La France et l'Allemagne se disputent le leadership de la défense de l'Europe (2/3)

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La stratégie de l'Allemagne pour dominer l'Europe en matière de défense est cohérente et efficace
La stratégie de l'Allemagne pour dominer l'Europe en matière de défense est cohérente et efficace (Crédits : Reuters)
Europe de la défense ou défense de l'Europe ? Alors que l'Europe de la défense peine à émerger, la défense de l'Europe trace son sillon chez la plupart des pays européens. Et la France s’époumone à tenter de suivre l'Allemagne.

En dépit de l'entente cordiale affichée entre les deux pays, la France et l'Allemagne se livrent à une véritable guerre souterraine pour prendre le leadership de l'Europe de la défense. Si Paris joue à fond cette carte (la mauvaise?), Berlin mise avant tout par tradition, pragmatisme, voire opportunisme, sur l'OTAN et pourquoi pas de temps en temps sur l'Europe de la défense. La ministre de la Défense allemande a été très claire début septembre lors de sa visite à Paris dans le cadre de la 16ème Université d'été de la défense consacrée à l'autonomie stratégique de l'Europe. Tout en félicitant la France de son projet d'Initiative européenne d'intervention (IEI), Ursula von der Leyen avait rappelé qu'une "analyse objective de la situation stratégique conduit également à la conclusion que l'OTAN reste indispensable pour la défense collective et la sécurité de l'Europe". L'Allemagne a pleinement saisi le concept de nation-cadre ("Framework Nation Concept"- FNC) élaboré par l'OTAN à partir de 2012.

Tout est dit. L'Europe de la défense reste l'affaire de l'OTAN, donc indirectement de Washington. Tout comme l'Allemagne, qui n'a pas encore de culture d'autonomie stratégique, de nombreux pays qu'ils soient au sud, au nord ou à l'est de l'Europe, n'ont aucun état d'âme ni de regret à sous-traiter leur sécurité aux Etats-Unis. A l'Europe de la défense, ils préfèrent la défense de l'Europe, via l'OTAN. Résultats, les choix sur des programmes majeurs de souveraineté nationale en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Italie et au Royaume Uni en faveur du F-35 ainsi qu'en Suède, en Pologne et en Roumanie pour le système de défense aérien Patriot sont bien là pour rappeler la triste réalité d'une Europe de la défense marginalisée. Voire méprisée. Ainsi, la Suède est capable en l'espace d'une semaine d'acquérir le Patriot au détriment d'une offre européenne (France et Italie) moins chère, puis de signer une notification conjointe sur la coopération structurée permanente (CSP) en matière de défense de l'Europe. Pour la Suède, c'est le beurre et l'argent du beurre...

Paris relance la coopération franco-allemande

L'Europe de la défense reste donc une chimère poursuivie par la France principalement. Ce qui ne doit pas l'empêcher de continuer à ancrer cette vision chez ses voisins et au-delà mais en restant réaliste, c'est-à-dire en protégeant ses intérêts technologiques, industriels et politiques (dissuasion). Comme le fait d'ailleurs l'Allemagne avec beaucoup de succès. "Par principe autant que par souci d'économies", a estimé le député LREM du Finistère Jean-Charles Larsonneur, la loi de programmation militaire (LPM) prévoit que de nombreux programmes seront conduits en coopération avec certains des partenaires européens de la France, notamment avec l'Allemagne : système de combat aérien futur (SCAF), programme du char du futur, le Main Ground Combat System (MGCS)drone MALE européen, avions de patrouille maritime PATMAR du futur... Avec le Royaume-Uni, la France poursuit le système de lutte anti-mines futur (SLAMF) et le futur programmes de missiles FMAN et FMC (missiles de croisière).

La France, qui tente de profiter de Donald Trump à la tête des Etats-Unis pour faire avancer l'idée d'Europe de la défense, doit absolument profiter de cette double fenêtre pour avancer avec l'Allemagne tout en préservant ses intérêts. En dépit de son tropisme transatlantique, Berlin a donné son accord pour rejoindre Paris sur ces programmes. Par opportunisme ou pragmatisme ? "L'autonomie stratégique ne signifie pas se détourner de quelque chose, mais être libre de se tourner vers quelque chose : vers l'Union européenne de défense, a expliqué Ursula von der Leyen. L'Union européenne de défense constitue le bon choix pour renforcer la capacité d'action de l'Europe". A suivre.

