Deux milliardaires brésiliens veulent mettre la main sur le géant de la banane Chiquita

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Le marché mondial de la banane est contrôlé à 80% par quatre multinationales: Chiquita, Fresh Del Monte, Dole Food et Fyffes.
Le marché mondial de la banane est contrôlé à 80% par quatre multinationales: Chiquita, Fresh Del Monte, Dole Food et Fyffes. (Crédits : Reuters/Alberto Lowe)
Chiquita Brands International a confirmé lundi avoir reçu une offre non sollicitée du fabricant de jus de fruits Cutrale Group et de la société d'investissement Safra Group, deux entreprises brésiliennes, sur la totalité de son capital.

Voilà une proposition d'achat inattendue. Deux richissimes brésiliens, le roi du jus d'orange Jose Luis Cutrale et l'homme d'affaires Joseph Safra , veulent s'emparer du géant américain de la banane ChiquitaBrands. Ils ont mis sur la table lundi 611 millions de dollars pour parvenir à leurs fins.

"Nous sommes persuadés que tout est réuni maintenant pour discuter d'une éventuelle transaction", plaident les sociétés brésiliennes. Cutrale Group revendique un tiers du marché mondial du jus d'orange estimé à 5 milliards de dollars, quant à Safra Group, il assure gérer un portefeuille d'actifs de 200 milliards de dollars dans le monde.

Une fusion menacée pour devenir numéro 1

L'OPA non sollicitée des deux groupes brésiliens menace de faire capoter le mariage en préparation entre le bananier et l'entreprise irlandaise Fyffes, censé permettre au groupe américain de se domicilier en Irlande pour réduire son ardoise fiscale.

  Lire Comment les géants américains évitent le fisc en toute légalité

En mars, Chiquita a annoncé vouloir racheter l'importateur et distributeur de fruits exotiques pour 526 millions de dollars. Depuis, l'action du groupe américain a chuté en Bourse, en raison des incertitudes qui entourent cette fusion.

  Lire Quand deux géants de la banane s'unissent pour créer un empire

En cas de rupture des bans, Chiquita devrait verser 5 millions de dollars à Fyffes, selon les termes de leur contrat.

Chiquita a jusqu'au 15 août pour donner sa réponse

Conscients des obstacles réglementaires auxquels les deux bananiers font face, Cutrale et Safra veulent pousser leur avantage et conclure au plus vite, espérant ainsi finaliser la transaction d'ici la fin de l'année. Dans un communiqué, Chiquita indique qu'il va examiner "attentivement" l'offre et va se prononcer prochainement. L'entreprise américaine dispose jusqu'au 15 août à 18 heures (heure de Paris).

Les deux groupes brésiliens peuvent également se sentir confortés par la réaction positive de la communauté financière à leur offre. En Bourse, le titre Chiquita Brands s'est envolé en effet de 29,93% à 13,11 dollars lors de la clôture lundi soir.

Cutrale et Safra ne disent en revanche rien sur leurs intentions si leur cible repousse leurs avances. Il pourrait très bien lancer une offre hostile... ou abandonner.

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Commentaires
a écrit le 13/08/2014 à 8:54 :
De la part d'une république bananière, ce n'est pas très étonnant.
Réponse de le 15/08/2014 à 6:32 :
et vous savez quoi ? c'est même là l'origine de l'expression, vues les pratiques de la feu United Fruit Company, de sinistre mémoire, rebaptisée Chiquita Brands pour se faire oublier justement. Corruption, coups d'états et dictateurs encasquettés .. derrière cette OPA on pourrait voir comme une forme de revanche.
a écrit le 12/08/2014 à 14:58 :
C'est tout à faire normal, non? que l'on sache c'est le Brésil le pays producteur de bananes et pas les USA (grand producteur de guerres et coup d'Etats dans le monde).
Réponse de le 12/08/2014 à 16:08 :
+ 1000
a écrit le 12/08/2014 à 14:57 :
Il est remarquable que des sociétés étrangères de pays émergents fassent des offres sur des compagnies américaines. Si celle-ci réussit, il y a fort à parier que le phénomène va se multiplier. Nous assisterons alors à la mise en place d'un mur protectionniste ou des refus obtus sans justification. Une législation sur les refus devra être mise en place si l'on veut encore respecter les règles de l'OMC. Cette situation résulte de la montée des devises, auparavant les USA étaient protégés de fait par l'énormité de la valorisation des leurs entreprises et l'écart de devises.
Réponse de le 12/08/2014 à 16:10 :
Analyse tout à fait exacte. Et le scénario va devenir encore plus catastrophique pour l'économie US le jour où le dollar ne vaudra plus rien. Et ça va pas tarder...

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