Hélicoptères : vers un rebond du marché en 2015

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Le H160, la nouvelle arme commerciale d'Airbus Helicopters
Le H160, la nouvelle arme commerciale d'Airbus Helicopters (Crédits : Airbus Helicopters/Alain Ernoult)
Depuis trois ans, les temps sont difficiles pour les hélicoptéristes. Mais 2015 pourrait être l'année du rebond... Ce sera l'un des thèmes abordés le 12 juin lors du Paris Air Forum organisé par La Tribune et sur lequel débattront le directeur des opérations à la direction générale de l'armement, Monique Legrand Larroche, et les PDG d'Airbus Helicopters et de Turbomeca, respectivement Guillaume Faury et Olivier Andriès.

Le marché de l'hélicoptère redécolle. La dernière édition en mars du salon HELI-EXPO 2015, considéré comme la grand-messe des hélicoptéristes, a montré un nouvel élan pour cette filière durement touchée par la crise du transport civil depuis trois ans. A HELI-EXPO, les fabricants n'ont pas été avares d'annonces de commandes, à l'exception d'Airbus Helicopters qui profitait pourtant de ce salon pour assommer la concurrence (78 commandes et engagements de commandes en 2014 et 69 en 2013).

En 2015, le constructeur de Marignane, leader du marché civil et parapublic (46 %), a cette fois été beaucoup plus modeste en Floride avec seulement une vingtaine de commandes. Mais Airbus Helicopters, qui a beaucoup tardé à renouveler sa gamme, a profité d'HELI-EXPO pour lancer sa nouvelle arme fatale, le H160, qui va progressivement remplacer la flotte de Dauphin à partir de 2018, pour remettre plein gaz les turbines sur le marché commercial. Il peut s'appuyer également sur son récent H175.

Son rival italien AgustaWestland a quant à lui enregistré une centaine de commandes ou engagement de commandes lors d'HELI-EXPO. Mais c'est Bell, qui a touché le jackpot à Orlando. Le constructeur américain a remporté 227 prises de commandes, dont 220 engagements de commandes. L'opérateur de transport sanitaire américain Air Methods Corporation a signé un protocole d'accord pour l'acquisition de 200 Bell 407GXPs. Une campagne gagnée face à l'Ecureuil d'Airbus Helicopters.

Un marché qui a beaucoup souffert

Le président du GIFAS (Groupement des industries de l'aéronautique et du spatial), Marwan Lahoud, a rappelé début avril que le marché des hélicoptères avait "énormément souffert" de la crise du transport commercial. Une filière qui a beaucoup souffert sur le plan industriel en France entre 2011 et 2013 "avec 20 points de baisse", a souligné de son côté le président du groupe des équipementiers du GIFAS, Emmanuel Viellard. Mais, a-t-il fait observer, "la baisse du marché a déjà été encaissée pour l'ensemble de la supply chain".

La crise serait désormais dans le rétroviseur des constructeurs. Marwan Lahoud avait notamment estimé que le constructeur de Marignane devrait revenir à un book to bill (ratio entre commandes et livraisons) supérieur à 1. Ce qui n'a pas été le cas en 2014, année au cours de laquelle Airbus Helicopters a quelque peu grignoté son carnet de commandes : 471 livraisons, contre 402 prises de commandes. "En 2015, les commandes vont être une priorité, avait reconnu en janvier lors de la présentation des résultats le PDG d'Airbus Helicopters, Guillaume Faury. Nous voulons réaliser plus de commandes que de livraisons en 2015".

Avec un certain succès en dépit d'une relative discrétion à HELI-EXPO. Car Airbus Helicopters a déjà remporté deux compétitions militaires majeures, l'une en Corée du Sud (plus de 300 appareils civils et militaires) et l'autre en Pologne (50 Caracal). Deux pays où il a été sélectionné face à ses rivaux italien (AgustaWestland) et américain (Sikorsky). Il est est également proche d'un accord avec le Mexique pour la vente de 50 H225M assemblés localement. "2015 devrait être une période de stabilisation au sein de notre secteur d'activité", avait souligné le PDG d'Airbus Helicopters Cela sera définitivement le cas si Airbus Helicopters parvient à signer ces deux contrats ainsi que celui au Qatar (22 NH90).

Ce nouvel optimisme a d'ailleurs été confirmé début avril par les propos de Marwan Lahoud sur une reprise du marché commercial. "Fin 2014, nous avons constaté une reprise du marché, notamment dans le civil", a-t-il expliqué. Cela tombe à pic. Car avec le H160 de la classe des 5,5/6 tonnes commercialisé à partir de 2016. "Mais les temps sont encore durs, la filière n'est pas complètement sortie des difficultés", avait également averti Marwan Lahoud. Notamment sur l'un des marchés les plus juteux pour les hélicoptéristes, le marché des plateformes pétrolières et gazières, qui a besoin de très gros appareils.

Le marché oil & gas en panne

Les fabricants d'hélicoptères ne sont donc pas sortis complètement des turbulences en étant  rattrapés depuis la fin de l'année par la baisse du prix du baril du pétrole. Elle pénalise assez durement les compagnies pétrolières, qui réduisent du coup leurs activités dans l'exploration. Et par ricochet, les opérateurs de flottes d'hélicoptères, qui transportent les personnels vers les plateformes off-shore, voient leur volume d'activités baisser. "Il y a une pression sur tout ce qui touche l'off-shore, confirme un industriel du secteur. En particulier sur les prix de l'heure en vol". Pour autant, avec son nouvel hélicoptère H175 (7 tonnes) mis en service fin décembre, Airbus Helicopters, qui détient 25% de parts de marché sur la flotte en service (2.300 appareils environ) sur le marché Oil & Gas, dispose d'un nouvel atout commercial avec le H175, une des appareils les plus économiques de sa gamme.

En dépit de ces nouvelles turbulences, l'étude annuelle de l'américain Honeywell sur le marché civil des hélicoptères, qui fait référence dans le secteur, prévoit une hausse de 10% à 22% des livraisons entre 2015 et 2019. Soit entre 4.750 et 5 .250 appareils, contre 4.300 pour la période 2010-2014. Une prévision toutefois moins optimiste que celle de 2014, qui évaluait entre 4.800 et 5.500 livraisons d'appareils entre 2014 et 2018.

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