Grande distribution VS agriculteurs: les pistes des députés contre la guerre des prix
Marine Godelier
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Unanime, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi de la majorité qui entend rééquilibrer les relations entre industriels et supermarchés, une « impérieuse nécessité » selon le gouvernement Macron. Car pris en étau dans des négociations de prix déséquilibrées, parfois brutales, avec les distributeurs et les industriels, ils doivent souvent se résoudre à vendre leurs produits... à perte.
Au-delà de la promesse politique, le but de la proposition est donc clair, il s'agit de garantir une construction du prix des denrées alimentaires de l'amont (le producteur) à l'aval (le distributeur), plutôt que l'inverse, comme c'est aujourd'hui le cas - au détriment des revenus des paysans, contraints de s'adapter à une course au rabais. Un tournant dans la relation groupes de la grande distributeurs-agriculteurs ? Rien n'est moins sûr.
Votée en 2018, la loi EGAlim devait en effet déjà mettre fin à cette « guerre des prix », en encadrant les promotions et en relevant le seuil de revente à perte. Mais force est de constater qu'elle n'a pas tenu ses promesses - le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, ayant lui-même admis « ses limites » dans Le Figaro, évoquant « des dérives à la fois chez les industriels et les distributeurs ».
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Face à ces lacunes, l'ancien président du Système U, Serge Papin, avait remis un rapport au gouvernement en mars dernier, après avoir auditionné 60 acteurs du secteur. Ses conclusions ont été reprises par les députés de la majorité, pour rédiger une proposition de loi sur une rémunération « juste » des agriculteurs, avec l'appui de Julien Denormandie.
Marine Godelier