... s'appliquer à cet horizon-là qu'aux avions de petite taille, un segment de marché insuffisant pour supprimer les émissions de CO2 du secteur. Michel Wachenheim pousse "les décideurs publics ou privés à une gestion des priorités qui soit plus universelle et orientée vers l’urgence des décisions à prendre". Autrement dit de concentrer les efforts sur le développement des carburants alternatifs. Il préconise par ailleurs une évolution de l'OACI, l'organisation internationale de l'aviation civile, et notamment de la fameuse Convention de Chicago qui régit le secteur.
LA TRIBUNE - Airbus entend lancer un avion à hydrogène d'ici à 2035. Cela est-il possible selon vous et si oui quel type d'avion pourrait voler à l'hydrogène à cet horizon-là ?
MICHEL WACHENHEIM* - Airbus a déjà présenté publiquement ses différents projets et fera certainement d'autres annonces lorsque ses travaux de recherche seront plus avancés. L'Académie de l'Air et de l'Espace a organisé en mars dernier, sous la présidence de Madame Violetta Bulç, ancienne Commissaire européenne aux transports, un colloque dont l'objet était de mettre en évidence les voies et moyens de la décarbonation du transport aérien, sans tabous ni concessions, en donnant la parole à des acteurs extérieurs, à des jeunes et à des points de vue non européens. Bien évidemment, l'innovation technologique tient une large place dans la feuille de route qui mène à la neutralité carbone totale pour l'aviation. Les experts entendus considèrent unanimement que l'utilisation d'hydrogène pour propulser des avions court-courriers n'est pas hors de portée, même si de nombreuses difficultés restent à résoudre. Quelles sont-elles ?