La ministre des Armées Florence Parly affirme que son ministère a consommé tous ses crédits en 2020. Elle a bénéficié en novembre d'une levée de gel budgétaire de 800 millions d'euros.Florence Parly est une ministre heureuse. Tout comme les exercices précédents, la ministre des Armées a pu consommer en 2020 l'intégralité de son budget prévu en loi de finances initiale (LFI). "Malgré les perturbations induites par la crise sanitaire, nous avons consommé les 37,5 milliards d'euros qui étaient prévus en loi de finances initiale pour 2020", a-t-elle affirmé mardi lors de son audition à l'Assemblée nationale. Elle a d'ailleurs également confié que son ministère avait "bénéficié de 800 millions d'euros de crédits dégelés en novembre" une "date qui n'avait jamais été aussi anticipée par rapport à la fin de l'année".
"Ces 800 millions d'euros étaient d'autant plus attendus qu'ils étaient destinés dès le départ à des industries, à des entreprises de défense qui dans le contexte que j'ai rappelé ont particulièrement besoin en ce moment du soutien de la commande publique", a-t-elle rappelé.
En revanche, le ministère des Armées a dû procéder en loi de finances rectificative à des annulations de crédits de l'ordre de 200 millions d'euros, dont 124 millions millions pour le programme 146 (Équipement), pour les réorienter vers le financement du solde des surcoûts des opérations extérieures (OPEX), qui n'avaient pas été provisionnés dans la LFI (1,2 milliard de provisions en 2020).
Actualisation de la loi de programmation militaire
En 2021, le ministère des Armées doit présenter une actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), dont la mise en œuvre devra intervenir avant la fin de l'année 2021. Si pour les années 2019 à 2023 (année où le budget s'élève à 44 milliards d'euros) les ressources ont un caractère ferme, ce n'est pas le cas pour les crédits budgétaires 2024 et 2025 qui doivent faire l'objet d'arbitrages complémentaires en 2021. Ce processus doit prendre en compte la situation macroéconomique de la France à cette date ainsi que l'objectif de porter l'effort national de défense à 2 % du PIB en 2025. Cette actualisation doit notamment permettre de préciser l'évolution des effectifs pour les années 2024 et 2025 et également de vérifier la bonne adéquation entre les objectifs fixés dans la LPM, les réalisations et les moyens consacrés.