Le Bundestag approuve le financement de l'Eurodrone (drone Male européen)

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Le choix du motoriste par Airbus Defence & Space est attendu en juin ou juillet.
Le choix du motoriste par Airbus Defence & Space est attendu en juin ou juillet. (Crédits : Airbus)
Après la validation du Bundestag, le ministère de la Défense allemand va pouvoir commander 21 véhicules, 12 stations-sol et quatre simulateurs ainsi que la formation des opérateurs et des mécaniciens et cinq ans de MCO (Maintien en condition opérationnelle) pour un montant de 700 millions d'euros.

Sous leadership allemand, le programme Eurodrone ou MALE RPAS (3,1 milliards d'euros) a été approuvé mercredi sans difficulté par le Bundestag. Le ministère de la Défense allemand va pouvoir commander 21 véhicules, 12 stations-sol et quatre simulateurs ainsi que la formation des opérateurs et des mécaniciens et cinq ans de MCO (Maintien en condition opérationnelle) pour un montant de 700 millions d'euros. Trois autres pays doivent également approuver ce programme : France, Italie et Espagne, dont le Parlement pourrait valider ce programme en mai.

A terme, l'Eurodrone remplacera les solutions de leasing fournies par Israël avec le Heron TP (5 drones basés à Tel-Aviv sur la base aérienne de Tel Nof et loués, dont 3 pouvant être armés, sur une durée de 9 ans), dont le contrat se termine en 2029. Le montant de ce contrat s'élève à 718 millions d'euros (dont 598 millions de dollars pour le groupe israélien IAI) ainsi que 178 millions d'euros de MCO et de formation en Israël de 85 militaires allemands. Les opérateurs allemands sont également formés sur l'armement. Si le contrat Eurodrone est conclu au deuxième trimestre 2021, le calendrier prévoit la livraison des premiers systèmes en 2029. Les livraisons devraient être terminées en 2034. Selon ce plan, il est prévu d'atteindre l'état de préparation opérationnelle initiale en 2030.

Drones armés ?

L'Allemagne n'envisage actuellement pas d'armer l'Eurodrone, a communiqué le ministère de la Défense allemand. Cette décision fera l'objet d'une discussion distincte avec le Bundestag. La ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer n'exclut pas pour sa part d'armer les drones allemands. "Ma position à ce sujet est bien connue : je suis favorable à ce que les drones puissent et soient armés pour protéger nos propres soldats", avait-elle estimé en début d'année lors d'une déclaration à la télévision allemande. Le programme Eurodrone inclut la préparation technique d'une capacité d'armement, a répondu le gouvernement fédéral aux quettions de parlementaires. Il a également précisé que qu'il n'y avait "actuellement aucune demande spécifique d'exportation ni aucun projet qui en résulte pour l'Eurodrone".

Dans le projet MALE RPAS, le gouvernement fédéral s'efforce d'utiliser "en priorité des composants européens pour renforcer la souveraineté européenne et la base technologique, industrielle et économique". Safran propose en partenariat avec des groupes européens une solution de motorisation 100% européenne tandis que le groupe italien Avio offre une solution européanisée à partir d'un moteur américain développé par General Electric. Le choix du motoriste par Airbus Defence & Space est attendu en juin ou juillet. Cependant, explique le gouvernement fédéral, "l'utilisation de composants d'autres origines n'est pas fondamentalement exclue".

"Il est nécessaire d'éviter en grande partie la dépendance vis-à-vis du contrôle des armements d'autres pays non européens afin de se libérer de dépendances unilatérales en termes d' achat, d'utilisation et de développement ultérieur", a recommandé le gouvernement fédéral allemand.

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a écrit le 16/04/2021 à 18:42 :
Bon, une première étape de franchie. Maintenant reste la seconde, stratégique pour la France (pour l'Allemagne aussi, quoi qu'à un moindre degré): la sélection du motoriste...
a écrit le 16/04/2021 à 10:18 :
L'Europe de la Défense et de l'industrie de Défense avance. Enfin.
Réponse de le 16/04/2021 à 17:42 :
Quel naïf ce Polaris !! C'est bien l'Allemagne qui décide quand avance ou pas "l'Europe de la Défense". Quand l'Allemagne est leader d'un programme ses députés approuvent sans rechigner. Quand c'est la France qui est leader, ça bloque. Mais on reste béat quoiqu'il arrive.
Réponse de le 16/04/2021 à 18:40 :
@foutagedegueule: naïf, moi ? Que non; professionnel, certainement, un peu plus près du dossier que vous sans doute, et assurément moins antigermanique, aussi. De toute manière, comprenez qu'il n'y a pas le choix: la France a les compétences aéronautiques mais pas l'argent, l'Allemagne c'est l'inverse. Alors oui les programmes de défense internationaux c'est penible et compliqué (je connais), oui il faudra que tout le monde mette de l'eau dans son vin, mais la seule alternative, c'est que la France achète du MQ9 Reaper de General Atomics et tout ce qui avec (stations sol, outillages, guerre électronique, armement). Vous préféreriez, juste par esprit revanchard ? La seconde guerre mondiale, c'était il y a 80 ans, de l'eau à coulé sous les ponts depuis, vous savez...
Réponse de le 18/04/2021 à 17:18 :
@Polaris, affligeant !!! Dans 20 ans, vous découvrirez qui était revanchard.
a écrit le 16/04/2021 à 9:24 :
Une commande pour noêl pour les enfants des oligarques européens. Des gens sensibles au final !
a écrit le 16/04/2021 à 9:16 :
Un drone bimoteur de 10 tonnes hors de prix qui ne sera même pas armé dans la version allemande, donc invendable à l'export.
Les allemands pourront toujours s'en servir pour surveiller la circulation des autoroutes et la pollution en altitude générée par leurs centrales à charbon. Quand à la France, au moment de la sortie de ce drone, j'espère qu'elle aura quitté le Sahel, comme les américains ont enfin quitté l'Afghanistan.
Réponse de le 16/04/2021 à 10:05 :
Pas faux. Mais la version française sera, elle, bel et bien armée. Après, si les allemands veulent se payer une Ferrari pour un rôle d’estafette qu'un Kangoo remplirait aussi bien, hé bien après tout c'est leur argent et leur affaire...
Réponse de le 16/04/2021 à 17:48 :
Décidément la naïveté française n'a pas de limite. L' Allemagne se fout bien de savoir combien coûte ce drone, ni à quoi il servira. Son objectif est de rattraper la France sur les technos aéronautiques et elle est bien contente de travailler avec Dassault sur ce programme.
a écrit le 16/04/2021 à 1:37 :
Très sincèrement, c’est cher pour ce que c’est. Espérons que nous aurons des zones de conflit dans lesquelles la maîtrise du ciel restera acquise dans 10 ans. On va en faire quoi? Des drones de surmar?

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