Fruits et légumes : baisse des prix et colère des agriculteurs

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
D'après une étude de Familles Rurales, les prix ont diminué de près de 19% pour les fruits et légumes. Si cette baisse réjouit les consommateurs, elle met en difficulté les producteurs, obligés de vendre à perte certains produits.

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Les Français apprennent donc avec plaisir que le prix des fruits a chuté de 19% en un an et celui des légumes de 18%, d'après l'étude menée par l'association de consommateur Familles rurales, publiée ce vendredi. Mais cette nouvelle provoque le désespoir des agriculteurs qui dénoncent la pression des prix exercée par les centrales d'achats, des distributeurs notamment, et la concurrence déloyale des pays voisins.

Pour les agriculteurs, la baisse significative des prix se traduit par des ventes à perte. Selon certains producteurs, le prix de revient des pêches et nectarines, fruits préférés des français en été, s'élève a 1,35 euro le kilo alors qu'ils sont vendus 1,05 euro dans la grande distribution. De même, les tomates produites pour 80 centimes le kilo sont souvent rachetées 30 centimes.

Cette contraction explique la chute des prix dans les marchés et supermarchés. D'après Familles rurales, le prix au kilo des pêches et des nectarines a baissé de 20,2% et 27,9%. Celui des melons de 33%, l'abricot de 41%, et la courgette de 23%.

Ces chutes vertigineuses plongent le secteur dans une crise profonde. Pour témoigner de leur colère, les producteurs de la filière ont mis en place un barrage filtrant ce jeudi au péage de Poulou (Pyrénées Orientales) sur l'autoroute A9, bloquant ainsi l'accès aux camions de fruits espagnoles. Selon eux, la principale raison de la baisse des prix vient des importations massives de fruits produits à bas coûts en Allemagne, Espagne, Maroc ou Brésil. Les gouvernements de ces pays donnent en effet des avantages à leur producteurs qui se traduisent par des coûts salariaux plus bas et donc un prix de revient plus faible.

En Espagne par exemple, il existe un CDD journalier exonéré de charges. En Allemagne, il n'y a pas de salaire minimum dans le secteur agricole et les heures supplémentaires sont comptabilisées dès 60h. Ces pays ont aussi une plus grande facilité d'accès à la main d'œuvre étrangère. Difficile alors pour les français de faire face à cette concurrence. Résultat : les importations bondissent. En 2008, elles représentaient 4,6 millions de tonnes contre 2,2 millions exportés.

Pour se sortir de l'impasse, les agriculteurs attendent un geste fort du gouvernement. Plusieurs idées sont avancées par les syndicats agricoles, de l'octroi d'un crédit de 3 euros par heure travaillée, à une diminution des charges patronales, en passant par la mise en place d'une TVA sociale pour les fruits et légumes. Tous ces sujets seront débattu lors de la table ronde du 22 septembre qui aura lieu au ministère de l'agriculture.

Les producteurs profiteront aussi de l'occasion pour attirer l'attention sur les marges des grands distributeurs. Dans son enquête, Familles rurales parle d' "opacité" sur le mécanisme de formation des prix, notamment dans les phases de transport et de distribution. "Nous attendons une véritable transparence", a déclaré Thierry Damien, président de Familles rurales lors d'une conférence de presse.

La question des marges a déjà largement été abordée par les agriculteurs lors des ventes de fruits et légumes qui ont eu lieu ce jeudi dans plusieurs villes. Les producteurs ont directement vendu aux clients des produits frais, à un prix qui n'incluait ni les marges des distributeurs ni les distorsions dues à la concurrence. Une vingtaine de tonnes de fruits et légumes étaient ainsi proposés en région parisienne à des prix avantageux. Le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) avait choisi Yvry-sur-Seine (Val-de-Marne) plutôt que Paris comme les annnées précédentes pour sa vente annuelle. Cinq tonnes de produits étaient disponibles. Le kilo de tomates, par exemple, était a 1,5 euros contre 2,5 euros en magasin.

