La France lance la future génération de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE 3G)

Le programme de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de troisième génération (SNLE 3G) a pour objectif de remplacer à partir de la prochaine décennie les quatre SNLE 2G actuellement en service.
Michel Cabirol

4 mn

Les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de deuxième génération (SNLE 2G) seront remplacés à partir de 2035 par une nouvelle génération de SNLE
Les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de deuxième génération (SNLE 2G) seront remplacés à partir de 2035 par une nouvelle génération de SNLE (Crédits : Naval Group)

C'est le top départ pour un programme de souveraineté nationale qui va s'étaler jusqu'en 2080, voire 2090. La ministre des Armées Florence Parly a notifié jeudi à Naval Group et TechnicAtome le contrat de réalisation de la future génération de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE 3G) initialement prévu en 2020 vraisemblablement pour un montant de l'ordre de 5 milliards d'euros sur la période 2021-2025. Naval Group assure la maîtrise d'oeuvre d'ensemble de la fabrication des SNLE 3G tandis que TechnicAtome est maître d'oeuvre de la chaufferie nucléaire en co-traitance avec le groupe naval.

C'est donc une étape importante à la suite de la phase d'élaboration conduite par la direction générale de l'armement (DGA) et qui avait été lancée en 2016. Ce marché couvre les études de développement, la réalisation des premiers éléments de la coque - première découpe en 2023 - et de la chaufferie du premier SNLE 3G.

"Le SNLE de troisième génération sera légèrement plus long et plus lourd qu'un SNLE type «Le Triomphant», il entendra mieux et se défendra mieux, tout en étant plus silencieux : il ne sera pas plus bruyant qu'un banc de crevettes, ce qui est absolument exceptionnel. Il pourra se fondre à la perfection dans les sons ambiants des fonds marins, ce qui est un gage de supériorité opérationnelle", a expliqué la ministre des Armées Florence Parly dans son discours pour le lancement de la réalisation du programme de SNLE 3G au centre d'expertise et d'essais de la DGA Techniques hydrodynamiques de Val-de-Reuil.

Premier SNLE 3G livré en 2035

Les quatre SNLE 3G visent à remplacer les quatre SNLE de type Le Triomphant  à partir de 2035, année de la livraison du premier exemplaire à la Marine nationale. Cette opération s'effectuera en assurant la continuité de la posture de la composante océanique de la dissuasion (quatre SNLE, dont au minimum un en patrouille en permanence). Trois autres sous-marins seront ensuite livrés à raison d'un bâtiment tous les cinq ans. Ce nouveau sous-marin sera notamment conçu pour pouvoir embarquer les incréments futurs du missile M51 et répondre à l'évolution à venir de la menace, en particulier en matière d'invulnérabilité (discrétion et furtivité). Un missile qui accompagnera donc les SNLE 3G jusqu'en 2080/2090, période pendant laquelle ils seront désarmés.

Plus de 200 entreprises de la base industrielle et technologique de défense implantées sur l'ensemble du territoire français seront directement mobilisées par Naval Group pour assurer des prestations de conception ou de construction d'équipements et systèmes. Au final, ce programme équivaut sur les trente prochaines années à cent millions d'heures de travail, dont quinze millions d'heures de conception et plus de quatre-vingts millions d'heures de construction.

Accord-cadre avec Thales

Dans le cadre du programme SNLE 3G, la DGA a également signé un accord-cadre avec Thales portant sur le développement de la suite sonar complète incluant une large diversité d'antennes et les traitements associés. Le groupe va développer une nouvelle suite sonar en rupture technologique avec les systèmes actuels grâce à "la mise en œuvre d'algorithmes de traitements de données massives (big data) et d'intelligence artificielle", estime Thales dans un communiqué. Le déploiement incrémental de cette nouvelle suite sonar se fera en plusieurs étapes avec la mise en place de briques technologiques et des premières versions du système ALICIA (Analyse, Localisation, Identification, Classification Intégrées et Alertes) sur les SNLE 2G dès 2025, puis à partir de 2035 sur les SNLE 3G.

