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Alimentation : les importations de produits agricoles font bondir les émissions de gaz à effet de serre (Haut conseil pour le climat)

latribune.fr

Publié le 25 janvier 2024 à 06:53 - Mis à jour le 25 janvier 2024 à 06:54

Une baisse de la consommation d'au moins 30% de produits d'origines animales aiderait à réduire de moitié les émissions d'origine agricole d'ici 2050.

Une baisse de la consommation d'au moins 30% de produits d'origines animales aiderait à réduire de moitié les émissions d'origine agricole d'ici 2050.

MATEJ LESKOVSEK

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Selon le Haut conseil pour le climat, la part des émissions liées aux importations des produits agricoles compte désormais pour près de la moitié de l'empreinte carbone alimentaire française. L'élevage est à lui seul responsable de 59% des émissions de l'agriculture.

Hasard du calendrier. Alors que la mobilisation des agriculteurs ne faiblit pas, un rapport du Haut conseil pour le climat, publié ce jeudi, donne des pistes pour rendre le monde agricole plus vertueux.

Lire aussiLa grande distribution accusée de freiner « la transition vers une alimentation durable »

Un constat, déjà. La France importe de plus en plus de produits agricoles. Selon un rapport Haut conseil pour le climat, publié en pleine mobilisation des agriculteurs, « 46% des émissions alimentaires sont des émissions importées », soit 63 millions de tonnes équivalents CO2, contre 42% en 2010 (61 millions de tonnes). Les importations atteignent ainsi « 40 à 50% » des légumes les plus consommés en France, et la part de fruits, poissons et crustacés importés est également élevée, détaille le Haut conseil pour le climat (HCC).

Les importations de viandes ont été multipliées par quatre en 20 ans

« Par ailleurs, 20% de la viande bovine et 30 à 40% du porc ou de la volaille consommés en France sont importés » souligne l'organisme indépendant, selon lequel « en vingt ans, les importations de viandes et préparations de volailles ont été multipliées par plus de quatre » pour « en partie répondre à la demande de l'industrie agro-alimentaire » et de la restauration. Le système alimentaire dans son ensemble représente 22% de l'empreinte carbone globale des Français, selon le HCC.

Par ailleurs, l'élevage est à lui seul responsable de 59% des émissions de l'agriculture, un secteur qui comptait pour 18% des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France en 2021. Les bovins sont la principale source d'émissions directes de l'élevage (83%), qui sont essentiellement dues au méthane que les vaches produisent en rotant et à la gestion de leurs déjections. Les émissions de l'élevage ont diminué de 15% entre 1990 et 2021, mais cette baisse résulte principalement d'une réduction du cheptel en raison des « difficultés socio-économiques du secteur », note l'organisme indépendant.

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«Moins manger de produits d'origines animales»

La Cour des comptes avait en mai 2023 recommandé de « définir une stratégie de réduction » du nombre de vaches élevées en France. « Cela ne servirait à rien de donner des consignes de taux de diminution du cheptel bovin parce que si la consommation ne diminue pas en parallèle, cela augmente les importations » a estimé lors d'une conférence de presse Marion Guillou, membre du Haut conseil pour le climat. « Aujourd'hui, le poids carbone des importations des pays en dehors de l'Union européenne est supérieur au poids carbone des productions européennes bovines », a-t-elle souligné, à l'heure où l'UE négocie des accords commerciaux avec plusieurs pays (Australie, Vietnam, Chili, pays du Mercosur). Le HCC recommande plutôt de commencer par manger moins de produits d'origines animales : une baisse de la consommation d'au moins 30% aiderait à réduire de moitié les émissions d'origine agricole d'ici 2050.

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Des initiatives fleurissent : ainsi, le groupe coopératif agricole Maïsadour a annoncé en décembre le lancement d'un ambitieux plan de décarbonation à court terme. La coopérative qui fédère plus de 5.000 agriculteurs dans le sud-ouest veut réduire de 25%, d'ici à 2030, ses émissions de CO2, avec un objectif de neutralité carbone en 2045. Pour y parvenir, le groupe table, ces deux prochaines années, sur une installation massive de panneaux photovoltaïques sur l'ensemble de ses « sites et usines » et sur tous les « bâtiments d'élevage en construction » chez ses adhérents, ainsi que sur une réduction de 30% des engrais azotés en développant 100.000 hectares « d'agriculture régénératrice » un concept basé sur la restauration de l'écosystème des sol.

(Avec AFP)

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