Le Rafale "Make in India" sur la piste d'envol en Inde

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Les discussions entre la France et l'Inde portent sur la vente d'au moins 36 Rafale dans le cadre d'une procédure de gré à gré.
Les discussions entre la France et l'Inde portent sur la vente d'au moins 36 Rafale dans le cadre d'une procédure de gré à gré. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Paris et New Delhi discutent d'un contrat de gré à gré portant sur la vente d'au moins 36 Rafale, qui seront fabriqués en Inde.

Alors que le premier Rafale va être livré ce mardi à l'armée de l'air indienne, l'avion de combat de Dassault Aviation est à nouveau sur la piste d'envol en Inde. Pour autant, la signature d'un contrat reste encore prématuré et lointaine (fin 2020, début 2021). Ce qui est nouveau en revanche, c'est la reprise des discussions entre la France et l'Inde d'une part, et celles entre New Delhi et Dassault Aviation pour la vente d'au moins 36 Rafale dans le cadre d'une procédure de gré à gré, selon plusieurs sources concordantes. Certains évoquent même une centaine d'appareils.

Quoi qu'il en soit, ces Rafale seraient cette fois-ci fabriqués en Inde dans le respect de la politique du "Make in India" lancée par le Premier ministre indien, Narendra Modi, à son arrivée au pouvoir en 2014. Les discussions entre la France et l'Inde sont intenses et régulières après une année 2018 où il ne s'est pratiquement rien passé ou presque en raison des élections indiennes, qui ont vu in fine la victoire facile de Narendra Modi, membre du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata party (BJP), et de la polémique violente lancée par le Parti du congrès sur le contrat Rafale (36 appareils) signé en septembre 2016 après un an et demi de négociations à la suite de l'annonce d'acheter l'avion de combat français en avril 2015 de Narendra Modi à Paris.

Une annonce début janvier ?

C'est la rencontre fin août entre Emmanuel Macron et Narendra Modi qui a notamment permis de booster les discussions sur une nouvelle acquisition du Rafale par l'armée de l'air indienne, qui souhaiterait au moins quatre escadrons (16-18 avions par escadron) supplémentaires de Rafale. L'objectif est une annonce officielle d'une commande à venir du Rafale par Narendra Modi lors de la visite d'Emmanuel Macron, invité en janvier prochain par le Premier ministre en Inde pour l'une des trois fêtes nationales indiennes, le jour de la République (Republic Day) qui se déroule le 26 janvier.

Une telle annonce permettrait de bien aligner l'administration indienne sur la volonté politique de New Delhi. Aux négociateurs ensuite de négocier puis de concrétiser un contrat. Cette opération de gré à gré nécessite toutefois une procédure d'acquisition en urgence opérationnelle, que la "drôle de guerre" avec le Pakistan pourrait légitimer. Ce qui permettrait d'éviter de passer par une très longue procédure d'appel d'offres, qui pourrait ne pas aboutir comme beaucoup d'autres en Inde. Or, l'armée de l'air indienne a un véritable besoin opérationnel. Et le fait de prendre enfin le manche du Rafale pourrait lui donner encore plus de poids pour accélérer les discussions...

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Commentaires
a écrit le 08/10/2019 à 18:14 :
"Make in India" ne veut rien dire en anglais, ça serait plutôt "Made" in India ou en bon français "Fabriqué en Inde".
Réponse de le 09/10/2019 à 18:39 :
Pas du tout. L'Inde a mis en place une démarche qui s'appelle Make in India (fabriquer en Inde), et les discussions sur le Rafale porte sont incluses dans cette démarches. Par contre si de futurs Rafale sont fabriqués en Inde, ceux-ci seront bien Made in India.
a écrit le 08/10/2019 à 9:57 :
C'est une bonne nouvelle, les usines vont continuer à tourner et Dassault aura des ressources supplémentaires pour investir dans la R&D de la génération suivante de chasseurs.
Et le partenariat avec l'Inde pourrait ouvrir la possibilité de développer un avion 5e génération en commun. Entre un partenariat avec l'Allemagne, qui ne semble pas préoccupé par l'indépendance technologique et stratégique de l'Europe, et un partenariat avec l'Inde, qui a des voisins encombrants et se méfie des Etats-Unis, il va falloir viser juste...
a écrit le 08/10/2019 à 2:40 :
Bonjour,

