Comptes truqués : l'État prête 70 millions d'euros à William Saurin et co

Les ministères des Finances et de l'Agriculture ont annoncé qu'ils allaient prendre leurs responsabilités pour accompagner le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette qui détient entre autres William Saurin et Madrange, suite à la découverte de pratiques de présentation trompeuse de ses comptes.

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S'il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l'Etat pour s'assurer qu'on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c'était important d'apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés, ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun.
"S'il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l'Etat pour s'assurer qu'on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c'était important d'apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés", ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun. (Crédits : Capture d'écran Youtube)

Article publié le 14 décembre à 19:06, mis à jour le 16 décembre à 15:57

Les pouvoirs publics volent au secours de William Saurin et de sa maison mère, la Financière Turenne Lafayette. L'État a indiqué dans un communiqué qu'il allait "prendre ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés", après qu'un audit a révélé "une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années". Diligenté par le nouveau président du groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette, cet audit faisait suite au décès, le 30 novembre dernier, de l'actionnaire unique Monique Piffau.

Un arrêté publié au journal officiel a finalement annoncé ce vendredi que le gouvernement allait accorder un prêt de 70 millions d'euros au groupe. Ces fonds seront débloqués "au plus tard le 31 décembre" au titre du fonds de développement économique et social (FDES) puis mis "à disposition d'une ou plusieurs sociétés du groupe Financière Turenne Lafayette", précise l'arrêté.

De fausses facturations et de fausses avances sur le stock auraient été retrouvées dans les comptes. Le groupe français a annoncé que le redressement allait prendre plusieurs semaines et plusieurs mois en mettant en avant la non connaissance de ces malversations avant cet audit. Les comptes auraient ainsi été "embellis" afin de masquer certaines difficultés financières.

"Il semblerait que ces tromperies n'avaient pour but que de maintenir le financement du groupe" a ainsi énoncé une porte-parole, cela au sein d'un contexte très difficile dans le secteur agroalimentaire et "pour certaines filiales du groupe en particulier".

Sauvegarder 3.200 emplois et 21 sites industriels

Par un communiqué de presse commun des ministères de l'Economie et de l'Agriculture, l'État a rapidement réagi, indiquant vouloir permettre la sauvegarde de 3.200 emplois directs du groupe, répartis sur 21 sites industriels qui fabriquent pour une kyrielle de marques. Car le groupe agroalimentaire Financière Turenne, c'est non seulement William Saurin, mais aussi Madrange, Garbit, PetitJean, Soulié, Montagne noire, le traiteur Ecochard, les jambons Paul Prédault, ou la Lampaulaise de salaisons dans le Finistère.

Les représentants des cabinets gouvernementaux ont également annoncé la saisie de la justice afin de déterminer les responsables et les causes de ces pratiques frauduleuses.

"S'il est besoin, il y aura un soutien financier de l'Etat pour s'assurer qu'on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous, c'était important d'apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés", ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun.

Ils ont également annoncé différentes réunions avec les fournisseurs, les clients, les banques et les organisations syndicales dans les prochains jours.

"Pas question pour l'Etat d'entrer au capital de ce groupe"

C'est une réelle prise de responsabilité de la part de l'Etat qui va assurer une aide de 70 millions d'euros au groupe alimentaire après avoir considéré que la situation représentait "un risque pour la pérennité du groupe".

Néanmoins, jeudi, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, affirmait sur la radio Europe1 que l'engagement de l'Etat avait des limites :

"Il n'est pas question bien évidemment d'entrer au capital de ce groupe, mais de permettre une activité qui puisse perdurer pendant les mois qui viennent." "Nous envisageons plutôt de (...) venir en aide avec un prêt à côté des banques pour pouvoir permettre la pérennité de l'activité", comme l'Etat l'avait fait début 2015 pour le verrier Arc International, a-t-il précisé.

Pour l'heure, la direction de l'entreprise affirme aussi qu'elle se mobilise "pour rechercher les voies et moyens d'assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe", selon son communiqué. Ils ont ainsi annoncé que différentes pistes pouvaient être envisagées, notamment l'ouverture du capital afin de trouver de nouveaux moyens de financement.

