Duralex : le communiste Fabien Roussel plaide pour « alléger les factures d'électricité » du verrier en difficulté
latribune.fr

Duralex est notamment le fabricant des iconiques gobelets incassables Gigogne.
Benoit Tessier
latribune.fr

Duralex est notamment le fabricant des iconiques gobelets incassables Gigogne.
Benoit Tessier
En difficulté, l'entreprise Duralex a pu compter ce lundi sur le soutien du numéro un du Parti communiste. Pour Fabien Roussel, « il faut trouver des solutions pour que cette entreprise puisse continuer de vivre », a-t-il déclaré lors d'une visite aux 230 salariés de l'usine historique, installée à La Chapelle-Saint-Mesmin, dans la banlieue d'Orléans (Loiret).
« L'État peut aussi agir en passant des commandes publiques » de vaisselles à destination des « écoles, collèges, lycées, commissariats... », a encore égrené celui qui est aussi député.
Cette visite intervient alors que le verrier français cherche un nouveau repreneur. Duralex « a sollicité l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire à son bénéfice auprès du tribunal de commerce d'Orléans », a annoncé la semaine dernière la société New Duralex International (NDI) exploitante de la célèbre marque. Pour rappel, Duralex a été rachetée en 2021 par International Cookware (Pyrex), devenu la Maison française du Verre en début d'année, qui détient également la marque Pyrex. Trois ans plus tard, le groupe veut désormais s'en séparer.
Les raisons sont multiples. Duralex a subi de plein fouet la flambée des prix du gaz consécutive à l'invasion de l'Ukraine par la Russie début 2022. Elle avait été sauvée temporairement la même année par un prêt de 15 millions d'euros de l'État, qui lui avait permis de rouvrir son four verrier et de relancer sa production après cinq mois de fermeture. Mais dès 2023, de nouvelles difficultés ont émergé, que la direction attribue à l'inflation, à un environnement de consommation « en fort retrait » et à une « concurrence exacerbée ».
En outre, Duralex a été condamnée à payer les droits à polluer de son ancien exploitant. Ce jugement « rendu mi-mars », contre lequel la société a annoncé son intention de faire appel, « compromet sérieusement la santé financière de NDI et sa capacité à maintenir ses activités de manière durable », avait-elle indiqué.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Duralex a réalisé un chiffre d'affaires annuel de 29,4 millions d'euros en 2022, avant que l'activité recule l'année dernière de façon significative. Pour autant, selon l'élu CGT François Dufranne, les salariés « ne s'attendaient pas » à cette annonce de redressement judiciaire.
Le tribunal de commerce se réunira ce mercredi à partir de 16h00 pour décider du sort de Duralex. La société espère, outre son placement en redressement judiciaire, la nomination d'un administrateur et d'un mandataire judiciaire par le tribunal pour l'assister pendant la période d'observation qui devrait s'ouvrir. La semaine dernière, le ministre de l'Industrie Roland Lescure a indiqué que l'État « mettrait tout en œuvre pour essayer de faire émerger des solutions de reprise ». « Nous comptons sur les acteurs du territoire pour se mobiliser à nos côtés dans cette recherche », a-t-il indiqué à l'AFP dans un bref communiqué, sans plus de détails.
À lire également
Affaibli, Duralex dispose néanmoins d'atouts significatifs : à commencer par un savoir-faire reconnu et unique. Fondée en 1945 par Saint-Gobain, la marque fait partie intégrante du patrimoine industriel français et devrait ainsi ne pas manquer de postulants, d'après un expert du secteur de la verrerie. Elle dispose aussi d'une notoriété nationale et internationale. Verres des restaurants scolaires, mais aussi objets design de la boutique du MoMA de New York, contenants à whisky pour James Bond dans Skyfall, ses créations sont connues dans le monde entier.
(Avec AFP)
latribune.fr