L'Initiative européenne d'intervention de la France

Au vu des résultats peu probants de la France, sa vision de l'Europe de la défense a semble-t-il fait long feu pour contrer l'Allemagne, qui profite à plein du concept de nation-cadre de l'OTAN (FNC). Emmanuel Macron a tenté de casser la dynamique en lançant en septembre 2017 l'Initiative européenne d'intervention. L'IEI vise à favoriser l'émergence d'une culture stratégique européenne et à développer des coopérations opérationnelles pragmatiques, pour faciliter la mise en place d'une réponse coordonnée et rapide aux menaces et défis sécuritaires auxquels l'Europe est confrontée. L'IEI est "un forum indépendant de tout cadre institutionnel, tout en contribuant aux efforts de l'Union Européenne et de l'OTAN visant à renforcer la défense européenne", a expliqué Paris. Entre la défense européenne et l'Europe de la défense, la France a-t-elle déjà capitulé?

La ministre des Armées, Florence Parly, recevra mercredi pour la première fois depuis le lancement de l'IEI le 25 juin 2018, les ministres de la défense et des représentants des États participants. Cette première réunion ministérielle réunira les 9 pays membres - Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, France, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni. Elle sera suivie dès le 9 novembre par les premières discussions militaires de l'IEI, les Military European Strategic Talks (MEST), qui se tiendront entre les États-majors des Armées concernées. Cette initiative tardive lancée par la France pourra-t-elle concurrencer le concept otanien du FNC, véritable cheval de Troie pour l'industrie d'armement allemande? Pas sûr...

L'Allemagne a pris de l'avance

L'Allemagne a déjà pris de l'avance pour fédérer les pays européens de l'OTAN autour d'elle en mutualisant des capacités (logistiques, amphibies, sol-air, navales, etc) et en suscitant des feuilles de route très ciblées : drone, centres de commandement et de contrôle Air (C2), etc... Une stratégie cohérente et efficace qui débouche souvent en Europe sur des ventes de matériels allemands, des partenariats industriels et des développements communs. Une stratégie qui est d'ailleurs vitale pour l'Allemagne qui s'impose des contraintes à l'exportation vers des pays tels que l'Arabie Saoudite, le Qatar.... Cette stratégie porte déjà ses fruits. C'est le cas en Norvège (sous-marins), aux Pays-Bas, en Lituanie et en Slovénie (Boxer) ou encore en Pologne (en gestation). Ainsi, la Brigade d'infanterie mécanisée "Iron Wolf" des forces armées lituaniennes, qui a été équipées de Boxer, a rejoint une division de l'armée allemande.

"Les États partenaires de l'Allemagne ont souscrit l'engagement de porter au standard le plus élevé leurs capacités des chars de combat, ce qui constitue une « formidable opportunité pour KMW », a démontré Jean-Charles Larsonneur dans son rapport sur l'Equipement des forces et de la dissuasion. Cette opportunité est par nature d'autant plus grande que l'intégration des capacités militaires concernées est poussée ; or l'armée de terre néerlandaise ne pourrait désormais plus être déployée sans la Bundeswehr, tant leur intégration capacitaire est profonde. L'Allemagne, dans ce schéma, tient un rôle d'intégrateur des capacités européennes.

Dans ce contexte peu favorable pour la France, très souvent inexistante en matière d'exportations en Europe à l'exception du contrat de blindés en Belgique, le lancement en novembre 2017 d'une Coopération Structurée Permanente (CSP) pourrait être l'occasion d'un rééquilibrage des positionnements entre la France et l'Allemagne en Europe. Ce cadre permanent de coopération en matière de défense permettra aux États membres qui le souhaitent et qui le peuvent de développer conjointement des capacités de défense, d'investir dans des projets communs ou de renforcer l'état de préparation opérationnelle et la contribution de leurs forces armées. A la France de convaincre...