Un porte-parole du groupe avait déclaré à l'AFP au lendemain du décès de l'actionnaire: "Il n'y a pas de risque de démantèlement du groupe car la propriétaire, très attachée aux entreprises, avait exprimé sa volonté".

Pression des syndicats sur le gouvernement

Mais le syndicat Fnaf-CGT craignait d'ores et déjà ce démantèlement et avait réclamé dans un communiqué la sauvegarde de "l'intégrité du groupe" et voulait éviter "le dépeçage par les vautours de la profession qui serait inacceptable et qui signifierait de nouvelles purges" pour les salariés.

S'ajoute à cela la réaction du secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui a jugé jeudi "absolument scandaleux" le maquillage des comptes du groupe et a réclamé  "une mobilisation de l'Etat" afin que "les dirigeants actuels ne fassent pas payer leurs fautes d'hier" aux 3.200 salariés. Il a également ajouté la nécessité d'un "contre-pouvoir" dans l'entreprise et a dénoncé les pressions mises sur les syndicalistes pour empêcher des expertises comptables proposées à différentes reprises.

(avec AFP)

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Commentaires 27
à écrit le 17/12/2016 à 18:59
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Je connais quelqu'un qui a tout perdu quand sa PME a fondu les plombs. Pour la "France d'en haut": Crédit Lyonnais, Crédit Foncier, c'est le contribuable qui paye !

à écrit le 17/12/2016 à 17:32
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Pauvre LE FOLL toujours dans son costume de pompier de service prêt à défendre n'importe quoi. Mais, sur le fond, ça pose des questions : Mme MACHIN n'a pas fait ça toute seule ! Il n'y a avait pas de commissaires aux comptes ou de directions fina...

à écrit le 17/12/2016 à 16:01
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l'état ( donc le contribuable) "prete" 70 million alors que la seule actionnaire a truqué les comptes et qu'elle laisse une succession pour le moins rondelette à une pseudo association!

à écrit le 17/12/2016 à 13:16
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William Saurin était gérée comme un entreprise publique française: Pas de rentabilité , des centaines de millions d'euros de dettes mais un personnel pléthorique. Bref le AREVA , la SNCF, Le EDF de l’agro-alimentaire, en somme.

à écrit le 17/12/2016 à 13:13
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Hey, moi aussi j'ai truqué mes comptes !

à écrit le 17/12/2016 à 11:13
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Démocratie ? Non, oligarchie. Et c'est avec l'agro-industrie, empoisonneuse professionnelle, que nos décideurs politiques sont le plus serviles. C'est abjecte. LE socialisme c'est promesses à gauche politiques à droite.

à écrit le 17/12/2016 à 9:11
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L’état endetté vole au secours d’une entreprise privée de fabrication de cassoulets qui a truqué pendant dix ans ses comptes. Je note que la société reconnaît des faits aussi graves. Elle reconnaît donc que la charge de la preuve lui incombe désor...

à écrit le 17/12/2016 à 9:08
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Comme d'habitude, le scandale continue. L'Etat aide les grosses entreprises au nom de l'emploi, le contribuable paye et les banques s'en sortent sans perte. Par contre les milliers de TPE qui font faillite chaque année, là, l'Etat ne vient pas aide...

à écrit le 17/12/2016 à 8:42
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Curieux que les commissaires aux comptes n'aient relevé aucune anomalie ?

à écrit le 17/12/2016 à 8:07
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Pourquoi l'Etat met la main à la poche ? Parce qu'il n'a pas fait sont travail ! Si cette société avait eu des contrôles fiscaux sérieux on aurait découvert la magouille depuis longtemps !

à écrit le 16/12/2016 à 18:59
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L'Europe est donc bel et bien morte?

à écrit le 16/12/2016 à 18:16
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"l'actionnaire unique Monique Piffau." Elle est décédée: Son patrimoine doit être évalué et vendu. Il faut aussi remonter le temps et retrouver ceux qui ont certainement bénéficié de ses largesses. Idem pour les dirigeants, experts-comptables et comm...

