« Chez SEB, notre stratégie est de fabriquer le haut-de-gamme en France » (Thierry de La Tour d'Artaise)
Propos recueillis par David Medioni et Valérie Abrial
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Photo d'illustration
© Groupe SEB
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Le groupe SEB a la particularité d'avoir résisté au mouvement de délocalisation qu'a connu la France dans les années 2000. Comment avez-vous travaillé pour y parvenir ?
Thierry de La Tour d'Artaise Pour comprendre la façon dont nous nous sommes positionnés, je voudrais d'abord faire un détour par l'histoire. Il est nécessaire de rappeler que juste après la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction fut la clé pour l'Europe, tandis que les États-Unis vivaient, eux, l'essor économique avec les Trente Glorieuses. C'est à ce moment-là qu'un nouveau monde se crée et se dessine. Pourquoi parler de cela ? Parce que c'est une période très importante pour le développement de l'industrie. Cette industrialisation va alors de pair avec la moyennisation des sociétés dans leur ensemble. Le développement des classes moyennes induit que les populations cherchent alors à se faciliter la vie dans les tâches quotidiennes. C'est à ce besoin que SEB va répondre en fournissant tout un électroménager pratique. Les lieux de production sont alors les mêmes que les lieux de consommation. Chaque pays produit ce que sa population consomme.
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Par la suite, ce développement de la moyennisation est assuré par celui de la distribution moderne avec Walmart aux États-Unis et Carrefour en France. Reste que cette distribution de masse va s'accompagner d'une course toujours plus importante pour vendre le moins cher possible. Le fameux 9,99 dollars de Walmart. Ce mouvement enclenché de courses au prix moins cher engendre une plus forte pression sur les fabricants, puis, inévitablement des restructurations et des délocalisations. Aux États-Unis, ce fut d'abord vers le Mexique. Puis vers l'Asie, notamment la Chine. Les Américains décident alors non pas de transférer les usines en Chine, mais, au contraire, d'arrêter la production de certains biens de consommation pour la laisser à la Chine. C'est ainsi que la Chine va se mettre à produire des machines à café ou des bouilloires.
Propos recueillis par David Medioni et Valérie Abrial