Pourquoi la France doit poursuivre son partenariat stratégique avec l'Egypte

Macron accueilli en grande pompe au caire par sissi
Handout .

Macron accueilli en grande pompe au caire par sissi
Handout .
C'est clair et net. La France entend poursuivre son partenariat stratégique avec l'Egypte, qui reste un pays incontournable pour la stabilité de la région. C'est d'ailleurs l'une des trois bonnes raisons pour que Paris ne souhaite pas lâcher pas Le Caire, confronté à la menace de groupes djihadistes. "L'Egypte est une puissance régionale dont la stabilité est essentielle à nos yeux", a d'ailleurs confirmé lundi Emmanuel Macron à l'issue d'un entretien en tête à tête de deux heures avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. "La lutte que vous menez (contre le terrorisme, Ndlr) est très importante à nos yeux".
Plusieurs ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch (HRW), ont exigé lundi "la suspension de toute vente française d'armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international". Abdel Fattah al-Sissi a assuré que cela n'était pas le cas. Les armes françaises vendues à l'Egypte doivent être utilisées uniquement à des fins militaires, ce qui est le cas à une exception près dans le passé, a expliqué lundi de son côté Emmanuel Macron. Le président français a précisé que sur 200 interventions, un blindé a été utilisé une fois hors de ce cadre, en 2013, ce qui a donné lieu à une explication avec les autorités égyptiennes.
Et ça tombe bien puisque les avions de combat Rafale et les corvettes Gowind, deux des principaux dossiers en discussion entre Paris et Le Caire, ne sont utilisés qu'à des fins militaires. Les discussions sont toujours en cours entre les industriels, a précisé la présidence qui a estimé que le gouvernement n'avait "pas à être embarrassé par l'existence de ces relations" qui font "partie du partenariat stratégique en matière de sécurité". Sur les ventes d'armes récentes ou en discussion, "il n'y a aucune ambiguïté possible : ce sont des sujets pour défendre, protéger le territoire égyptien contre des ennemis venant de l'extérieur", a poursuivi Emmanuel Macron.
Concernant la finalisation de la vente de douze avions de chasse Rafale, "il n'est pas exclu que l'Egypte se dote ou complète sa flotte de Rafale dans les semaines ou les mois qui viennent". Car il existe une convergence de vues entre les deux pays. Mais cela attendra encore car la pression des ONG a fait reculer l'Elysée, qui semble-t-il n'a pas jugé opportun dans ce contexte d'annoncer de nouvelles commandes d'armement.
Après avoir failli être annulée, la visite a été maintenue. Son maintien dans l'agenda témoigne de l'importance qu'accorde la France à l'Égypte, "un pays de 100 millions d'habitants, absolument essentiel pour la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient et de l'Europe", a rappelé l'Elysée. Paris y voit également "un immense marché" dont la France n'est que le 11e fournisseur. Une percée a toutefois été réalisée ces dernières années, en particulier dans l'armement avec six milliards d'euros de contrats depuis 2015.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Dans ce cadre, une trentaine d'accords et de contrats commerciaux ont été signés, pour près d'un milliard d'euros, dans les domaines des transports (métro du Caire), des énergies renouvelables (parc éolien), de la santé ou de l'agroalimentaire... Figure notamment un protocole d'accord entre Vinci et les autorités égyptiennes pour la construction de 5,6 km de tunnel pour le métro du Caire. Paris espère également profiter de la construction de la nouvelle capitale administrative égyptienne, à l'est du Caire, que les deux dirigeants ont brièvement visité dans l'après-midi. Enfin, la France cherche à participer au futur Grand Musée égyptien de Gizeh et à la rénovation du musée archéologique du Caire. Une cinquantaine de patrons, dont ceux d'Orange, de la SNCF, d'Engie, sont présents au Caire.
À lire également
"On peut se dire les choses de manière très franche (...) sans considérer qu'on vient ni donner des leçons ni déstabiliser", a estimé Emmanuel Macron. Le sujet des droits de l'homme, sensible, a été évoqué non seulement pour l'Egypte mais aussi pour la France, Emmanuel Macron étant appelé à défendre l'usage de la force lors des manifestations des "gilets jaunes".