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a écrit le 08/11/2018 à 6:50 :
La France dois prendre le liederschip des idée , et etre la nation cadre de la future defense europeenne , car l'Allemagne aura ils est certain la supériorité économique et financiere de cette defence commune , elle a des moyen que nous n'aurons pas...
Mais pour être fiable et viable cette défense commune ne dois pas etre une deuxième grande Allemagne , n'y un grand empire français...
a écrit le 07/11/2018 à 11:34 :
Nécessité "d'une culture stratégique européenne", c’est peu de le dire.
Dans tous les domaines, d'autant dans ce secteur, où chaque pays semble parfois choisir comme dans un catalogue de vente en ligne. Au risque de devenir entièrement dépendant d’aléas politiques étrangers.
L’OTAN et l’ONU sont utiles, l’un pouvant compléter l’autre, lu au hasard du web : https://www.persee.fr/doc/afdi_0066-3085_1994_num_40_1_3187
Cela rappelle que l’OTAN n’est pas le simple vestige de la 2e guerre mondiale ou de la guerre froide (https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/defense-et-securite/la-france-et-l-otan/) mais qu’il contribue au maintien de la paix et intervient dans de nombreux domaines, contre le terrorisme, les conflits nationalistes, les armes de destruction massive,. Un sur-armement ne résoudra pas le problème, c’est, ou ce devrait être du simple bon sens, de la prévention et de la coordination.
Le dénominateur commun de l‘UE devrait prioritairement être au développement de moyens de défense, car on n’arrivera jamais à mettre en symbiose les options géostratégiques et stopper les velléités des uns et des autres.
Tout comme dans l’énergie, la moins chère est celle que l’on ne consomme pas, dans les conflits les moins coûteux sont ceux que l’on évite. Rien ne remplacera un bon diplomate et ils coûtent beaucoup beaucoup moins cher.

De toute manière l’avenir est à une course technologique extrêmement coûteuse et il faudra un jour sortir de l’absurdité de vendre des armes pour renflouer les caisses ou pour financer l’on ne sait quoi. Pire, si ce sont des ennemis potentiels, ou des pays instables. Cela devrait inciter à des partenariats entre pays de l’UE pour développer un concept de sécurité collective. A des collaborations et non à de la concurrence.
a écrit le 06/11/2018 à 22:07 :
C'est un gros footage de gueule. Les allemands veulent la maitrise de l'Europe de la défense dans l'unique but de s'imposer industriellement et économiquement. Le jour où il faut agir, par contre, en Europe, il ne reste plus grand monde à part la France. Si les anglais et les allemands aident avec des avions ou hélicos de transport. Mais au combat, on ne voit plus grand monde... L'argent pour l'Allemagne. La sueur et le sang pour les autres...
a écrit le 06/11/2018 à 20:12 :
En matière de défense ce n'est pas parce que l'Allemagne vend des canons qu'elle est en état de diriger la défense européenne et les armées françaises.

L'allemagne n'est pas capable d'aligner plus de 40 chasseurs en état de voler contre 200 appareils pour la France.

40% des soldats allemands n'ont même pas la dotation réglementaire en arme de poing. Il manque 30% des mitrailleuses sur les véhicules. Sur les 600 blindés allemands de transport de troupe, 250 sont incapables de rouler. La France peut en aligner 2600.

Etc etc... ce n'est pas mieux pour les hélicoptères ou la marine.

L'austérité a fait des ravages sur la Bundeswehr.

En 2015 après des manœuvres OTAN humiliantes pour la Bundeswehr, la ministre des armées allemande a du reconnaître publiquement que l'Allemagne n'était pas en mesure d'assurer ses engagements vis à vis de l'Otan (ce qui crédibilise en partie les propos de Trump sur le financement du dispositif).

D'autre part, cela fait 70 ans que les soldats allemands ne se sont plus battus et 20 ans qu'ils ne se sentent même plus menacés, ce qui n'aide pas à garder une armée motivée et entraînée.

