Changement climatique : les vins du Jura misent sur les anciens cépages plus résistants
Amandine Ibled
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CIVJ
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« Des anciens vignerons me racontaient que lorsqu'ils avaient commencé en viticulture, il y avait une crise tous les 10 à 15 ans. Maintenant, c'est tous les 2 à 3 ans. On constate de manière empirique, une accélération des éléments qui rend la viticulture plus complexe », souligne Olivier Badoureaux, directeur du Comité interprofessionnel des vins du Jura (CIVJ). Sur les cinq dernières années, le vignoble jurassien a connu trois épisodes de gel printanier. Toutefois, ce n'est pas le froid qui engendre le plus de conséquences graves, ce sont les épisodes de chaleur précoce avant ce gel. Cette année, la dernière semaine de février, les températures tournaient autour de 20 degrés.
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Résultat : ces évènements climatiques limitent les rendements des récoltes. Il y a moins de vins, donc moins de stock. Les vignerons n'ont plus la possibilité de faire appel à des stocks tampons pour pallier les mauvais millésimes. Le CIVJ estime récolter 20.000 hectolitres en 2021. Une année record en termes d'événements climatiques : grêle, gel, pression sanitaire, inondation, maladie, et même des glissements de terrain sur Château-Chalon ! Pour comparaison, en 2019, qui était une année de gel, le vignoble jurassien avait produit 59.000 hectolitres. En 2018, une très belle année, le chiffre était monté à 118.000 hectolitres. « On observe un effet ciseau avec d'un côté la hausse des coûts de production et de l'autre la baisse des ventes. Sans compter les 18 derniers mois impactés par la crise sanitaire, qui a fermé des canaux de distribution aux viticulteurs (œnotourisme, salons, restaurants). Les vignerons sont obligés de prendre directement dans leur trésorerie », note Olivier Badoureaux.
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