Face à l'enjeu titanesque de la transition vers une alimentation plus durable, saine et accessible, les grands distributeurs pourraient jouer un rôle central. Ils peinent toutefois encore à l'assumer, alerte l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), dans une étude publiée en septembre.
Au total, 20% des émissions de gaz à effet de serre totales de l'Union européenne leur sont imputables, selon une estimation du cabinet McKinsey datant de 2022. Or, les engagements des enseignes portent essentiellement sur 5% de cet ensemble dont elles sont directement responsables (scopes 1 et 2), liées par exemple au refroidissement des rayons. Ils négligent en revanche les 95% restants, dépendants des modes de production et des pratiques de consommation, relève l'Iddri.
La capacité des grands distributeurs à influencer leurs fournisseurs, comme leurs clients, est pourtant considérable, note le think tank. Ils opèrent au centre de la chaîne de valeur alimentaire, entre les producteurs agricoles et industriels et les consommateurs. Leur pouvoir est accru par leur concentration autour de quelques grands groupes, qui captent la grande majorité des ventes alimentaires.
Dans d'autres domaines, les enseignes usent d'ailleurs bien de leur pouvoir. Preuve en est la multiplication de leurs exigences vis-à-vis des agriculteurs et des transformateurs - jusqu'au développement de leurs propres marques de distributeurs (MDD). Au moment de la flambée de l'inflation alimentaire, les enseignes n'hésitent par ailleurs pas à se présenter comme les porte-parole des ménages, en clamant leur responsabilité dans la défense du pouvoir d'achat et en exigeant de leurs fournisseurs une baisse de leurs tarifs.