L'armée française, bien que pas à la fête budgétairement parlant, est incomparablement plus forte grâce aux opérations extérieures qui ont servi de champs de manœuvres à tir réel pour nos troupes.
a écrit le 06/11/2018 à 17:48 :
Oui mais l'armée Allemande ne vaut rien du tout et tout ce cirque ne sert qu'à résister à une éventuelle attaque russe qui ne se produira jamais.
Alors au lieu de pleurnicher, la France doit quitter l'OTAN qui ne sert que les intérêts américains. Et quand la France quittera l'OTAN, de nombreux pays seront ravis d'acheter des armes à un pays non-aligné sur les USA.
Réponse de le 06/11/2018 à 19:00 :
Il ne vous reste plus q u' à reconnaitre la subordination de l' UE aux states comme nous le démontrons quotidiennement à l' UPR et vous aurez alors bouclé la boucle .

Reste tout de même un petit point fort intéressant à nous documenter ce qui doit être élémentaire pour l' européiste convaincu tel que vous vous définissez, comment allez vous faire sortir la France de l' Otan ?
La France -via son président- ayant en sont temps approuvé la politique de défense européenne et de fait l' article 42 du traité ou TFUE, qui la couche précisément sous la tutelle de l' Otan ..?

Comment sort-on de ce traité ..? Je vous attends avec gourmandise.
a écrit le 06/11/2018 à 16:49 :
Qui possède l'arme atomique en Europe ? le simple fait de posséder ce genre d'engin suffit à dissuader d'éventuels agresseurs.
Qui attaquerait Monaco, si cet état d'opérette possédait l'arme atomique ?
a écrit le 06/11/2018 à 16:46 :
La défense des pays européens est prise très au sérieux : c'est rassurant pour les 28 peuples aux 20 langages différents qui composent l'Europe. Un langage militaire commun paraît nécessaire pour que cette défense soit crédible. L'expérience de l'OTAN, qui a 70 ans, ne saurait être négligée. La prétention actuelle de la France peut-elle convaincre?
a écrit le 06/11/2018 à 16:39 :
A lire les commentaires il faut pas se poser de question: Les Français ne savent que critiquer...... La France !
voila tout est dit sur l'état de notre pays
a écrit le 06/11/2018 à 16:28 :
comme l'a aussi démontré le journaliste économique JM Quatrepoint, Macron et Le Maire accélèrent par des concessions aux allemands la désindustrialisation de la France (Alstom) et ne jurent que par les start-ups (vendues par leurs fondateurs à des fonds d'investissement étrangers dès leurs premiers succès). Cet article contribue à faire tomber le masque de hauts fonctionnaires qui ne comprennent rien à l'industrie et ruinent ce qui en reste par des impôts et taxes à tout va. Quand les français se réveilleront-ils ?
a écrit le 06/11/2018 à 14:24 :
Ce défendre contre quoi? contre qui? La prochaine guerre globalisée, en espérant qu'elle n'est jamais lieu, serait de toute façon si destructrice selon les spécialistes en stratégie, que l'humanité et une partie de la biosphère seraient en une fraction de seconde irrémédiablement annihilées. Alors consacrons plutôt l'argent publique et le génie humain à imaginer et concevoir un monde sans arme pour les générations futures. Ce serait là une vision extraordinairement humaniste de cette Europe qui en a tant besoin.
Cette posture belliqueuse et arriérée d'une partie de nos semblables, car les peuples n'aspirent qu'à la paix, symbolisée par une industrie de l'armement sans états d'âme et des querelles d’ego sur le modèle de stratégie de défense à retenir relèvent d'un autre âge. Bien triste époque qu'on pensait révolue. "Pour préserver la paix prépare la guerre"...foutaise...
Réponse de le 06/11/2018 à 15:04 :
sans être un va en guerre, le vieil adage " si tu veux la paix prépare la guerre" d' y il a 2000 ans , a tout son sens aujourd' hui:
les européens oublient qu ' ils vivent dans une bulle, sont minoritaires, qu 'ils sont entourés de régime politique qui ne rêvent que de détruire ce que peut représenter l' Europe ( liberté d' action , droit d' expression de toutes les populations quelque soit leur sexe, couleur, orientation politique, sociale et sexuelle).
L' augmentation de la démographie terrestre et son corollaire de réchauffement climatique va accroitre la raréfaction des denrées et accès à l' eau etc...c'e st une réalité dont on serait irresponsable tant pour nous que pour nos enfants d' ignorer par égoisme court termiste...les années 70 c' est fini et le rempli sur soi c' est exactement ce que cherche à provoquer les démocratures qui détestent les démocraties..n' en déplaise à certains la compétition a déjà débuté: n'oublions pas que la guerre en syrie a débuté à la suite du différend turco-syrien par la construction de barrages en amont (turquie) et donc la confiscation de l' eau nécessaire aux cultures en aval...(syrie) à réfléchir
a écrit le 06/11/2018 à 13:28 :
La France a été désarmée par Mitterrand le "clairvoyant [extralucide]" qui en déshabillant les avions au Bourget en juin 1981 a vu 80 milliards de francs d'annulations de commandes ainsi que les années suivantes, sans compter le démantèlement de Creusot-Loire et de sa myriade de sous-traitants (l'ensemble du secteur armement a été profondément touché, le chômage n'a pas tellement augmenté mais en revanche les effectifs des ponx (fonctionnaires ponctionneurs) si !, variable d'ajustement s'il en est ... )
Aujourd'hui il serait temps de cesser de montrer un certain orgueil vis à vis de nos partenaires et allemands en particulier.
Réponse de le 06/11/2018 à 14:46 :
Et que dire de la cession du sytème Arabelle coeur du nucléaire français qui désarme la France au profit des américains via le don d' Alstom opéré par Macron ...?
http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/01/05/31007-20150105ARTFIG00339-vente-d-alstom-les-dessous-des-cartes-par-jean-michel-quatrepoint.php
Aucun président français n' avait osé aller jusque là. Comment de Gaulle qualifierait-il aujourd 'hui un tel acte ?
a écrit le 06/11/2018 à 12:12 :
Comme sur le sujet Brexit dont rappelons le, Obama ne voulait pas entendre parler de référendum, d' aucuns vous diront que l' UE a été créée pour faire contrepoids aux usa alors qu' elle confirme son rôle de vassal à peu près chaque jour et sur tous les sujets...

