L'Adam va-t-elle faire tomber Hermès dans les griffes de LVMH ?

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L'action judiciaire de l'association des actionnaires minoritaires (Adam), contestant le verrouillage du capital d' Hermès, risque, en cas de succès, d'offrir à LVMH, actionnaire minoritaire contesté par la direction, l'occasion de contrôler l'assemblée générale, a estimé ce jeudi le groupe familial.

Hermès a fait savoir ce jeudi que l'association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) avait assigné en référé la société et les membres du groupe familial "afin de priver ces derniers de l'essentiel de leurs droits de vote lors de l'assemblée générale" du 30 mai.

Hermès, dans un communiqué, dénonce cette procédure en expliquant que la demande de l'Adam aboutirait au transfert du contrôle de l'assemblée d'Hermès à LVMH, qui détient 20% du sellier de la rue du Faubourg Saint-Honoré.

Hermès rappelle que les conditions dans lesquelles LVMH est entré à son capital font actuellement l'objet d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

"Hermès International considère cette assignation sans fondement et constate dans cette tentative de déstabilisation de son assemblée une nouvelle agression", poursuit le groupe. Il "confirme à l'ensemble des actionnaires et du personnel d'Hermès son contrôle de la société et sa détermination à le conserver durablement".

LVMH avait dévoilé en octobre dernier avoir pris 17% d'Hermès via des instruments financiers (equity swaps) qui lui ont permis de ne pas déclarer les franchissements de seuils réglementaires. Il a depuis porté sa part à 20%, en assurant ne pas vouloir prendre le contrôle d'Hermès.

Les héritiers du fondateur Thierry Hermès, qui détiennent environ 73% du capital du groupe Hermès mais ne sont liés par aucun pacte d'actionnaires ou droits de préemption, ont organisé la riposte en obtenant de l'AMF une dérogation pour sécuriser leur participation via la création d'une holding détenant plus de 50% du capital du sellier sans avoir à lancer une offre publique d'achat sur le solde du capital.

L'Adam conteste la décision de l'AMF.

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Commentaires
a écrit le 19/05/2011 à 17:53 :
Bernard A. représente un luxe "accessible", ce qui n'est pas le cas de la maison Hermès ! Il serait dommage qu'il y ait un monopole dans le luxe : deux maisons sont très bien et il faut garder une distinction !
De plus, je suis inquiet car Monsieur A. est plus un financier qu'un industriel et Dieu seul sait dans ce cas ce qu'il adviendra du joyau Hermès.
Réponse de le 19/05/2011 à 22:01 :
2 qualités, LVMH ou du chinois. Tous pareil, quoi.
Réponse de le 20/05/2011 à 12:31 :
Lui au moins ,il ne délocalise pas ! Ce n'est pas la cas d'Hermès
a écrit le 19/05/2011 à 8:36 :
L'ADAM roule pour LVMH, c'est évident ! Si ses manoeuvres devaient conduire à la prise de contrôle par LVMH d'Hermès ce serait un scandale surtout au vu de i) la façon dont LVMH a obtenu les 20 % qu'il détient, ii) les déclarations de ses dirigeants prétendant ne pas vouloir controler la Société
Réponse de le 20/05/2011 à 5:42 :
Je n'apprécie pas trop l'homme, et à mon sens c'est un financier qui n'a rien construit, plutôt qu'un industriel. Cela dit, il a pris ses 20% en toute légalité, parce que les armées de fonctionnaires que nous payons pour censément réglementer et réguler le marché boursier ont été incapables d'écrire des textes corrects. C'est vers eux qu'il faut tourner vos critiques à mon sens.
Réponse de le 20/05/2011 à 8:50 :
Malheureusement vous avez raison. Cependant, quand on voit la régularité avec laquelle l'administration détourne la quasi totalité des lois votées (touchant à la régulation financière, aux différents impôts et taxes, ou à l'organisation des procédures) lors de la rédaction des décrets d'application, on peut légitimement se demander si l'administration est bien neutre, ou si elle joue d'un habile pas de deux avec les pouvoirs en place.
Réponse de le 20/05/2011 à 12:38 :
@antoinepop.
Quand on fait appel à l'épargne publique en éméttant des actions ,il faut s'attendre à ce que quelqu'un les ramasse un jour .Ou est le scandale ?

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