Une mauvaise programmation à l'origine de l'anomalie du vol VA241 d'Ariane 5

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La commission d'enquête indépendante recommande la nécessité d'accroître la robustesse du contrôle de certaines données utilisées pour la préparation des lancements.
La commission d'enquête indépendante recommande "la nécessité d'accroître la robustesse du contrôle de certaines données utilisées pour la préparation" des lancements. (Crédits : Arianespace)
Selon la commission d'enquête indépendante, les investigations ont démontré que l'anomalie de trajectoire d'Ariane 5 résulte "d'une valeur erronée dans la spécification de mise en œuvre des deux centrales inertielles du lanceur".

L'erreur de programmation bête... A la fois grave mais au moins facile à corriger. Selon la commission d'enquête indépendante, les investigations ont démontré que l'anomalie de trajectoire du lanceur Ariane 5 lors du dernier lancement VA241 (25 janvier 2018) résulte "d'une valeur erronée dans la spécification de mise en œuvre des deux centrales inertielles du lanceur". En revanche, l'analyse des données recueillies au cours des premières minutes de vol et la restitution de la trajectoire du lanceur ont permis de confirmer que "le lanceur et le programme de vol ont parfaitement fonctionné", a estimé la commission. Ce que de nombreux observateurs avaient assez rapidement assuré après le lancement.

"Compte tenu des exigences particulières de cette mission, l'azimut requis pour l'alignement des centrales inertielles était de 70° et non de 90°, comme le plus souvent pour les missions vers l'orbite de transfert géostationnaire", a précisé le communiqué publié par Arianespace.

Cet écart a donc conduit à un décalage de 20 degrés vers le sud de la trajectoire du lanceur dès les premières secondes de vol. "La cause de la déviation de la trajectoire est  due à une mauvaise spécification d'un des paramètres de la mission du lanceur qui n'a pas été détectée au cours des contrôles qualité standard opérés dans la chaîne de préparation des lancements Ariane", a expliqué Arianespace.

Renforcement des contrôles

Les travaux de la commission d'enquête indépendante ont mis en évidence la nécessité "d'accroître la robustesse du contrôle de certaines données utilisées pour la préparation" lors de lancements. Les recommandations de la commission visent "à renforcer le processus d'élaboration et de vérification des documents requis pour la préparation du lanceur et à introduire des contrôles de cohérence complémentaires".

La cause de l'anomalie étant "parfaitement comprise et les actions correctives clairement identifiées", Arianespace et ArianeGroup "mettent en œuvre immédiatement" les recommandation. Appliquées à la campagne Ariane 5 en cours, elles permettent d'envisager une prochaine mission du lanceur lourd en mars 2018, à la suite d'une mission Soyuz. "Grâce à la mise en place de ces mesures correctives, la fiabilité d'Ariane 5, qui est exceptionnelle, sera encore renforcée", a assuré le président exécutif d'Arianespace, Stéphane Israël.

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Commentaires
a écrit le 24/02/2018 à 17:02 :
Tout çà fait furieusement désordre. C'était le tout premer vol d'Ariane5 qui avait eu un grave ennui informatique : on avait voulu adapter un logiciel d'Ariane4 pour Ariane5 et ce fut l'explosion.. On a oublié .A noter , ce vol était le premier confié entièrement aux équipes d'Arianespace ... sans le CNES. De là à penser que ... Mais non , mais non...
Réponse de le 24/02/2018 à 19:10 :
La responsabilité a été transférée d' Arianespace à Ariane Group (Ex Safran Launcheurs Véhicules, EX Airbus Defense & Space).
Le CNES n' a rien à voir la dedans, n' écrivait de fausses infos.
Par contre que l' erreur provienne d' un changement de procédure suite au changement de responsabilité, cela ne me surprendrait pas.
a écrit le 24/02/2018 à 12:58 :
Le manque à gagné pour cet incident, devras être retenus sur l'ensemble de la masse salariale de tout salariés engagés dans ce projet.. tous pour un.. un pour tous..
Réponse de le 25/02/2018 à 2:39 :
Utilité de ce commentaire?
Réponse de le 25/02/2018 à 12:06 :
Tout à fait d'accord avec vous, dès lors que la société aura un statut de coopérative et que les bénéfices seront également partagés. Les décisions dans une entreprise ne sont pas prises à la majorité du personnel, celui-ci n'en est donc pas responsable. Désolé....
a écrit le 24/02/2018 à 10:43 :
J' ai remarqué que l'on a tendance a mettre de l'électronique quand le mécanique suffit et mettre de l'informatique quand l'électronique est suffisamment fiable! On ne peut s'étonner!
Réponse de le 24/02/2018 à 18:25 :
J'vois pas l'rapport c'est un probleme de données initiales quelquesoit la nature physique du procédé s'il est mal calibré/jaugé initialisé whatever il partira à vau l'eau.

Et mettre de l'informatique sans électronique vous poussez le bouchon un peu loin on va pas revenir à l'ordinateur analogique pourquoi pas aérodynamique sous couvert, ou à couvert de fiabilité/cout/complexité
a écrit le 23/02/2018 à 21:48 :
Le problème non traité est que la trajectographie d'Ariane a été déficiente. Les radars auraient du suivre Ariane où elle était et non pas où elle devait se trouver.
Réponse de le 24/02/2018 à 11:13 :
Les radars de Kourou ont suivi le vol jusqu'à la limite du cercle de visibilité (le lanceur passe sous l'horizon) ensuite ceux de Natal n'ont pu l'acquérir puisqu'il est passé derrière eux et qu'ils ne pouvaient pas le deviner sans information de Kourou. Sur un vol de lanceur il n'y a pas le temps de scanner le ciel pour le trouver s'il n'apparaît pas là où on l'attend. La vie est parfois un peu compliquée....
Réponse de le 24/02/2018 à 18:28 :
Ah bon? le lanceur ne peut pas donner lui meme sa position via des relais satellites ?
Réponse de le 25/02/2018 à 10:33 :
Non, Ariane V n'a pas de liaison vers des relais geo, c'est tout bêtement un problème de champ de vue et d'antenne. Il y a par contre des éléments de trajectoire dans la télémétrie lanceur qui sont exploités à posteriori. En gros, ça va trop vite pour pouvoir faire grand chose.....
a écrit le 23/02/2018 à 20:21 :
La même chose est déjà arrivée à ariane IV il me semble.....😎
Réponse de le 24/02/2018 à 17:28 :
Certains calculs avaient été commencés aux USA et terminés en Angleterre, mais pas avec le même système d'unités.

Les américains ont le plus grand mal avec le système métrique.
Réponse de le 24/02/2018 à 18:31 :
Les americains ont réussi a s'en passer du systeme metrique meme si je dois dire c'est quand meme plus commode en envoyant des tonnes de fret de la terre à la lune sur 13 missions à une époque où la sncf avait du mal à relier tout le territoire metropolitain...

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