L’ UE et OTAN sont les 2 faces – politique et militaire – de la même médaille : celle de l’asservissement des pays d’Europe à l’hégémonie américaine.
Cette nouvelle vidéo de l’UPR vous permet de visualiser, en 3 petites minutes chrono – le grignotage méthodique, décennie après décennie, de l’ensemble des pays du continent européen par l’hégémonie américaine.

Ce grignotage géopolitique a avancé masqué :
– sous couvert de « défense contre la menace soviétique » (OTAN) pour la mise sous tutelle militaire ;
– et sous couvert de prétendue « construction européenne assurant la paix » (UE) pour la mise sous tutelle politique.

En France spécifiquement, les relais d’influence américains ont eu le machiavélisme de présenter cette « construction européenne » comme destinée à « faire contrepoids aux États-Unis ». Ce mensonge éhonté – qui n’a pas du tout été propagé dans les autres pays européens – était destiné à endormir la méfiance et la volonté d’indépendance bien connues des Français, notamment pendant la période gaulliste et post-gaulliste. Depuis l’accession de Nicolas Sarkozy, cette fable n’existe plus et l’UE apparaît pour ce qu’elle est : une colonisation rampante américaine.
https://www.upr.fr/videotheque-upr/lunion-europeenne-lotan-revers-dune-meme-medaille/
Le grignotage hégémonique américain des pays d’Europe se poursuit désormais sous couvert de « défense contre la menace russe » et de « défense contre la menace djihadiste »...
Réponse de le 06/11/2018 à 14:52 :
vos propos frisent le flirt sino-russe, je m ' interroge pour qui vous " roulez"...
Réponse de le 06/11/2018 à 17:51 :
Je suis pro-UE et pourtant je reconnais que Gédéon a raison sur un point: l'UE sert les intérêts US sur les questions militaires.
Réponse de le 07/11/2018 à 8:08 :
@brehat
Il ne vous viens pas à l'esprit que l'on peut simplement rouler pour la France, pas comme Macron. Retirez vos lunettes en peau de saucisson et lisez mieux. Tout ce qui est dit par Gédéon est vérifiable, il suffit de faire un petit effort de recherche.
Réponse de le 07/11/2018 à 14:48 :
... et ensuite?
C'est sûr que des problèmes existent mais peut -on faire mieux?
si on sort de l'Euro, vous croyez que les francs vont pleuvoir?
si on sort de l'OTAN, les alliés vont abonder?
Va t-on quitter l'OTAN pour être sous influence chinoise?
Si on sort de l'UE, on négocie direct avec Chine, Russie, USA? Avec quel rapport de force par rapport à l'UE?

