SÉRIE D'ÉTÉ : LES ENTREPRISES FAMILIALES EN CENTRE VAL DE LOIRE (3/4). Issue de l’ancien moulin à papier construit par des moines à Truyes, à une vingtaine de kilomètres au sud de Tours, la cartonnerie Oudin est active sous sa forme actuelle depuis 1850. Une longévité qui tient pour l’essentiel au caractère familial de l’entreprise.Réorientée depuis 20 ans vers le packaging du luxe, la PME d'Indre-et-Loire, qui emploie 90 salariés et a réalisé 25 millions d'euros de chiffre d'affaires l'année dernière, peut se targuer d'habiller l'élite des produits haut de gamme made in France. Son portefeuille de clients qu'Oudin se garde bien de dévoiler compte ainsi la plupart des grands noms de la parfumerie-cosmétique, du Champagne et des spiritueux, de la maroquinerie et de la mode. LVMH, Hermès, Chanel et L'Oréal, notamment, ont confié à la société la fabrication de leurs écrins. « Nos donneurs d'ordres sont en général eux-mêmes des groupes familiaux, ils apprécient donc de travailler avec des prestataires enracinés dans la même lignée et sur un territoire identifié, explique Henri de Tudert, directeur industriel de la cartonnerie Oudin. C'est le gage de prestations sur mesure ».
Déterminant pour l'image des marques, la protection et la traçabilité des produits, a fortiori dans le luxe, l'emballage doit répondre à des critères de haute valeur ajoutée. « Le savoir-faire de l'entreprise sur ce segment bien spécifique s'exprime à la fois par la souplesse de la création, par la qualité de l'exécution et par l'excellence de la fabrication, assure Henri de Tudert. Tant au niveau des délais, de la texture que de la couleur, c'est ce qui nous différencie de nos concurrents ».
Héritage historique et modernité
La spécificité haut de gamme n'a pas toujours été de mise chez Oudin. Jusqu'en 2000, l'entreprise ne se distinguait ainsi guère des autres fabricants de carton généralistes. Elle produisait essentiellement pour les marchés de la papèterie, des classeurs et des intercalaires, et de la chaussure, des boites. L'héritage d'une histoire industrielle qui remonte au début du XIVe siècle, avec la construction par les moines de Cormery d'un moulin à papier destiné à fabriquer les œuvres liturgiques. Situé à Truyes, au bord de l'Indre, le bâtiment, transmis successivement au sein des familles Touchard puis Oudin, débutera sa véritable aventure industrielle au milieu du XIXe siècle. Augustin Oudin junior y installe la première machine à papier en continu sur le site actuel de l'entreprise. Son arrière-petite-fille, Françoise Oudin épousera Georges de Tudert, qui donnera une nouvelle impulsion à l'entreprise au sortir de la seconde guerre mondiale.
Guillaume Fischer, à Tours