PSA pourrait supprimer jusqu'à 10 % de ses effectifs en France

Après une première cure d'amaigrissement, le groupe a recréé beaucoup d'emplois au début des années 2000. Aujourd'hui, 10.000 emplois d'intérimaires sont menacés.

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L'inquiétude des syndicats du groupe PSA est montée d'un cran. La diminution du nombre de salariés en France était au coeur du Comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire du constructeur jeudi. Près de 1.000 postes « non pérennes » ont déjà été identifiés par la direction, qui leur a confirmé une prochaine baisse du recours à l'intérim et de grosses difficultés à reclasser en interne quelque 300 personnes. PSA pourrait potentiellement supprimer jusqu'à 10 % de ses effectifs dans l'Hexagone, étant entendu qu'il ne s'agirait que d'intérimaires. Soit 10.000 personnes. Rien n'est, toutefois, encore arrêté. La cinquantaine de groupes de travail au sein du constructeur chargés de proposer des solutions pour abaisser les coûts ne devraient pas rendre leur copie avant début octobre. Les syndicats ont en tous cas déjà fait part de leur inquiétude persistante.

« À ce stade, nous ne prévoyons pas de plan de départs volontaires », avait précisé le patron de PSA, Philippe Varin, la semaine dernière au salon de Fancfort, soulignant que « le recours à la sous-traitance et à l'intérim nous offre de la flexibilité ». Il avait alors évoqué un contexte difficile et « un problème de compétitivité » propre au groupe, rappelant que, « au premier semestre, on était en retard [dans les gains de compétitivité attendus, Ndlr] ».

Les effectifs de PSA en France se montaient à 127.100 il y a vingt ans. Ils étaient descendus à 112.200 en 1995 sous la présidence de Jacques Calvet. Puis, dans son projet un peu mégalomaniaque d'expansion tous azimuts, son successeur Jean-Martin Folz les avait fortement accrus. Au milieu des années 2000, les effectifs étaient du coup quasiment revenus aux niveaux de 1990. Mais, las. Le lourd échec de l'objectif des 4 millions de véhicules annuels (ventes record de 3,6 millions en 2010) avec, en corollaire une forte dérive des coûts, a obligé le président suivant, Christian Streiff, à réduire la voilure. Philippe Varin poursuit sur sa lancée.

En 2010, les salariés français de PSA sont repassés sous la barre des 100.000. Soit une réduction de 20 % en cinq ans à peine ! Dans le même temps, Volkswagen a conservé globalement le même nombre de personnes en Allemagne, autour de 175.000 personnes ! Conséquence logique de l'expansion internationale, la France n'emploie d'ailleurs plus que la moitié des effectifs du groupe PSA, contre 80 % il y a vingt ans. À moyen terme, PSA envisage la fermeture de certains sites, comme Aulnay (région parisienne), qui emploie 3.600 salariés. Philippe Varin a indiqué un différentiel de 10 % sur prix de revient entre Aulnay et Trnava (Slovaquie). L'usine de Sevelnord à Hordain (Nord), qui emploie 2.800 personnes, est aussi menacée.

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