Facile de relever les inconvénients, mais comment faire mieux face à Chine, USA, avec notre rapport de force économique?
a écrit le 06/11/2018 à 11:57 :
c'est toujours le plus fort qui gagne !
a écrit le 06/11/2018 à 11:56 :
Alliance franco allemande ?
Uniquement dans les discours et pour les naïfs ...
La stricte compétition économique prime sur tous les sujets !
L’époque de vrai partenariat ( 1960 - 2005 ) est morte depuis longtemps . Dommage ...
Français et Anglais ont beaucoup plus de points forts et d’intérêts militaires convergents à développer en commun.
a écrit le 06/11/2018 à 11:49 :
En voulant en faire trop on le fait mal, c'est ce que l'on constate dans l'empire administratif bruxellois et son armée de clown qui se recherche un ennemie pour pouvoir se construire!
a écrit le 06/11/2018 à 11:24 :
Conclusion = on peut être une femme Ursula von der Leyen et être compétente et une autre, énarque, affairiste, surpayée et peu efficace mais lèche-bottes.
a écrit le 06/11/2018 à 10:43 :
La cause, c'est une France qui courre deux lièvres:
-son influence mondiale au travers de sa zee et ses ex colonies (axe indo pacifique , Centrafrique, Mali, Liban,...)
-l'influence européenne
L'Allemagne, elle, se concentre sur l'Europe.
.
Elle joue son point fort: les réseaux économiques et nous l'influence politique.
.
A la fin, elle est plus riche donc elle gagnera pacifiquement.
.
Nous, on ne peut gagner que militairement.
On n'a qu'à annexer demain la Bavière par ultimatum nucléaire ;)
Réponse de le 06/11/2018 à 11:28 :
Depuis 1870, "on" gagne surtout par nos alliés. Seuls, Verdun, Maginot, Indochine, Algérie, Suez, Yougoslavie, Afrique, attentats, on prend plutôt des roustes même avec le soldat Le Pen père.
a écrit le 06/11/2018 à 10:32 :
L'exemple d'Airbus devrait faire réfléchir les dirigeants de notre pays. L'Allemagne est monté dans l'avion en vol et en a saisi les commandes avec la bénédiction des élus Français de l'époque. Une trahison de plus, comme en 40, diront certains non sans raison. Tant que la France sera si mal gérée par des élus plus soucieux de leur réélection et du retour sur investissement de leurs sponsors, elle devra baisser la tête devant l'Allemagne et mettre en gage ses bijoux de famille. Le fameux couple "Franco-Allemand" dont la propagande nous rabat les oreilles est une fable "franco-française" destinée à faire croire que nous sommes partenaires alors qu'en réalité, nous sommes des vassaux. Remarquez que la "relation privilégiée" Macron-Trump est de la même veine.
a écrit le 06/11/2018 à 9:50 :
Les européens se sont fait peur avec Trump, mais constatent aujourd’hui que ses propos ne valent rien, alors les européens se disent maintenant qu’ils peuvent continuer business as usual.
a écrit le 06/11/2018 à 9:47 :
Les allemands avancent bien leurs pions parce que leur projet politique sur ce sujet est bien plus en phase avec celui des autres pays européens : Jouer sur tous les tableaux pour ne pas trop payer pour leur défense, et ne pas risquer la vie de leurs soldats.