Thales fournira les antennes de flanc et d'étrave de nouvelle génération, une antenne linéaire remorquée à technologie optique (ALRO) et l'ensemble des autres équipements composant la suite sonar (interception, sondeurs, téléphones sous-marins). La taille des antennes et les bandes de fréquences adressées, offriront des capacités et des précisions de détection 3D (azimut, élévation, distance) inégalées. Le système de traitement des informations et de détection ALICIA fort d'une interface homme machine conçue autour de principes ergonomiques adaptés à la diversité et au volume des informations disponibles permettra d'optimiser le travail des opérateurs et de les orienter dans la prise de décision.

Michel Cabirol

4 mn

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Commentaires 18
à écrit le 05/10/2021 à 21:43
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Premiere livraison en 2035. Autrement dit, les techno employées actuellement seront obsolètes de 15 ans déjà a sa sortie. A quoi ça rime ? Engraisser toujours les mêmes étatiques et la même boutique pour justifier des budget toujours plus collossa...

à écrit le 21/02/2021 à 23:23
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Maintenant il faut encore quelqu'un qui paye, car la France est ruiné et n'a pas les moyens.

à écrit le 20/02/2021 à 13:33
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Ah bien plus qu'a espérer que la prochaine guerre ce déroule pas quand il fera une de ces visite préventive des 6 mois qui durera 2 ans comme notre unique porte avion...

le 20/02/2021 à 16:12
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Exacte , mais bon , la guerre dè demain ne sera pas nucléaire , Çar quel est l'intérêt de détruire une nation à conquérir ... Îls faut bien comprendre que certain recherche la victoire sans combattre ... Et én ças dè guerre conventionnel , ils sont...

à écrit le 19/02/2021 à 18:15
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Australie : connait bien le dossier

à écrit le 19/02/2021 à 16:56
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Vous voulez dire d'Enghien ? Des sous marins lanceurs d'Enghien les bains? Non par ce que sinon lanceurs d'engin c'est quand même bizarre comme terme. Des engins de chantier ? Des engins d'occasion j'espère !

le 20/02/2021 à 10:11
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Humour, recalé même pour postuler à TPMP

à écrit le 19/02/2021 à 16:35
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Voilà qui nous change des nouvelles concernant les EPR. Il n'y a pas que la France qui s'intéresse aux petits réacteurs nucléaires. En dehors des trés grandes nations, les britanniques aussi vont développer leurs SMR comme le rapporte l'usine nouvell...

à écrit le 19/02/2021 à 14:58
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Un trébuchet au fond de l'eau ? Un passe temps comme un autre... Va falloir me changer le vecteur balistique, trajectoire très prévisible donc interceptable. Les satellites surveillent en permanence toute anomalie infrarouge et ainsi détectent to...

le 20/02/2021 à 10:20
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Quelle maitrise du sujet. Vous devriez présenter votre CV à la DGA pour qu'elle s'appuie sur votre expertise pour la prochaine évolution des M51.

le 20/02/2021 à 12:20
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"on est neutralisé à un fric fou !" Traduction? Le but des satellites dits d'alerte n'est pas de permettre la neutralisation des missiles tirés (leurs têtes plus exactement) mais de déterminer la nation qui a tiré. Malgré les diverses 'pubs' on ne...

le 20/02/2021 à 13:47
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T'as raison Raymond ! Un départ missile détecté depuis la mer et tout de suite on sait quelle nation a tiré, ridicule !

le 20/02/2021 à 17:11
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Ça fait belle lurette que les ogives TNO qui équipent nos missiles M51 MIRVés ont des capacités de manoeuvres évasives aléatoires, précisément de manière à rendre leur trajectoire terminale difficilement prédictible et donc très difficilement interce...

le 20/02/2021 à 23:44
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Personne ne vous a dit que ce qui comptait uniquement était le point de départ géographique. Il y a quelques détails comme la signature spectrale du propulseur qui donnent quelques indications....évidemment, vu d'un trébuchet....c'est un peu difficil...

le 21/02/2021 à 12:49
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Tout est dans le terminal ! Les interceptions se font bien avant évidemment!

à écrit le 19/02/2021 à 13:56
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Mais, ils en ont encore des milliards d'euros, après tout ce qu' a distribué Bruno Le Maire!

à écrit le 19/02/2021 à 10:40
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Au moins, ils vont échapper à la mode de l'hydrogène...

à écrit le 19/02/2021 à 10:27
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Faire du "cocorico" quand le coq est enfermé dans un poulailler entouré seulement de coq, ne présage pas un futur agréable!

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