Difficultés de financement de l'industrie de défense : "Le GICAT a raison à 80%" (Jean-Louis Thiériot, député LR)

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(Crédits : Pascal Chottin (CC BY SA 4.0))
À l’issue de quatre mois de travaux, les rapporteurs Mme Françoise Ballet-Blu (LaREM, Vienne) et M. Jean-Louis Thiériot (LR, Seine-et-Marne) de la mission flash sur le financement de la base industrielle et technologique de défense (BITD), ont confirmé lors de la présentation du rapport qu'il y avait bien une frilosité des banques à financer les industriels de la défense. Des banques sous la pression des lois extraterritoriales notamment américaines (risques de corruption), des ONG (risques réputationnels) et des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de bonne Gouvernance).

LA TRIBUNE - La mission Flash sur les difficultés de financement de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) par le système bancaire et financier français confirme la frilosité des banques à financer les entreprises de défense. Quel est votre principal constat sur cette situation ?
JEAN-LOUIS THIERIOT - Les auditions que nous avons menées avec Françoise Ballet-Blu, co-rapporteur de la mission Flash, ont confirmé deux tendances profondes qui rythment désormais la vie des entreprises de défense : les règles de "compliance", notamment la loi Sapin 2, renforcent considérablement les exigences imposées aux entreprises et le risque réputationnel est devenu absolument majeur pour les banques. L'éclairage apporté par le BDSV, le groupement des industries allemandes de sécurité et défense, est à ce titre édifiant de ce qui pourrait arriver en France d'ici trois ou quatre ans. Les problèmes allemands sont vraiment des signes avant-coureurs.
Les Allemands sont aujourd'hui dans une situation beaucoup plus critique encore que nous. Il y a eu cette tentative d'exclure de l'indice DAX 30 les entreprises, qui réalisaient plus de 10% du chiffre d'affaires dans le secteur de l'armement. Cette tentative a échoué. Le gouvernement allemand a également mis en difficulté ce secteur en émettant des obligations vertes, des « Green Bonds », pour lesquelles ces industriels ont été exclus. A partir du moment où des États souverains se lancent dans...

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Commentaires
a écrit le 18/02/2021 à 9:50 :
Ah si Benjamin avait soutenu la BITD, cela aurait certainement mieux fonctionné non ? :-)

Oui oui je sais mais bon hein à un moment quand on offre le bâton pour se faire battre hein... Enfin le "bâton"... ^^
a écrit le 17/02/2021 à 14:56 :
Une solution : un Bpifance Défense, rien que défense, de la R&D des startups aux contrats industriel ?

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