Octopus Robots, la première AgTech à faire son entrée à la Bourse de Paris

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Octopus Robots est l'inventeur d'un robot, l'Octopus Poultry Safe, spécialisé dans la décontamination de poulaillers industriels. Une technologie qui a demandé plus de deux années de recherche et développement et 2,5 millions d'euros d'investissement, et qui, selon le fondateur de l'entreprise, Olivier Somville aurait le même niveau de complexité que la Google Car.
Octopus Robots est l'inventeur d'un robot, l'Octopus Poultry Safe, spécialisé dans la décontamination de poulaillers industriels. Une technologie qui a demandé plus de deux années de recherche et développement et 2,5 millions d'euros d'investissement, et qui, selon le fondateur de l'entreprise, Olivier Somville aurait "le même niveau de complexité que la Google Car". (Crédits : DR)
Octopus Robots, startup du Maine-et-Loire, a inventé un robot spécialisé dans la décontamination de poulaillers industriels. Face à de fortes marques d'intérêt du marché, elle veut accélérer sa production.

Elles ont déjà poussé les murs du Salon de l'agriculture, et pénètrent désormais à la Bourse de Paris. Ce mercredi 14 mars, Octopus Robots, entreprise de Maine-et-Loire spécialisée dans la construction de robots agricoles, devient la première AgTech cotée sur la place parisienne.Depuis 10h30, elle est inscrite sur Euronext Access, avec un cours d'introduction initial de 15,07 euros.

"Ce succès récompense plusieurs années d'efforts en innovation et va nous permettre d'accroître rapidement notre notoriété au moment où nos robots, uniques au monde, commencent à rencontrer un succès croissant tant en France qu'à l'international", explique l'entreprise dans un communiqué.

Elle précise vouloir profiter de la progression du marché mondial de la sécurité sanitaire, et miser sur la croissance de l'élevage de volailles, "qui représente le plus fort potentiel de ventes pour la société".

Un robot modulaire

Octopus Robots est en effet l'inventeur d'un robot, l'Octopus Poultry Safe, spécialisé dans la décontamination de poulaillers industriels. Une technologie qui a demandé plus de deux années de recherche et développement et 2,5 millions d'euros d'investissement, et qui, selon le fondateur de l'entreprise, Olivier Somville, cité par Ouest France, aurait "le même niveau de complexité que la Google Car".

Évolutif, le robot est constitué d'une base commune motorisée et équipée de capteurs, auquel on peut ajouter des modules adaptés aux besoins de l'éleveur, pouvant aller de la détection à la scarification de la terre, explique le titre de presse quotidienne régionale.

Lire aussi: "La robotisation induit un changement radical dans la configuration de la ferme"

Des applications dans la sécurité et la défense

Depuis sa première présentation au public en septembre 2016, le robot a pu mesurer l'intérêt du marché. Selon le Pdg d'Octopus Robots, les sollicitations sont venues de toutes parts: Ouest France cite notamment le brésilien JBS, leader mondial de la viande, les géants américains Tyson Foods et Perdue Farms, mais aussi des échanges avec l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Italie, les Pays de l'Est et le Canada. Le Science Museum de Londres a même prévu d'intégrer le robot à une grande exposition sur les bactéries multi-résistantes prévue en 2019.

Si aujourd'hui le robot est programmé pour désinfecter les hangars à volaille -marché déjà juteux, puisque 100 millions de tonnes en sont mises sur le marché chaque année-, il pourrait en effet ensuite étendre ses fonctionnalités. Plusieurs secteurs seraient intéressés par son potentiel: des laboratoires pharmaceutiques vétérinaires, pour la vaccination dans les élevages, jusqu'à une société fournissant le Département d'État américain, pour la décontamination en cas d'infection à grande échelle, voire d'attaques bactériologique ou chimique.

Des centaines de robots en 2018

Pour cette entreprise de moins de 20 salariés aujourd'hui, l'enjeu est donc de se mettre en condition de répondre à des commandes potentiellement croissantes. D'où l'introduction en Bourse, l'intention de recruter de nouveaux ingénieurs et commerciaux, et l'objectif de produire quelque 200 robots en 2018. De 100.000 euros en 2018 -concentrés sur le mois de décembre, la production ayant commencé à l'automne-, l'entreprise espère passer à 5,3 millions de chiffre d'affaires cette année.

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a écrit le 15/03/2018 à 8:57 :
Il est évident que la robotisation est incontournable, ne serais que pour (re)devenir concurrentiels dans le secteur industriel et que cela peut participer à réduire la pénibilité. Mais cela reste un outil, qu'il faut donc utiliser intelligemment et savoir fixer des limites, sinon à terme (comme dans les films de science fiction), on risque de se retrouver à la place des poulets.
Autre impératif, celui de la répartition équitable de la richesse crée, en proportion du temps de travail humain détruit. Car qui dit robotisation dit suppression de poste de travail, donc chômage. La société n’étant pas prête à assurer une réduction ou une répartition du temps de travail, il faudra bien trouver des solutions pour financer les nouveaux sans emploi. Côté rémunération des indépendants, auto entrepreneurs, commerçants, etc... les accords piétinent. Dans ce cas, ce sont des emplois agricoles et ils auront probablement encore plus de difficultés à se recycler. Certes il y a la production qualitative « à l’ancienne » et le Bio, comme le propose le post de « citoyen blasé ».
Le changement risque de prendre du temps et va nécessiter un accompagnement de conversion. Rien n’empêche de faire profiter le secteur Bio de la robotisation, voir par exemple le robot désherbeur mécanique : (https://www.naio-technologies.com/machines-agricoles/robot-enjambeur-viticole/
Et l'article : (https://www.latribune.fr/technos-medias/french-tech/la-france-est-a-la-pointe-en-matiere-d-agriculture-digitale-paolin-pascot-la-ferme-digitale-769521.html)
a écrit le 14/03/2018 à 19:18 :
Des images cauchemardesques d'élevages de poulets en batterie qu'on aimerait ne plus jamais voir à terme, générant ainsi maladies et cancers chez les bêtes et les humains.

La mécanisation dans l"élevage oui c'est obligé, pour le bio, pour ceux qui respectent les bêtes qui finissent dans nos assiettes, mais dans l'agro-industrie cela ressemble seulement à de la tuerie de masse.

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