Tant que cette mentalité ne changera pas, la défense européenne n’avancera pas.
a écrit le 06/11/2018 à 9:20 :
Une nouvelle preuve s' il en est besoin que l' UE mange dans la main de son maitre qui chapeaute la construction de l' Europe de la défense -et de l' Europe tout court-et exerce via l' otan sa vison géopolitique globale qui a comme caractéristique de n' être JAMAIS discutée par les pays concernés.
Une excellente analyse avait été opérée dans l' été par F Asselineau président de l' Upr et ancien responsable à l' Intelligence Economique lors de la venue de John Mattis en Europe.
Washington vient de siffler la fin de la récréation. L’ incantation théâtrale n’aura pas duré 5 mois.
En ce 15 février 2018, Washington a sifflé la fin de la récréation en demandant au jeune Macron de cesser de faire du chahut.
À l’issue d’une réunion de travail au siège de l’Alliance atlantique à Bruxelles avec les représentants des États-membres de l’UE, le secrétaire à la Défense américain Jim Mattis vient en effet de tenir une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré : « Il y a un accord clair pour inclure dans le document de l’UE que la défense commune est une mission pour l’Otan, et pour l’Otan seule. »
Clair, net et impérial.
Katie Wheelbarger, chargée de la sécurité internationale au ministère américain de la Défense, avait d’ailleurs pris les devants en mettant en garde tout le monde – et surtout Macron – avant l’arrivée de Mattis à Bruxelles : « L’initiative européenne ne doit pas enlever des activités et des moyens à l’Otan ».
Point.
Réponse de le 06/11/2018 à 12:29 :
L'IEI peut très bien se créer sans enlever des moyens à l' Otan. Vu le PIB de l'UE, on peut créer une coalition militaire crédible alternative en 5 ans et c'est ce qui fait peur aux USA: comment l'empêcher ?

Les allemands tiennent tout le monde par les bonbons. Ils sont la clé pour l'IEI et l'OTAN.
Réponse de le 06/11/2018 à 14:39 :
L' UE ne s' entend sur rien puisque elle est la composante d 'intérêts divergents et se trouve par volonté d' abandon et de vassalisation depuis des décennies dans les mains du papa américain et ne songe absolument pas à s' en découpler.
FREXIT, Upr, vite ..
a écrit le 06/11/2018 à 9:12 :
Je ne pense pas que bcp de pays européens accepteraient de voir leur défense passer sous la coupe d'une Europe de la défense dirigée par la France
Arrogante et prétentieuse

Sachez que L'ambassadrice française à Bruxelles avait menacé la Belgique si elle n'achetait pas le rafale
Je dis bien,arrogance et prétention
Réponse de le 06/11/2018 à 10:07 :
Ce que vous appelez une menace n'est qu'une remarque sur un état de fait. La Belgique aura du mal à assumer financièrement et à justifier sa participation au programme SCAF si elle choisit le F35 étant donné que le ce programme vise à remplacer les avions français et allemands d'ici 2030-2040, or le F35 sera à mi-vie même pas...