Ne devrait-on pas lire Made in India en lieu et place de Make in India?
Je sais bien que la langue de Shakespeare n'est pas notre fort mais c'est quand même estampillé sur tous les biens de consommation courante....
Réponse de le 08/10/2019 à 6:13 :
Make in India est correct et signifie fait et realise en totalite en Inde.
En gros, transferts de technologies.
Réponse de le 08/10/2019 à 12:56 :
"Made" c'est le passé. "Make" c'est le présent (et un peu le futur !) et cela marque surtout une volonté : il faut "faire" (ou fabriquer) en Inde.
Réponse de le 08/10/2019 à 15:27 :
@matins calmes
Je vous ai déjà répondu plus bas.
La totalité en Inde, ce n'est pas vrai.
Par exemple les Scorpène sont indianisés à moins 50% ce jour, alors que certains flottent et plongent déjà et que les derniers sont proches de la finalisation.
D'autre part, si vous avez suivi, les entreprises françaises ont investi en Inde pour le "Make in India". Et des coentreprises franco-indiennes sont nées.
Donc dans les coopérations 50/50, 49/51 ou 51/49 ou autres, les deux nations sont gagnantes par l'intermédiaire de leurs entreprises, même s'il y a un transfert de technologie partiel ou total sur un sous-ensemble.
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De toute façon, un transfert de technologies doit être progressif et étalé dans le temps pour éviter d'aller dans le mur. Etape après étape.
Déjà, respecter la qualité des alliages, des usinages et leurs tolérancements, des traitements de surface et thermiques, le montage et les contrôles, pour obtenir au final une régularité suffisante afin de valider les lignes de production qui permettront d'obtenir un seul des sous-ensemble, c'est déjà un défi !
Et ça impliquera souvent en amont des évolutions des parcs machines et des suites logicielles, de la métrologie, des méthodes de management et des formations costaudes !
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L’Institut de formation industrielle (ITI Nagpur) du Maharashtra va réaliser des formation sur l'assemblage et l'ajustage des pièces ou sous-ensemble de Rafale et Falcon,
«Monteur de structures et d’équipements aéronautiques»
«Les étudiants recevront une formation sur l’assemblage de l’aérostructure, les aménagements du poste de pilotage, les ajustements des ailes et les ajustements de la structure de caisse des avions Falcon et Rafale à l’unité »
a écrit le 07/10/2019 à 17:02 :
le Rafale est un avion qui a été conçu il y a un demi siècle, il n'y a aucun problème à permettre aux indiens de le fabriquer sur place si cela rapporte des milliards de recettes à Dassault qui lui permettront d'investir dans l'avion du futur.
a écrit le 07/10/2019 à 15:16 :
Acquistions toujours, vive la mariée !
#https://www.lesechos.fr/1996/04/thomson-csf-et-le-britannique-gec-marconi-marient-leurs-sonars-832832#

Avec toujours l'indispensable présence de G.E.

Une holding de droit néerlandais ça vous rappel rien ? Ghosn !
Réponse de le 08/10/2019 à 9:51 :
Qu'entendez-vous par "l'indispensable présence de G.E." ? Pas sûr de comprendre...
a écrit le 07/10/2019 à 13:29 :
Ce n est pas les américains qui fabriqueraient des F35 en Inde..
a écrit le 07/10/2019 à 12:10 :
@matins calmes.
Les russes comme les américains sont aussi obligés, de plus en plus, de respecter le "Make in India". La Suède est prête à tout refiler pour placer son Gripen.
Ariane 6 est bien un programme de coopération européen piloté par la France.
C'est bien pour cela qu'il marche, c'est du "Fabriqué en Europe"
Et si la France est si élevée dans le spatial c'est bien parce qu'elle coopère avec les Etats-Unis, la Russie, l'Inde, le Japon, le Vietnam, en maintenant la Chine, sur différents projets civils ou militaires.
Comme pour les Scorpène indiens, les transferts sur le Rafale seront progressifs et ne cèderont qu'une partie des technologies.
Et ça reste de l'industrialisation: fabrications et traitements, assemblages et contrôles. On ne fourni pas un plateau de R&D avec toutes l'expérience emmagasinée depuis des décennies.
Quand les indiens seront capables, seuls, d'assembler et de réaliser la maintenance des Rafale, et de résoudre les problèmes, voir de les exporter (avec des technologies françaises), la France sera certainement en train d'industrialiser son prochain avion de combat ou système de combat (SCAF ou autre).
Et peut-être coopérera t’elle sur un prochain avion indien……..
Réponse de le 07/10/2019 à 13:07 :
De toute façon, un transfert de technologies doit être progressif pour éviter d'aller dans le mur. Etape après étape. Déjà, respecter la qualité des alliages, des usinages et leurs tolérancements, des traitements de surface et thermiques, le montage et les contrôles, pour obtenir au final une régularité suffisante afin de valider les lignes de production qui permettront d'obtenir un seul des sous-ensemble, c'est déjà un défi !
Et ça impliquera souvent en amont des évolutions de parc machines et des suites logicielles, et des formations costaudes !
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L’Institut de formation industrielle (ITI Nagpur) du Maharashtra va réaliser des formation sur l'assemblage et l'ajustage des pièces ou sous-ensemble de Rafale et Falcon,
«Monteur de structures et d’équipements aéronautiques»
«Les étudiants recevront une formation sur l’assemblage de l’aérostructure, les aménagements du poste de pilotage, les ajustements des ailes et les ajustements de la structure de caisse des avions Falcon et Rafale à l’unité »
a écrit le 07/10/2019 à 11:25 :
Aouch, "Made in India" ou "Make in India", ça pique un peu et ça augure des questions sur l'assemblage futur, vont lui mettre une hélice ? ... merci de corriger :-)
Réponse de le 07/10/2019 à 12:47 :
que ca soit assembler en Inde ce n'est pas super important, une grande partie du boulot sera fait en France, les indiens pourront personnaliser leur version, cela va financer les études du FCAS pour 2040 ou du super rafale, le présent va financer l'avenir. les indiens n'auront au final quel le gain du passé quand le FCAS entrera en service et deviendra le présent à son tour. les études sont lancées. et on recommence. on est très loin d'être perdant.
a écrit le 07/10/2019 à 8:39 :
"Make in India" De mieux en mieux. Bientot les soldes d'hiver.
Micron destructeur de "savoir-faire" francais.
A quand les plans de la fusee Ariane, livree au Quatar, au hasard ?
Réponse de le 07/10/2019 à 9:05 :
Si tu veux vendre il faut faire plaisir au client règle de base du commerce.

