Renault résiste à la dégringolade au Brésil

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Cérémonie pour la deux millionième Renault produite au Brésil
Cérémonie pour la deux millionième Renault produite au Brésil (Crédits : Reuters)
Le marché et la production s'effondrent au Brésil, Coupe du monde ou pas. Les immatriculations de voitures particulières neuves y ont reculé de 19,3% en juin, de 10,2% sur six mois. Mais Renault résiste, grâce à la nouvelle Sandero II.

Coupe du monde ou pas, l'économie brésilienne ne va pas bien.  La production automobile, un secteur clé, a dégringolé en juin (-33%), faisant craindre que 2014 ne soit la plus mauvaise année depuis... seize ans. Sur l'ensemble du premier semestre, la production de véhicules légers a chuté de 16,8% au Brésil, selon l'Association des constructeurs Anfavea. Si cette tendance se maintenait, la baisse en 2014 serait la plus forte depuis 1998.

Ventes en chute sérieuse

Conscient des difficultés, le gouvernement brésilien de la présidente Dilma Rousseff a prolongé le mois dernier des exemptions fiscales jusqu'à la fin de l'année. Mais, malgré ce soutien, les effectifs du secteur automobile ont diminué de 3% en juin par rapport au même mois de 2013, les constructeurs s'ajustant à la baisse de la demande et des exportations  - de 51% en juin ainsi que de 35% sur six mois, notamment vers l'Argentine.

Selon l'Anfavea, les immatriculations de voitures particulières neuves ont reculé au Brésil de 19,3% en juin, de 10,2% sur six mois à 1.190.330 unités, à cause en particulier de la baisse de confiance des ménages brésiliens et de la hausse des taux d'intérêt. Le marché automobile brésilien est le quatrième mondial.

Il est dominé par l'italien Fiat (245.400 immatriculations sur le semestre, -18,5%) - qui est également le premier constructeur dans l'Argentine voisine -, devant l'allemand Volkswagen (228.900, -14,6%), l'américain Chevrolet (GM, 225.529, -11,2%).

Renault s'en sort bien

L'un des rares constructeurs qui affichent des immatriculations en hausse sur le semestre au Brésil est... Renault (80.296 véhicules, +6%). La firme française est le sixième constructeur sur place, le coréen Hyundai venant de le doubler de peu. L'ex-Régie a commercialisé en juin au Brésil - sous la marque Renault - la nouvelle Dacia Sandero II, produite à Curitiba, dans l'Etat du Parana. La version pseudo-baroudeuse "Stepway", arrivera, elle, fin 2014. Un vrai renouvellement de la gamme, puisque la Logan II avait été lancée au Brésil en fin d'année dernière.

La Sandero II est un modèle crucial, rentrant dans la catégorie fiscalement favorisée du "Carro popular" (moteurs de moins de 1.000 centimètres-cubes). La Sandero II est disponible avec un micro-moteur 1,0 et un 1,6, tous deux "Flex Fuel" c'est-à-dire pouvant fonctionner à l'essence ou à l'alcool. Le Brésil est depuis 2011 le deuxième marché de Renault, après la France. Et c'est l'un des plus rentables, affirmait récemment le constructeur.

Carlos Ghosn, le PDG de Renault, a d'ailleurs annoncé en avril dernier un nouveau plan d'investissements pour le Brésil sur la période 2014-2019 de 500 millions de réals (162 millions d'euros). Le plan précédent de 1,5 milliard de réals (485 millions d'euros) avait permis l''augmentation des capacités de production de 280.000 à 380.000 véhicules par an dans l'usine de Curitiba; le renouvellement de la gamme avec notamment l'introduction du fourgon Master; l'expansion du réseau de concessionnaires avec l'ouverture de 100 nouveaux points de vente au cours des trois dernières années. La firme tricolore en est à 275 aujourd'hui.

PSA reste à la traîne

Elle vise désormais une part de marché au Brésil de 8% à l'horizon 2016. Renault produit des véhicules à Curitiba depuis quinze ans. Après avoir longtemps stagné et perdu beaucoup d'argent, la firme au losange a en fait percé avec sa gamme "Entry" (Sandero, Logan et 4x4 Duster) fabriquée sur place.

PSA se porte moins bien que Renault au Brésil. La firme perd chroniquement de l'argent sur place. Sa gamme est trop diversifiée pour des ventes encore faibles. Ses immatriculations ont reculé de 13,2% sur  six mois à 49.700 unités. Les volumes sont inférieurs de 40% à ceux de Renault, et ce, avec deux marques. PSA  produit depuis la fin 2000 à Porto Real, dans l'Etat de Rio.

L'Argentine plonge aussi

La situation automobile de l'Argentine n'est pas... meilleure que celle du Brésil. La production automobile dans l'Argentine voisine a chuté de 21,8% au premier semestre de 2014, d'après l'Association des constructeurs locale Adefa. Les exportations argentines ont décliné de 23%. Nettement plus petit que celui du Brésil mais encore conséquent, le marché a reculé quant à lui de 34% à 306.431 véhicules sur six mois (utilitaires et poids-lourds compris), selon les chiffres de  l'Adefa.

