Projet d'Airbus d'augmenter la production d'A320 Neo : Safran se prononcera en 2023
Maxime Hanssen
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GONZALO FUENTES
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Cette fois, le propos s'est voulu apaisé. Mais le scepticisme de Safran est toujours d'actualité sur les projets de hausse de la production d'avions moyen-courriers d'Airbus à partir de 2023. Après la joute estivale musclée et à distance entre le patron d'Airbus Guillaume Faury, et celui de Safran, le directeur général du motoriste, Olivier Andriès, a annoncé ce jeudi matin qu'il était "trop tôt" pour se prononcer sur les projets de hausse des cadences de la famille A320 du constructeur et que "des décisions" seraient prises "au cours de l'année 2023".
Alors que son carnet de commandes est plein - plus de 6.000 appareils à début août - Airbus veut passer à 75 appareils livrés par mois d'ici 2025 pour répondre à la demande, avec un calendrier précis pour permettre aux fournisseurs de s'organiser. Le premier cap est fixé à 70 appareils livrés dès le premier semestre 2024.
"Airbus a communiqué ses demandes d'augmentation de cadences fermes jusqu'en 2023, à 65 [livraisons, Ndlr] par mois. Nous nous sommes engagés à accompagner Airbus sur sa demande ferme", a rappelé Olivier Andriès. A partir de 2023, le motoriste prévoit de livrer à l'ensemble de ses clients (Airbus, Boeing, Comac) 2.000 moteurs Leap, un niveau que le groupe pensait atteindre en 2022.
"Au-delà de notre engagement 2023, c'est trop tôt pour prendre une décision", a-t-il martelé. Plusieurs éléments expliquent la prudence du fournisseur de moteurs. Airbus et Safran divergent sur les prévisions de marché pour les vingt prochaines années. Pour le motoriste, le trafic moyen-courrier devrait croître de 2,9% par an entre 2019 et 2040. Une hausse qui nécessiterait l'entrée sur le marché de 34.500 nouveaux appareils sur la période. Airbus et Boeing tablent plutôt sur une hausse de 4%.
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"Nous avons une vision (de la demande, ndlr) qui est plus prudente que celle des avionneurs", a confirmé Olivier Andriès, tout en estimant que "même une hausse de 2,9%, c'est déjà beaucoup, et au-dessus de la progression du PIB" sur la période. Le groupe a également précisé miser sur un retour du trafic aérien moyen-courrier à son niveau d'avant-crise à la fin 2022 et table sur une croissance du trafic de 4,8% par an entre 2023 et 2025.
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