Toulouse, capitale européenne de l'espace le temps d'un sommet. Pour impulser un nouveau souffle à la politique spatiale européenne en panne de vision stratégique et de conquête, Emmanuel Macron s'est invité à la réunion informelle des ministres chargés de l'Espace au sein de l'Agence spatiale européen (ESA) organisée dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'Union européenne (PFUE). Pour autant le président semble s'être résigné à une moindre ambition des Européens, notamment en matière de vol habité, qui aurait pu incarner ce rêve puissant de conquête spatiale pour l'Europe. L'Europe spatiale, un géant aux ambitions de puissance très limitées.
Mais faute de souffle, Emmanuel Macron accompagnera le lancement de la constellation européenne sécurisée, chère à Thierry Breton (6 milliards d'euros), et la nécessaire mise en place d'un système de gestion du trafic spatial (Space traffic management), qui pose toutefois un certain nombre de problèmes.
A Toulouse, Emmanuel Macron aurait pu incarner le Kennedy européen de la conquête spatiale "Made in Europe". Mais le vol habité est un sujet, comme le rappelle l'Élysée, qui "se traite au niveau européen". Et "il n'y a pas de consensus clair, il n'y a pas encore de direction stratégique claire", précise la présidence. Pourtant les patrons de l'ESA, du CNES et d'ArianeGroup en avaient également rêvé. Ils avaient tous stimulé notre imaginaire sur la nécessité d'avoir une ambition dans le vol habité en passant des messages lors de leur conférence de presse de début d'année. Mais las, Toulouse ne devrait pas être le lieu de lancement de ce projet trop emblématique, trop cher, trop français... trop tout pour des Européens, qui se complaisent à s'asseoir sur des strapontins dans des navettes américaines ou russes. Tout au plus, les ministres en charge de l'espace pourraient valider du bout des lèvres la mise en place du "Task Force" chargée de réfléchir à cet OVNI européen. Ce qui manque singulièrement de souffle céleste.