En Argentine, les immatriculations de Renault, qui est implanté industriellement à Cordoba depuis les années 60, ont reculé de 44% à 36.597 unités au premier semestre. Installé également depuis les anées 60, PSA produit à Palomar, près de Buenos Aires. Ses immatriculations ont fléchi au premier semestre de 33% à 44.760.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2014 à 12:09 :
Renault gagne des parts de marché... les marques allemandes en perdent...
Réponse de le 09/07/2014 à 12:41 :
Exact, PSA vient de gagner un point de PDM au détriment du groupe VW.
a écrit le 09/07/2014 à 9:36 :
Que ce soit en europe ou ailleurs, les clients attendent avec impatience les véhicules écologiques fonctionnant avec une pile à combustible. Une pile fonctionnant au kérosène consomme 3 fois moins qu'un moteur thermique conventionnel. Sans parler du fait que cela favoriserait la conversion du parc auto vers les énergies renouvelable comme le carburant de synthèse. Qu'attendent les constructeurs ?
Réponse de le 09/07/2014 à 10:31 :
Un véhicule qui coûte dix fois le coût d'un véhicule thermique est invendable! En plus, quel intérêt d'utiliser du... kérosène?
Réponse de le 10/07/2014 à 9:30 :
Le kérosène était seulement cité en exemple de ce que la technologie actuelle sait faire. On pourrait à la place utiliser un autre carburant de synthèse. La technologie de ma PAC coûtait cher il y a dix ans, mais depuis de nombreuses avancées ont été réalisés et les coûts on considérablement chuté. Mais les constructeurs veulent avant tout continuer à faire de l'argent avec des technologies dépassées.
a écrit le 09/07/2014 à 9:10 :
vu le match, c'est mort !
Ça va brûler de la carrosserie ...
a écrit le 08/07/2014 à 22:35 :
Extrait du communiqué de presse Renault (1er semestre 2014)

International :
Dans un contexte de baisse de ses principaux marchés émergents, les ventes du Groupe baissent de 9 %, à 589 182 unités. Elles représentent 43 % des ventes totales (contre 50 % au premier semestre 2013).

Dans la Région Eurasie, Renault fait mieux que le marché avec des ventes en baisse de 7 % dans un marché en baisse de 9 %.

Région Asie-Pacifique
Avec 110 903 véhicules vendus, les ventes du Groupe sont en recul de 12 %

Dans la région Euromed-Afrique, les ventes du Groupe reculent de 15 % sur un marché en baisse de 11 %.

Région Amériques
Avec 205 390 véhicules, les ventes du Groupe sont en baisse de 2 % dans un marché régional en baisse de 9 %
Réponse de le 09/07/2014 à 10:32 :
Renault progresse au Brésil mais baisse ailleurs dans les Amériques, notamment en Argentine
a écrit le 08/07/2014 à 21:12 :
Si l'économie du Brésil chute, ce qui est assez probable selon la plupart des analystes, alors cela aura un terrible impact sur Renault. La Chine veut profiter de sa position de membre du BRICS pour avoir aussi son mot à dire dans ce marché sud-américain.

En faisant des recherches j'ai découvert qu'il y avait déjà eu des usines françaises au Brésil aux années 50 et 60, Renault et Simca. La Renault Dauphine et plus tard la Gordini ont été fabriquées sous licence par Willy-Overland entre 1959 et 1968. Les voitures Simca ont été produites au Brésil à partir 1958 et plusieurs modèles sont devenus très populaires et portaient des noms brésiliens. Cependant à partir de 1966 Chrysler a pris la relève comme l'actionnaire majoritaire, après avoir acheté 92 % de la Simca France, la production a durée encore quelques années avant de cesser définitivement en 1969.

C'est curieuse l'histoire des usines automobiles françaises au Brésil, contrairement aux américaines, allemandes et à l'italienne Fiat, leur histoire ne paraît pas de longue durée. Des raisons économiques ?… mais pourquoi les autres fabricants y restent ?
a écrit le 08/07/2014 à 19:39 :
VW: -14.6% au Brésil, -22% aux USA, -9.5% en France, -5.2% au Royaume-uni etc., il ne reste que la Chine où cette marque trouve encore des pigeons. Il faut dire qu'en Chine, VW vend du très bas de gamme: la Lavida, une voiture qui est inférieure à la Logan.
Dans le même temps, Renault a fait +20% en France, +51% au Royaume-uni, +6% au Brésil etc.
Réponse de le 08/07/2014 à 20:36 :
Vw, c'est cuit, un peu comme la GT3...
Réponse de le 09/07/2014 à 9:25 :
+ 6 % de rien, + 22 % de rien; + 50 % de rien çà n' en reste toujours que rien.. mais si çà vous soulage..
Réponse de le 09/07/2014 à 10:36 :
Volkswagen est le N° 2 mondial avec des ventes record dans le monde et d'excellents profits. Vous pouvez vous amuser à dire que VW est nul, c''est vous qui êtes ridicule! Arrêtez d'aligner des contre-vérités!
Réponse de le 10/07/2014 à 11:21 :
@@bravo renault nous insistons, VW c'est cuit, les produits dérapent, les marques toutes sauf encore un peu Porsche mais ça vient, ne sont pas fiables, une erreur du passé dépassée que nous allons oublier

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