D'autres actions, moins pacifiques, pourraient voir le jour. La demande de remboursement de 500 millions d'euros de la part de Bruxelles, dossier encore en suspens, avait déjà fait monter la tension. Les 15 millions d'euros d'aide proposés par le gouvernement début août n'ont pas suffit à apaiser les esprits.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les fruits que vous vendez sur le marché français ne sont pas murent donc pas bon mais jls pourissent torp vite
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
les prix de vente dans les grandes surfaces tournent autour de 1.90 à 3.00 pour les pêches, nectarines et abricots;1.80 les melons! c'est pire sur les marchés! je n'ai pas encore vu de fruits en vente à 1.00 ou 1.50 le kg depuis la saison. c'est évident que la distribution s'en met plein les poches. Il devrait y avoir plus de ventes ponctuelles faites directement par les producteurs!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Exemple relevé par un producteur en aout 2008.un producteur vend ses melons 0.35 ? à un expéditeur qui les revend à une superette du canton 0.70 ? (frais de manutention,conditionnement) qui les vend au détail 1.40 ? !!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour il est vrai que la grande distribution vend les fruits et légumes a un prix bien supérieur au prix d?achat avec des marche de bénéfice trop importante. Il faudrait revoir tout cela et pas seulement par des promesses politique.
Certes les agriculteurs sont mécontents, mais enfin une grande partie de leur production est subventionnée, directement ou indirectement.
Dans cette histoire le perdant reste le consommateur, qui paye les aides et qui ne peu pas acheter de bon produite, la consommation diminue depuis des années, non que nous chansons nos habitudes alimentaires, mais que cela n?est plus dans nos moyens. Dois ton attendre d?avoir fain, avant de réagir de vouloir changer les choses.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
les fruits et legumes dont vous parlez ne sont pas bons les bons fruits se vendent au double de vos prix
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Venez donc faire un tour à Sanary-sur-mer (VAR) C'est plus du double !et c'est toute l'année comme ça ,pas exclusivement "réservé" aux touristes,comme certains veulent bien le penser ! .Quand aux grandes surfaces,c'est pas mieux,sinon,pire !!!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
alors là c'est siderant , entre bruxelles qui exige de voir rembourser des aides aux agriculteurs et maraichers , le prix dans tous les magasins ( meme locaux ) les prix de gros si peu cher , il y a un truc dans ce millieu , y'en a qui en vivent bien mais qui ? , faudrait trouver les coupables , car un melon a 3 euro au detail et le melon a 1 euro en gros , celà fait une sacrée marge , je comprends les agriculteurs qui se sentent pris a la gorge mais par qui ? , la grande distribution ? , je pense qu'elle n'est pas la seule coupable , faut trouver une solution et celà devient urgent
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le consommateur devient de moins en moins idiot ! Les fruits et les légumes réfrigérés additionnés d'engrais et de pesticides et sans valeur nutritive n'ont plus qu'une valeur marchande négligeable et sont devenus nocifs pour la santé. Si les agriculteurs sont en colèr, et bien qu'ils révisent donc leurs notions de "compétitivité et productivité" devenues désuettes. Rien ne leur interdit d'organiser leurs propres filières de distribution de produits de qualité ou encore d'exiger de pouvoir le faire puisqu'en système libéral la libre concurrence doit prévaloir. Pour ma part, je cultive avec bonheur mes propres fruits et légumes et je fais des conserves pour l'hiver ! exigeons donc le retour des jardins ouvriers pour permettre aux populations de survivre !

