Safran inaugure jeudi et vendredi trois sites industriels en Inde et annonce également une nouvelle implantation majeure pour 2025. Un site de maintenance et réparation (MRO) à Hyderabad. Implanté en Inde depuis 65 ans, Safran compte aujourd’hui 10 sites et emploie 750 collaborateurs.En Inde, Safran ne veut surtout pas passer à côté d'un des marchés aéronautiques les plus dynamiques de la planète. "C'est le marché où la croissance est la plus forte au monde", note le directeur général de Safran Olivier Andriès. Les chiffres sont vertigineux. Le trafic passagers devrait croître de 6,2 % par an (contre une moyenne mondiale de 3,9%) au cours des deux prochaines décennies, selon une estimation récente d'Airbus. Selon Safran, le trafic aérien indien va plus que doubler d'ici à 2041 tandis que la flotte va presque doubler, passant de 842 appareils à 1.600 en 2041. Airbus évalue quant à lui le besoin des compagnies aériennes indiennes à 1.770 nouveaux monocouloirs et 440 nouveaux long-courriers sur les deux prochaines décennies. C'est principalement pour cela que Safran investit régulièrement depuis plusieurs années en Inde, qui va devenir le troisième marché aérien domestique mondial.
Dans ce cadre, le groupe civil et militaire va inaugurer trois nouveaux sites industriels, deux jeudi à Hyderabad (production de pièces tournantes pour le moteur LEAP et usine de câblage électrique) et un autre vendredi à Bangalore en partenariat (50-50) avec le groupe indien Hindustan Aeronautics (HAL) dans la production de canalisations simples et complexes pour le LEAP. Des investissements lancés en 2018 et évalués à près de 55 millions de dollars, dont une part minoritaire a été pris en charge par les États indiens du Télangana (Hyderabad) et du Karnataka (Bangalore). Safran se donne les moyens d'augmenter ses cadences de production pour le LEAP avec ses nouvelles usines en Inde tout en bénéficiant des salaires avantageux des Indiens, qui ont un salaire minimal de 250 dollars par mois. Un jeune ingénieur est recruté entre 500 et 600 dollars.
Deux nouveaux projets
Safran, qui est présent depuis 65 ans en Inde, ne compte pas s'arrêter à ces trois investissements dans ce pays et lance de nouveaux projets ambitieux. "On va accélérer et on va très vite tripler nos effectifs en Inde dès 2026", assure Olivier Andriès. Et le président de Safran Aircraft Engines, Jean-Paul Alary, a annoncé jeudi le lancement d'un projet de construction à Hyderabad du plus grand centre de maintenance et de réparation des moteurs LEAP. L'État du Télangana a arraché in extremis la décision de Safran face à celui du Kartanaka. En Inde, les Etats se livrent une forte concurrence pour attirer les investissements des industriels. Au total le montant de l'investissement, dont une partie minoritaire est prise en charge par le Télangana, est évalué à 150 millions de dollars.
Michel Cabirol à Bangalore, puis Hyderabad