à écrit le 16/12/2016 à 18:06
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Encore une fois il n'y en a que pour les tricheurs, les menteurs ou les voleurs dans ce pays. En plus ces gens là sont des empoisonneurs patentés. Quelle misère.

à écrit le 16/12/2016 à 17:50
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Cette patronne à certainement ses raisons d'avoir truqué ses comptes d'entreprise. Le pigeon, repreneur, s'aperçoit avec retard de l'embrouille. Au fait, elle laisse tout de même un héritage de 300 millions env sans bénéficiaire, sauf selon la pres...

à écrit le 16/12/2016 à 16:03
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Il faut dans ce cas nationaliser l entreprise ! Gerard Vial dirigeant d Eurexia avait à l époque laissé un trou de 11 millions d € soit 1/3 du ca ! Pas de prison rien et maintenant il a récupérer le fonds de commerce et continue ! 😳

à écrit le 16/12/2016 à 15:58
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patrons d'entreprise, vous n'avez plus de trésorerie: voyez l'Etat!!! N'oubliez pas de magouiller les comptes avant pour toucher plus. De toutes les façons, les media généralistes n'en parleront pas.

à écrit le 16/12/2016 à 15:51
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l'état,c'est a dire nous devons apporter un pret a une entreprises privée curieux sans délibération du parlement perso je trouve cela illégal... car en fait meme les banques demandent des garanties et ce pret servira a dégager les banques.....DE LEUR...

à écrit le 15/12/2016 à 11:02
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que du cirque.... bon il est important de sauver ces entreprises, pas forcement la maison mère;.. qui n'a aucun salarié je pense, mais la réaction du Ministre démontre sa meconnaissance du systéme, s'il y a eu faux bilans depuis des années... je ne v...

à écrit le 14/12/2016 à 23:36
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Tout à fait anormal que l'Etat, c'est-à-dire le contribuable, renfloue uneentreprise privée. On devrait confisquer et vendre tous les biens des propriétaires/actionnaires jusqu'à concurrence du paiement du passif de l'entreprise :-)

le 16/12/2016 à 16:09
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les français sont très attachés a la maison William Saurin,avec notamment une choucroute et un couscous exceptionnels.ils verraient d'un très mauvais oeil cette entreprise leader disparaitre alors,oui,l'état doit renflouer cette entreprise comme il...

le 16/12/2016 à 21:22
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@élu ps: les Français étaient aussi attachés aux porteurs d'eau quand ils étaient incontournables ! Si l'État se met à renflouer les malfrats, beaucoup vont se dire qu'il ne faut plus se gêner :-)

le 17/12/2016 à 9:14
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@élu ps: les goût et les couleurs ... tout est relatif. Vous aimez ce que WS produit, d'autres contribuables non. Mieux vaut investir l'argent avec la raison plutôt qu'avec son coeur ...

le 17/12/2016 à 13:48
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L'état peut renflouer la boîte en prenant des actions qui au cours actuel seront sans doute favorables. Cela rendrait l'argent à l'état et punirait les coupables tout en savant les emplois. Mais en France l'emploi est l'excuse pour enrichir les ami...

le 18/12/2016 à 22:52
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@Don Rémi: tu entends des voix ou quoi ? Achter des actions de cette entreprise maintenant, ce serait un peu comme acheter du Hollande ou parier sur le PS aux prochaines élections. Autrement dit, un pari risqué sur les Junk Bonds :-)

à écrit le 14/12/2016 à 23:13
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"responsabilité de la part de l'Etat". Ha bon..?? Et les commissaires aux comptes, ça n'existe pas..?? Ceci est de LEUR responsabilité. Et la récupération de l'énorme héritage de cette femme à son chien, c'est impossible..?? Arrêtons l'hypocrisie, ju...

à écrit le 14/12/2016 à 19:21
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C'est une honte, encore une subvention envers l'agro-industrie le machine à empoisonner la planète et les hommes.

le 16/12/2016 à 22:52
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La honte ce gouvernement vivement la sortie !!!!!!!!!!

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