Matins calmes= petit cerveau
Réponse de le 07/10/2019 à 9:17 :
La fabrication sous licence n'a rien de nouveau, les indiens ont fabriqué de nombreux avions sous licence. Et cela n'a jamais posé de problème.

Ce serait même une très bonne chose que de pouvoir faire fabriquer de nombreuses pièces en Inde, cela permettrait peut être de gagner de nouveaux marchés sans parler du fait que le besoin Indien pour le Rafale est criant et une fabrication locale pourrait permettre la vente de centaines d'avions et par la même occasion peut être de faire monter l'Inde sur une partie du SCAF voir même sur un projet de porte avions ?
Réponse de le 07/10/2019 à 10:02 :
Made in India avec que des éléments indiens ou aussi des trucs vendus par des équipementiers français ? Y a des limites à tout, les appareils sophistiqués intégrés, on imagine que ça ne se fabrique pas facilement (il faut leur donner(euh non, vendre) les plans de la version antérieure :-) ). Quand vous fabriquez un appareil, vous achetez les circuits intégrés, voire les "dessinez" pour les faire faire à votre goût/besoin mais s'il faut tout faire soi-même, c'est lourd. Apple fabrique-t-il tout ? Avant un Rafale 100% made in India il va se passer du temps. On a vu avec Galileo une entreprise allemande avoir le marché parce qu'il fallait partager, Deutschland First mais n'avaient les qualifications, ils ont ramé et nous avec.
Réponse de le 07/10/2019 à 12:14 :
La négociation des grands contrats de, défense est manifestement un monde inconnu pour vous. Sachez juste que 1) une part de fabrication locale plus ou moins importante est incontournable. Sinon, pas de marché. Pas d'alternative. C'est vrai partout, même aux USA (les Airbus AH145 Lakota de l'US Army et leurs moteurs Safran sont assemblés aux USA). 2) Les industriels sont rompus à ce genre d'exercice et savent comment ne transférer que les technologies relativement banalisées et pas les technos clefs, même si c'est parfois assez touchy. Par exemple dans le contrat Rafale, les indiens n'ont aucune donnée de conception relative aux moteurs, à l'avionique (RBE2, ECM), aux commandes de vol numeriques et à l'armement sophistiqué (Mica, AASM, Talios, Reco NG, SCALP).

Mais si vraiment vous voulez trouver un prétexte pour bâcher Macron (qui n'a rien à voir dans les détails techniques de ce contrat, ça fait 12 ans qu'il est en négociation), ce qui était probablement votre principale intention, vous pouvez plutôt lui reprocher la météo par exemple, ou le fait que vous n'ayez pas gagné au PMU.
Réponse de le 07/10/2019 à 14:10 :
Ce n'est que de l'assemblage, les sous-ensembles et l'ingénierie viennent de France...

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