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Pourquoi la France doit poursuivre son partenariat stratégique avec l'Egypte

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 28 janvier 2019 à 17:23 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:01

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"La stabilité de l'Egypte compte beaucoup pour nous. C'est un partenaire précieux sur la Libye, dans la lutte contre le radicalisme...", a assuré Emmanuel Macron. Tout est dit ou presque dans ces propos du président français. La France doit poursuivre son partenariat stratégique.

C'est clair et net. La France entend poursuivre son partenariat stratégique avec l'Egypte, qui reste un pays incontournable pour la stabilité de la région. C'est d'ailleurs l'une des trois bonnes raisons pour que Paris ne souhaite pas lâcher pas Le Caire, confronté à la menace de groupes djihadistes. "L'Egypte est une puissance régionale dont la stabilité est essentielle à nos yeux", a d'ailleurs confirmé lundi Emmanuel Macron à l'issue d'un entretien en tête à tête de deux heures avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. "La lutte que vous menez (contre le terrorisme, Ndlr) est très importante à nos yeux".

"La stabilité de l'Egypte compte beaucoup pour nous. C'est un partenaire précieux sur la Libye, dans la lutte contre le radicalisme...", a assuré dimanche le président français.

Des ventes d'armes à usage militaire

Plusieurs ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch (HRW), ont exigé lundi "la suspension de toute vente française d'armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international". Abdel Fattah al-Sissi a assuré que cela n'était pas le cas. Les armes françaises vendues à l'Egypte doivent être utilisées uniquement à des fins militaires, ce qui est le cas à une exception près dans le passé, a expliqué lundi de son côté Emmanuel Macron. Le président français a précisé que sur 200 interventions, un blindé a été utilisé une fois hors de ce cadre, en 2013, ce qui a donné lieu à une explication avec les autorités égyptiennes.

"Il est très clair que pour nous l'utilisation de ces blindés est une utilisation qui doit être exclusivement militaire et c'est clair entre nous", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse au côté de son homologue, Abdel Fattah al Sissi, au Caire.

Et ça tombe bien puisque les avions de combat Rafale et les corvettes Gowind, deux des principaux dossiers en discussion entre Paris et Le Caire, ne sont utilisés qu'à des fins militaires. Les discussions sont toujours en cours entre les industriels, a précisé la présidence qui a estimé que le gouvernement n'avait "pas à être embarrassé par l'existence de ces relations" qui font "partie du partenariat stratégique en matière de sécurité". Sur les ventes d'armes récentes ou en discussion, "il n'y a aucune ambiguïté possible : ce sont des sujets pour défendre, protéger le territoire égyptien contre des ennemis venant de l'extérieur", a poursuivi Emmanuel Macron.

Le président français a expliqué dimanche que "rompre toute forme de coopération pour ces raisons conduirait encore plus rapidement l'Egypte vers la Russie ou d'autres puissances qui n'attendent que cela".

Concernant la finalisation de la vente de douze avions de chasse Rafale, "il n'est pas exclu que l'Egypte se dote ou complète sa flotte de Rafale dans les semaines ou les mois qui viennent". Car il existe une convergence de vues entre les deux pays. Mais cela attendra encore car la pression des ONG a fait reculer l'Elysée, qui semble-t-il n'a pas jugé opportun dans ce contexte d'annoncer de nouvelles commandes d'armement.

L'Egypte, un pays d'avenir

Après avoir failli être annulée, la visite a été maintenue. Son maintien dans l'agenda témoigne de l'importance qu'accorde la France à l'Égypte, "un pays de 100 millions d'habitants, absolument essentiel pour la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient et de l'Europe", a rappelé l'Elysée. Paris y voit également "un immense marché" dont la France n'est que le 11e fournisseur. Une percée a toutefois été réalisée ces dernières années, en particulier dans l'armement avec six milliards d'euros de contrats depuis 2015.

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Dans ce cadre, une trentaine d'accords et de contrats commerciaux ont été signés, pour près d'un milliard d'euros, dans les domaines des transports (métro du Caire), des énergies renouvelables (parc éolien), de la santé ou de l'agroalimentaire... Figure notamment un protocole d'accord entre Vinci et les autorités égyptiennes pour la construction de 5,6 km de tunnel pour le métro du Caire. Paris espère également profiter de la construction de la nouvelle capitale administrative égyptienne, à l'est du Caire, que les deux dirigeants ont brièvement visité dans l'après-midi.  Enfin, la France cherche à participer au futur Grand Musée égyptien de Gizeh et à la rénovation du  musée archéologique du Caire. Une cinquantaine de patrons, dont ceux d'Orange, de la SNCF, d'Engie, sont présents au Caire.

Une relation franche mais amicale

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"On peut se dire les choses de manière très franche (...) sans considérer qu'on vient ni donner des leçons ni déstabiliser", a estimé Emmanuel Macron. Le sujet des droits de l'homme, sensible, a été évoqué non seulement pour l'Egypte mais aussi pour la France, Emmanuel Macron étant appelé à défendre l'usage de la force lors des manifestations des "gilets jaunes".

"N'oubliez pas que nous sommes dans une région troublée", lui a répondu Abdel Fattah al-Sissi, arrivé au pouvoir en 2013, deux ans après le Printemps arabe. "Le projet d'établir un Etat religieux" n'a "pas réussi en Egypte", a-t-il rappelé en faisant référence au président islamiste Mohammed Morsi (2012-13), renversé par l'armée. Pour l'ex-chef de l'armée, "nous ne sommes pas comme l'Europe ou comme l'Amérique (...), on ne peut pas imposer à toutes les sociétés un seul chemin". "Les 2,5 millions" d'Egyptiens qui naissent chaque année "ont besoin d'écoles, de nourriture et de soins médicaux", a-t-il fait valoir.

Michel Cabirol

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