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
productrice de salades dans le sud ouest nous vendons le cadres 2 euros ,les douze pieds .notre situation est dramatique si le gouvernement n'intervient pas rapidement, nous perdrons nos exploitation .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Parler de baisse des prix en faisant une comparaison d'une année sur l'autre c'est trop facile ! Faites donc une comparaison sur 10 ans et arrêtez de prendre les consommateurs pour des idiots . D'ailleurs vous devriez nous inviter tous à venir cueillir les fruits dans vos exploitations car avec les aides de la PAC et des divers plans français d'aides ponctuelles aux agriculteurs , tout ça avec nos impôts , eh bien on a largement payé et les fruits et légumes devraient être gratuits .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
l difference est de 20 pour cent en baisse ?? vous contribuez a prendre les francais pour des cons en ecrivaent SES MENSSONGES melon la piece 2008 2,05 2009 2,40 courgette lekilo 2008 1,67 2009 1,70 au moment de la fraise le kilo en 2008 5,94 2009 8,40 OU EST LA BAISSE ???
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
un prix en baisse n'a jamais voulu dire un chiffre d' affaire en baisse et encore moins un bénéfice inférieur
si vous vendez 100kg à 1? c'est mieux que de vendre 10 kg à 2?
l'information est incompléte
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
arretez de nous prendre pour des cons moi je vois les augmentations dans mon supermarche pour acheter des legumes et surtout des fruits il ne faut pas vivre avec une retraite ou avec le smig ca augmente toutes les semaines et il faut etre aveugle ou homme politique toujours d aussi mauvaise foi pour dire le contraire demandez aux femmes qui font leurs courses
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
pas grave deja payé par les primes de l'etat et en plus ls sont trop cher remettez les en franc vous n'aurez plus un client aussi cher chez producteurs que chez cora ou leclerc chercher l'erreur
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
j'habite dans le Var ,pays producteur, les fruits et légumes sont toujours aussi chers!!!!!!!!!!!!!!!! surtout l'été!!!!!!!!!!!!!
Alors que celà devrait être le contraire!!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
vous revez aors que durant tout l'ete 2euro voir 3 euros sur super marche les fruit dans la region de montpellier non pas' cesser de depasser la progresion (1euro égal 6,56fr)
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
je ne suis pas un nostalgique de franc car je crois que l'euro devait être fait afin que l'EU politique puisse voir le jour, cependant, jadis du temps de notre chèr franc, on trouvait des melons en promo à 2.95f ( eh oui!!!) des pêches à 5.95f etc......JAMAIS les fruits ne dépassaient la barre des 20 voire 25 francs du kilo comme on le voit aujourd'hui. même chez carrefour market, ex Champion, ext Stoc, les fruits étaient vendus au maximum autour de 16.90f le kilo.....aujourd'hui ce magasin tient sûrement le record des prix abusifs car ils ont visiblement remplacé le sigle "f" par le signe "?"! J'y ai vu cette semaine des navets à 3.00 ? le kilo, des abricots en promo à plus de 3.50, des melons promo à 1.95 ou 3.00 pour 2 etc......Ce genre de prix n'est pas le "fruit" des producteurs car ces prix sont pour des produits made in EU car les produits made in France, je vous laisse imaginez les prix!! (@ Carrefour Marlet de Dinan- quévert, bretagne)
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il est difficile de faire des choix et d'être objectifs. Les différents commentaires à cet article le démontrent encore. Pour ma part, je n'achète ni fruit, ni légume en grande distribution mais uniquement sur les marchés ou chez des détaillants spécialisés à qui je peux demander des produits locaux et refuser d'acheter des produits d'importation en leur expliquant pourquoi. Ce faisant, ils réfléchissent et petit à petit évoluent. J'ai ainsi pu manger de très bons fruits cet été à un prix tout à fait raisonnable.
A propos de prix, je relativise énormément celui des fruits et légumes car je sais que pour les produire il faut du temps, de la main d'oeuvre, ... et en France tout cela coûte cher. Mais c'est aussi cela le prix de l'emploi rural, du maintien des paysages, ... Avez-vous comparé le prix des fruits et légumes frais à celui des produits préparés ? Avez-vous comparé le prix des fruits et légumes frais à ce que vous mettez dans votre téléphone portable ? ...
Enfin, pour avoir échangé avec des paysans, je peux vous dire que les producteurs de fruits et légumes ne touchent vraiment pas beaucoup d'aides de Bruxelles ou de Paris, et quand bien même, ces aides nous permettent de payer moins chers nos produits. A quels prix seraient-ils sans ces aides ???
En conclusion, j'essaie d'être un bon consom'acteur, un bon éco-citoyen.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
le prix des oignons a intermarcheest de 090 les 5 kg.honte et encore hontea votre avis combien est paye le producteur en sachant que les emballages et les charges augmentent.
je suis agricultrice produisant nos legumes et vente a la ferme.on nous prend pour des imbeciles.pourquoi ces producteurs font il des contrats;arretons le massacre
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
je suis adel et bien

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