Rapprochement DCNS/Fincantieri : c'est non pour le moment

Ces dernières semaines, le PDG de DCNS Hervé Guillou proposait à ses actionnaires à l'occasion de la future prise de contrôle de STX par Fincantieri, d'aller un cran plus loin. Et plus précisément, il voulait profiter de cette fenêtre pour lancer une prise de participations croisées entre son groupe et Fincantieri.
Michel Cabirol

3 mn

Le patron de DCNS Hervé Guillou  a été autorisé à poursuivre l'examen du dossier Magellan, le dossier de rapprochement entre son groupe et Fincantieri
Le patron de DCNS Hervé Guillou a été autorisé à poursuivre l'examen du dossier Magellan, le dossier de rapprochement entre son groupe et Fincantieri (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)

C'est l'un des rêves d'Hervé Guillou. Depuis son arrivée à la barre de DCNS, le PDG du groupe naval travaille à une consolidation européenne. Ces dernières semaines, il proposait à ses actionnaires à l'occasion de la future prise de contrôle de STX par Fincantieri, d'aller un cran plus loin. Et plus précisément, il voulait profiter de cette fenêtre pour lancer une prise de participations croisées entre son groupe et Fincantieri, un dossier qui a pour nom de code Magellan. C'est non, lui a récemment signifié l'État, selon des sources concordantes. Une nouvelle déception pour celui qui a la foi du charbonnier concernant l'Europe et la consolidation du secteur. Interrogé par La Tribune, DCNS n'a pas souhaité faire de commentaires.

"Je ne peux faire aucune prévision concernant une éventuelle consolidation ou m'engager sur un calendrier mais je m'engage à être prêt si un tel moment se présente", avait-il expliqué en février 2015.

A l'été 2015, Hervé Guillou s'était déjà heurté à un refus. DCNS et Fincantieri étaient pourtant en train de négocier un rapprochement à parité dans les bâtiments de surface. Les deux groupes navals, qui ont développé en commun le programme de frégates multimissions (FREMM), avaient alors secrètement signé un "Head of Agreement" (HoA), un document non engageant pour encadrer leurs négociations après des discussions entamées depuis la fin 2014.

DCNS autorisé à poursuivre l'examen du dossier Magellan

Pour des questions pratiques notamment, l'État veut dissocier les deux dossiers : celui de STX, où DCNS devrait entrer dans le capital pour accompagner l'État, et Magellan. C'est d'ailleurs pour cela que la porte reste ouverte pour un rapprochement entre DCNS et Fincantieri. Tout n'est donc pas perdu pour Hervé Guillou mais la porte n'est qu'entrouverte. Dans ce cadre, DCNS a été autorisé à poursuivre l'examen du dossier Magellan par l'État sans préjuger de sa réponse définitive. Car ce dernier s'interroge encore sur la nécessité d'une telle opération, surtout à quelques mois de l'élection présidentielle. "L'État n'est pas convaincu mais reste ouvert", explique-t-on à La Tribune. A Hervé Guillou de transmettre sa foi de charbonnier ...

Le morcellement de l'industrie navale militaire européenne se résorbe peu à peu grâce à une consolidation au niveau national autour de grands maîtres d'œuvre dans six pays avec BAE Systems (Royaume-Uni), DCNS (France), Fincantieri (Italie), ThyssenKrupp Marine (Allemagne), Navantia (Espagne) et Damen (Pays-Bas). Des groupes, qui se retrouvent en concurrence frontale pour les marchés à l'export comme DCNS et Fincantieri au Qatar, où les Italiens ont gagné en juin dernier. Pour autant, selon des sources concordantes, les négociations entre les Italiens et Doha seraient actuellement très, très difficiles sur plusieurs points : le prix, le financement, la formation et les spécifications techniques. Bref, un contrat en bonne et due forme est loin d'être signé ...

Michel Cabirol

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Commentaires 8
à écrit le 05/02/2017 à 18:27
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@totof : Fincantieri n'a rien à faire du savoir faire français en matière de bateau. Pensez donc que, si le chantier naval français possédait des surdoués il ne serait pas dans le rôle de gibier.Ce qui intéresse les italiens c'est l'outil de travail ...

à écrit le 28/01/2017 à 19:20
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a totoff comment voulez vous faire l europe avec des commentaires pareille et pourquoi pas fincantieri i19000 salariés , achetait DCNC 13000 salariés ce serait plus logique

le 01/02/2017 à 9:32
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parce qu'on parle de défense et non de civil. Et si Fincantieri rachète STX Saint-Nazaire, c'est bien parce que le groupe naval n'a pas les compétences de Saint-Nazaire pour faire les très gros navires. Ni plus ni moins.

à écrit le 28/01/2017 à 18:16
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Bien sur , la solution s'est une OPA , mais pourquoi aller à l'encontre des intérêts de chaque etat.... Toute est une histoire d'intérêt réciproque, et de maintient de l'emploi sur les site industriel.... La consolidation de l'industrie de defense ...

à écrit le 27/01/2017 à 18:22
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réponse a totoff votre commentaire franchouillart , en effet vous souéstimait les autres nations dans armement l allemagne ou l italie n ont rien a envier a l industrie marine française je pense on raprochement européen sans vouloir mangér l au...

le 01/02/2017 à 9:30
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Les Italiens savent-ils faire un sous-marins ? Non. Les Allemands savent-ils faire un sous-marin nucléaire? Non plus. Les Italiens et les Allemands ont-ils un porte-avions. Non. Les Italiens et les Allemands ont-ils une marine de guerre, je veux dire...

à écrit le 27/01/2017 à 9:40
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Mr Guillou a parfaitement raison, la consolidation européenne de l'industrie navale est la voie à suivre. L'état français freine. J'espère que c'est pour de bonnes raisons politiques, à savoir inclure l'Allemagne à ce deal (ThyssenKrupp Marine). Il...

le 27/01/2017 à 10:59
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Votre discours est propre, bien lisse et politiquement correct. La France doit racheter Fincantieri ou TKMS, ou les deux. DCNS est nettement plus puissant que ces deux rivaux. Un Airbus du Naval et dans dix ans, il y a à sa tête un allemand avec une ...

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