différentes
Réponse de le 12/02/2020 à 9:27 :
l'un n'empêche pas l'autre !...il vaut mieux avoir plusieurs fers au feu...les projets Franco-Allemand n'ont jamais été un long fleuve tranquille...mais à chaque fois c'était une façon d'étalonner nos relations...pour ce qui est de l'industrie civile,ils ont toujours étaient des adversaires...pour ce qui est de l'industrie de défense c'est pire (reprenez l'histoire jusqu'aux invasions barbares...)...pour les Allemands(inconsciemment peut être)dés qu'un projet pourrait apporter quelque chose aux Français ...c'est pas bon pour l'Allemagne et vice et versa...et pour les même raisons...si les Allemands sont dans l'Europe c'est parce que c'est la DEUTCHBANK qui régule l'€...sinon ils n'y seraient pas ! je pense que nous les Français ,nous restons des utopistes invétérés c'est ce qui fait notre charme certainement...

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