Si vous appelez cela une menace, que vous en concluez ensuite que les français sont arrogants et prétentieux, et bien j'ai tendance à penser que vous ne faites preuve que de préjugés et que pour vous les amalgames vous permettent d'éviter de trop réfléchir. C'est vrai que c'est une facilité.
a écrit le 06/11/2018 à 9:12 :
Les Français comptent sur la politique pour faire du business à l'étranger.
Les Allemands sur leur business pour faire de la politique à l'extérieur.
Visiblement la stratégie allemande est bien plus efficace!
a écrit le 06/11/2018 à 9:07 :
Les Allemands réfléchissent et agissent pendant nous, on cause.
a écrit le 06/11/2018 à 9:06 :
La France n’est pas fiable du point de vue technologique et peu crédible politiquement, Son president fait le maximum pour se disputée avec l’ensemble de l’Europe dans la matiére, donc pour la France armement et défense c'est foutu, trop petit et pas serieux
a écrit le 06/11/2018 à 9:04 :
la France dépense 2,3% PIB pour la Défense contre 1,2% en Allemagne et beaucoup d'autres pays européens (SIPRI). 1,8% au UK.
les forces armées allemandes sont dans état dramatique ("German armed forces in 'dramatically bad' shape, report finds", Financial Times, 20/02/2018). pas vraiment mieux au UK.
l'effectif militaire allemand est passé de 235 000 en 2010 à 180 000 aujourd'hui (OTAN, 03/2018 & 07/2018). 234 000 à 208 000 en France. 198 000 à 137 000 au UK.
et c'est l'Allemagne qui récolterait les bénéfices industriels de l'intégration ?!?
a écrit le 06/11/2018 à 8:53 :
Enfin, certains disent clairement ce qu’ils pensent. Jusqu’à il y a peu de temps, ce type d’articles étaient réservé à la presse spécialisée. On a parfois l’impression que l’on a affaire à des fous. On laisse les allemands nous vendre des fusils d’assaut et des chars avec en contrepartie quoi exactement? Un Scaf pour lequel nous devrions donner nos connaissances technologiques en contrepartie des moyens financiers allemands et un partenaire qui étend sa toile seul de son côté. Bref, une affaire à un coup: une fois que l’on aura donné nos compétences, il ne nous restera rien. Ne serait-il pas temps que l’on discute de ces sujets sur la place publique? Tout cela ne merite-t’il pas un débat public? Le SCAF, le remplacement des fusils d’assaut et les blindés sont des sujets où les solutions ont été sorties du chapeau, sans aucun débat, alors que ces sujets engagent l’avenir du pays. C’est assez pénible. A dire vrai, il y a longtemps que les importations allemandes devraient être « taxées ». Et plutôt que de donner l’impression de s’accrocher au bananier, nous devrions réfléchir avec ceux qui partagent nos préoccupations: Espagne, Italie, UK, Grèce, Portugal, Belgique francophone.
Réponse de le 06/11/2018 à 9:27 :
Pour discuter encore faudrait-il que le monde politique que nous traversons et qui fait nos lois, c' est-à-dire que cette entité supra nationale qu' est l' UE ne vous en ait pas retiré les moyens ...
a écrit le 06/11/2018 à 8:47 :
De toutes façons, la voie est tracée.
On n'a aucune autre option que mutualiser nos moignons de ressources de défense en une seule organisation qui sera enfin crédible, et et nous débarrassera des US qui ne veulent que notre bien ;-)
A coté de cela, on a tous un autre problème commun a mettre en ordre, l'énergie, parce qu'on n'en a pas pas bezef chez nous, a part encore un peu de charbon...
Donc il faut quasiment revenir aux bases historiques de l'Europe du Charbon et de l'Acier, en mettant sur pieds une Europe de l’Énergie et de la Défense.
Tout dépend exclusivement de ces deux fondamentaux : quand on a de l'énergie a gogo, tout fonctionne, quand on a une défense respectée, on à la paix chez nous.
Le reste, c'est du verbiage administratif...
a écrit le 06/11/2018 à 8:10 :
Macron rêve éveillé. L’Europe de La Défense ne sera jamais dirigée par la France. Autant laisser ça à d’autres sachant qu’en fait nos besoins ne sont pas les mêmes que ceux des autres. Au cas improbable d’une crise à l’Est, ça s’arretera à notre frontière puissance nucléaire oblige. Bref qu’ils se demerdent entre eux et occupons nous de notre espace maritime. Le contrat avec l’Australie tout comme celui avec l’Inde sont de bons débuts.
Réponse de le 06/11/2018 à 8:22 :
Vous avez raison, la marine devrait être notre priorité et nous devrions méditer l'exemple britannique qui lors de la guerre des malouines avait eu toute les peines du monde à projeter un corps expéditionnaire a des milliers de kilomètres.

Le débat existe sur l'inutilité de porte avions qui pourrait être remplacé par des accords avec des pays pour y prépositionner nos forces aériennes. C'est oublier que le porte-avions il va ou il veut et il fait décoller ces avions quand il veux sans demander d'accord à qui que ce soit.
Réponse de le 06/11/2018 à 8:44 :
Ou bien cela s’arrêtera à la frontière allemande, car les armes nucléaires us de dissuasion y sont stockées.
Bref l'Europe préfère faire confiance à l'Allemagne qui a très peu de capacités opérationnelles, une armée peu expérimentée et les 2/3 de son matériel en état de panne. Cela me semble paradoxal ... .
Réponse de le 06/11/2018 à 10:26 :
Le problème des portes avions est qu'ils coutent plusieurs milliards et peuvent se faire couler par une torpille, un missile ou une bombe à moins de 2 millions...

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