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Prix alimentaires : dernière ligne droite pour les négociations commerciales, les grands distributeurs mettent la pression

latribune.fr

Publié le 05 janvier 2024 à 11:19 - Mis à jour le 05 janvier 2024 à 12:15

Les négociations commerciales se concluent ce mois-ci (Photo d'illustration).

Les négociations commerciales se concluent ce mois-ci (Photo d'illustration).

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le coup de force de Carrefour, qui a décidé jeudi de cesser la vente de tous les produits de PepsiCo, « pour cause de hausse de prix inacceptable », symbolise l'état d'esprit de la grande distribution. Pour rappel, les négociations commerciales avec les industriels doivent prendre fin, au plus tard, au 31 janvier.

La guerre est déclarée. Depuis jeudi, les rayons des produits PepsiCo des magasins Carrefour en France sont accompagnés d'une note indiquant « Nous ne vendons plus cette marque pour cause de hausse de prix inacceptable ». Exit donc le soda Pepsi, les chips Lays ou encore le thé Lipton. Le timing de cette annonce est loin d'être anodin. La grande distribution et les industriels entament le sprint final dans le cadre des négociations commerciales, celles-ci s'achevant à la fin du mois.

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Inflation : feu vert à l'Assemblée pour avancer les négociations commerciales entre la grande distribution et les industriels

Selon une source au fait du dossier interrogée par l'AFP, le déréférencement porte aussi sur les magasins Carrefour de Belgique, d'Espagne et d'Italie.

«Cela ne m'étonne pas du tout, a déclaré une spécialiste du secteur auprès de l'agence Reuters.Je pense qu'il va y avoir plein de produits qu'on va laisser de côté parce qu'ils sont devenus trop chers, et ce sont des choses que l'on peut éviter, surtout les sodas, ce n'est pas nécessaire.»

Une campagne contre la «shrinkflation»

« Les discussions avec Carrefour ont lieu depuis de nombreux mois et nous continuerons à le faire de bonne foi pour faire en sorte que nos produits soient disponibles », a réagi une porte-parole de PepsiCo, sans commenter les négociations actuelles.

Carrefour avait déjà mis en cause les pratiques de certains géants de la consommation courante, en lançant l'an dernier une campagne contre la « shrinkflation ». Pour rappel, cette pratique consiste à vendre un produit en quantité réduite au même prix, voire plus cher. Le groupe avait apposé dans ses magasins des avertissements sur les produits concernés par cette pratique qui va être encadrée par le gouvernement qui demande plus de transparence.

Dans la même veine, Intermarché, 3e acteur du secteur derrière E.Leclerc et Carrefour, avait joué la carte de l'humour en reprochant dans une campagne de communication qui n'est plus en cours, au fabricant du savon Petit Marseillais d'être « fada », ou aux surgelés Findus de jeter « un froid » avec des demandes jugées déraisonnables.

Leclerc veut« casser la gueule à l'inflation »

Avant ce coup de force de Carrefour, Michel-Edouard Leclerc, avait donné le ton.

«On va aller chercher des poches de baisse de prix, on va aller casser la gueule à l'inflation, et on va arriver avec une inflation, je pense, - fin janvier, début février - qui sera au moins moitié moins que l'année dernière», a promis mardi dernier le patron des centres E.Leclerc, au micro de France 2.

Il assure que les distributeurs sont alliés pour demander aux industriels « de la déflation, de la baisse des prix, parce qu'ils se sont trop 'sucrés' l'année dernière ». Mais, a-t-il tempéré, « beaucoup d'industriels demandent encore des hausses de 6 à 8% », justifiées par le « prix du conditionnement ». On se souvient que Leclerc avait quasiment banni les alcools Pernod-Ricard de ses rayons avant le début de l'été. Ce qui, pour le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, « n'est jamais un jeu gagnant, les consommateurs ne veulent pas payer cher mais s'ils n'ont pas leurs produits, ils ne sont pas contents et vont chez le concurrent ».

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«Nous savons que les supermarchés français sont tout à fait prêts à déréférencer leurs fournisseurs s'ils n'apprécient pas les offres qui leur sont faites», a commenté James Walton, économiste en chef de l'Institute of Grocery Distribution.« Ils'agit évidemment d'un dernier recours, car personne n'est gagnant si les produits que les gens veulent ne sont pas disponibles dans les rayons», insiste-t-il.

Les négociations commerciales annuelles ont lieu chaque année pour fixer les conditions (prix d'achat, place en rayon, calendrier promotionnel...) auxquelles les supermarchés vont s'approvisionner toute l'année auprès de leurs fournisseurs agro-industriels. Ces discussions se concluent habituellement le 1er mars. Cette année, le gouvernement a décidé de les avancer de quelques semaines en espérant une répercussion plus rapide dans les prix en rayon des baisses du coût de certaines matières premières.

Les fournisseurs qui ne respectent pas les dates butoirs s'exposent à une amende, par infraction, de 200.000 euros maximum pour une personne physique et de 5.000.000 euros maximum pour une société. « Le délai est plus court cette année et on pensait avoir une mobilisation plus forte », a ainsi regretté

le patron de Système U, Dominique Schelcher, 

le PDG du 4e acteur de la distribution alimentaire en France au micro de BFMTV mercredi. « Beaucoup d'industriels sont partis en vacances pendant les fêtes et on n'a vu personne. On était mobilisé, il faut que ça s'accélère ».

À lire également

  • Inflation : Michel-Edouard Leclerc affirme vouloir lui « casser la gueule », malgré des négociations commerciales difficiles
  • Inflation : le patron de Système U met, lui aussi, la pression sur les industriels
  • « Shrinkflation » : Carrefour va épingler les industriels, Bruno Le Maire promet une disposition

Casino cède ses magasins à Auchan et Intermarché

« Environ un tiers » des 313 supermarchés et hypermarchés du groupe Casino, proposés à la vente dans le cadre d'une restructuration de dette, « devraient être repris par Auchan, les deux autres tiers par Intermarché », a annoncé jeudi l'intersyndicale du groupe à l'issue d'une réunion avec la direction. « On va essayer de sauver le maximum de salariés. Ici au siège, on estime que 1.000 à 1.200 personnes vont se retrouver sur le carreau », a déclaré jeudi soir le représentant syndical CGT de casino Jean Pastor lors d'un point presse devant le siège du groupe de distribution à Saint-Etienne.

« Ce qui nous importe, c'est d'aller sur le social, d'accompagner nos collègues et de sauvegarder l'emploi », a ajouté son homologue de FO, Nathalie Devienne en constatant qu'il serait impossible « d'arrêter le démantèlement » et en redoutant une « casse sociale » au siège. Aux abois financièrement, Casino a signé en juillet un accord prévoyant la restructuration de sa dette et un changement d'actionnariat à horizon mars-avril 2024. C'est le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, le Français Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds britannique Attestor, qui doivent en prendre les commandes à cette date.

(Avec agences)

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