La start-up de Barcelone souhaite bousculer la filière des lanceurs en Europe. Avec l'aide de la Commission européenne, elle développe un moteur, qui sera économique, entièrement fabriqué en 3D et réutilisable.La start-up espagnole Pangea Aerospace va-t-elle révolutionner la filière lanceur européenne ? Possible. Elle veut bousculer l'industrie spatiale en développant un moteur qui sera économique, entièrement fabriqué en 3D et réutilisable. Le rêve de tous les opérateurs de lancements de satellites, notamment dans les mini-lanceurs où la bataille des prix sera décisive pour leur survie. Pour gagner son pari très audacieux, Pangea Aerospace, qui sera présent à la 8e édition du Paris Air Forum le 21 juin, a récemment bouclé un nouveau tour de table de 3 millions d'euros. Soit au total plus de 6 millions d'euros de fonds levés depuis sa création (2018), crowdfunding compris.
Si cette start-up de Barcelone valide son concept - elle y travaille depuis deux ans -, elle aura développé le premier moteur-fusée aerospike au monde fabriqué en impression 3D en métal et qui utilise des carburants cryogéniques. Un vrai pari puisque Pangea Aerospace est une des rares sinon la seule entreprise au monde à s'être lancée sur un projet de moteur équipé de tuyères aerospike. Elle considère que l'Europe ne doit pas rater le tournant de la propulsion à haute efficacité et bas coût. En revanche, l'utilisation de la fabrication en 3D, qui est l'un des points forts de Pangea Aerospace, entre de plus en plus dans l'industrie spatiale, ArianeGroup se servant par exemple de cette technique de fabrication sur Ariane 6.
Lancer une phase de tests
Ce nouveau tour de table permettra au PDG et cofondateur de Pangea Aerospace, Adrià Argemí, de tester au troisième trimestre de cette année plusieurs démonstrateurs de moteurs de lanceurs aerospike de 20 kN (2 tonnes de poussée) et d'accélérer le développement d'une nouvelle version du moteur aerospike, qui aura plus de poussée et sera prêt pour son utilisation en vol. Selon la start-up, qui emploie 15 salariés, ce sera le premier moteur imprimé 3D de ce type testé en Europe et le premier au monde de cette génération. "Le moteur aerospike est considéré comme le «Saint Graal» de la propulsion des lanceurs depuis des décennies, mais ce n'est que maintenant que cette technologie peut être conçue et construite, grâce à de nouveaux matériaux et à la liberté de conception qu'offre la fabrication additive", estime Adrià Argemí.